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Politique - Communautés

Raï revient à la charge : L’isolement du Liban « ne représente pas notre identité »

Sleimane Frangié partage, à sa manière, les inquiétudes du patriarche pour l’avenir du Liban.

Raï revient à la charge : L’isolement du Liban « ne représente pas notre identité »

Le patriarche maronite recevant le leader des Marada. Photo ANI

Le patriarche maronite, Béchara Raï, a réaffirmé hier que l’identité du Liban réside dans sa « neutralité positive et constructive », regrettant que le pays soit désormais « isolé du reste du monde ». Le chef de l’Église maronite, qui doit être reçu aujourd’hui à Baabda par le président Michel Aoun, multiplie, depuis plus d’une semaine, les appels à la « neutralité » du pays.

« Le Liban est le pays de la neutralité, de l’État civil, de la rencontre, de la diversité et du vivre-ensemble », a déclaré Mgr Raï à des journalistes depuis le siège estival du patriarcat à Dimane (Nord). Selon lui, le pays était, dans les années 50 et 60, « ouvert sur le monde entier, Ouest et Est, à l’exception d’Israël qui a occupé ses terres », mais aujourd’hui, le Liban est devenu « isolé du reste du monde ». Cet isolement « ne représente pas notre identité », a-t-il souligné, affirmant que l’identité libanaise réside dans la « neutralité positive et constructive ». Le patriarche a encore souligné que cette neutralité était une demande « internationale, européenne et arabe », qui requiert notamment « le respect de la paix, de la justice et des droits de l’homme ». « Nous ne voulons être liés à personne », a-t-il lancé, appelant tous les Libanais à « lutter pour que le Liban reste un message et un modèle ».

En matinée, le patriarche Raï a reçu une large délégation des Forces libanaises conduite par son secrétaire général Ghassan Yared et ses deux adjoints, Joseph et Nabil Abou Jaoudé, ainsi que le chef des Marada, Sleimane Frangié.

« Liberté et indépendance, c’est sur ces deux trésors que s’est édifiée l’indépendance ; ce sont les particularités qui distinguent le Liban par rapport à tous les autres pays de la région, a déclaré le patriarche Raï, s’adressant aux partisans des FL. Délégué par les chrétiens et les musulmans pour participer aux congrès de Versailles en 1919, le patriarche Howayek a présidé trois délégations pour lesquelles il était clair que le Liban est à tous ses fils, et qu’il allait retrouver les régions que lui avait arrachées le pouvoir ottoman. Il a défendu toutes les communautés et l’a exprimé par sa phrase célèbre “Il n’y a au Liban qu’une seule communauté, qui se nomme Liban, dont toutes les communautés forment le tissu”. En défendant des personnes qui n’étaient pas de sa communauté et interrogé sur la sienne, il répondait “Ma communauté c’est le Liban”. Là est la base du Liban neutre, de l’État de nature civile, de la rencontre et du pluralisme. »

La Suisse de l’Orient

« Le Liban était décrit comme étant la Suisse de l’Orient, a repris le patriarche (…). Quand nous parlons de neutralité, nous n’inventons rien, mais retrouvons notre identité originelle défigurée (…). Aujourd’hui, nous réclamons le Liban de la neutralité et de l’engagement au service des causes de la justice et des droits des peuples, trait d’union entre l’Orient et l’Occident. Mais est-il possible de souhaiter voir le Liban être un message de dialogue des civilisations, des cultures et des religions si nous ne sommes pas en rapport avec tous les États arabes, occidentaux et les États-Unis ? Et si nous vivons isolés d’eux ? Si nous disons qu’il nous faut revenir à nous-mêmes chrétiens et musulmans, c’est parce que nous avons vécu ensemble dans la dignité et avons fait du Liban la Suisse de l’Orient, et nous allons le retrouver ensemble, musulmans et chrétiens. Il est de notre responsabilité de lutter pacifiquement pour le Liban message et modèle, selon les termes du pape saint Jean-Paul II. »

« L’Assemblée générale de l’ONU a voté l’année dernière pour la création au Liban d’une Académie qui serait un centre pour le dialogue entre les cultures et les civilisations. Comment l’être si nous nous isolons de ce monde? C’est notre devoir de vivre ensemble et de retrouver les bases d’un Liban harmonieux. »

Frangié « aux côtés » du patriarche

De son côté, prenant la parole à l’issue de son entretien avec le chef de l’Église maronite, le leader des Marada, Sleimane Frangié, a déclaré : « Nous sommes venus écouter les appréhensions du patriarche, que partagent tous ceux qui sont attachés au Liban. Nous nous tenons à ses côtés car nous aussi sommes inquiets pour l’avenir du Liban. Nos appréhensions sont les mêmes, quoique chacun voit la question à sa manière. »

Rappelant l’urgence de sortir de la crise, il a rejeté les attitudes « vindicatives » et ceux « qui rejettent la faute sur les autres ». « La crise économique est une responsabilité nationale, et chacun doit prendre ses responsabilités pour que reviennent la confiance et les investissements », a-t-il insisté, se disant « prêt à participer à toute rencontre pour le salut du Liban, pourvu qu’elle propose une vision claire pour sortir de cette situation ».

Le patriarche maronite, Béchara Raï, a réaffirmé hier que l’identité du Liban réside dans sa « neutralité positive et constructive », regrettant que le pays soit désormais « isolé du reste du monde ». Le chef de l’Église maronite, qui doit être reçu aujourd’hui à Baabda par le président Michel Aoun, multiplie, depuis plus d’une semaine, les appels à la « neutralité » du pays.« Le Liban est le pays de la neutralité, de l’État civil, de la rencontre, de la diversité et du vivre-ensemble », a déclaré Mgr Raï à des journalistes depuis le siège estival du patriarcat à Dimane (Nord). Selon lui, le pays était, dans les années 50 et 60, « ouvert sur le monde entier, Ouest et Est, à l’exception d’Israël qui a occupé ses terres », mais...
commentaires (2)

C'est beau ce que vous dites votre Éminence , demander aussi à la Syrie de Bashar el Assaad ou aux Ayatollahs ?

Eleni Caridopoulou

18 h 17, le 15 juillet 2020

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Commentaires (2)

  • C'est beau ce que vous dites votre Éminence , demander aussi à la Syrie de Bashar el Assaad ou aux Ayatollahs ?

    Eleni Caridopoulou

    18 h 17, le 15 juillet 2020

  • L'identité maronite n'est pas à confondre avec l'identité libanaise. La constitution libanaise n'est pas le fondement de la foi maronite. La neutralité de la Suisse n'est pas le fondement de la foi catholique des Suisses. La foi maronite ne se confond pas à un césaro-papisme. La neutralité suisse, la neutralité libanaise sont des réalités tout à fait estimables et légitimes. La foi catholique et maronites n'est pas fondée sur sa neutralité ou l'O.N.U., ce n'est pas en cela que consiste sa vérité ni en quelque syncrétisme de toutes les religions respectant les droits de l'Homme et les prescriptions de l'O.N.U., si respectables qu'elles soient au moins en partie par les catholiques du monde entier, Libanais, Suisses ou Autres.

    dintilhac bernard

    11 h 07, le 15 juillet 2020

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