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Sport - Football

Le plus dur commence pour Liverpool

Dans une Premier League excessivement compétitive, conserver le titre de champion d’Angleterre sera tout aussi âpre que d’y être parvenu.

Le plus dur commence pour Liverpool

Euphorique après son premier titre de champion d’Angleterre de football depuis 30 ans, Liverpool sait toutefois que rester au sommet sera aussi dur que d’y parvenir. Mais si la concurrence fourbit ses armes, les Reds sont équipés pour durer.

Les Reds espèrent bien ne pas revivre plus de 11 000 jours d’attente – dont quelques dizaines liées à la pandémie de Covid-19 – avant de refaire la fête. Mais conserver son titre est une gageure dans une Premier League excessivement compétitive. Depuis le triplé de Manchester United (2007 à 2009), seul Manchester City y est arrivé (en 2018 et 2019) et la concurrence ne va pas rester les bras croisés. « Il faudra prendre un peu de recul, être humble et (...) apprendre ce qu’on doit faire pour éviter que cette situation se reproduise », a annoncé Pep Guardiola, le coach de Manchester City, quelques minutes après le sacre de son rival jeudi soir, se posant en candidat à la reconquête, avec sa puissance financière et son orgueil. « La régularité que les garçons ont montrée est tellement exceptionnelle, nous ne nous arrêterons pas là. Nous devons vraiment rester concentrés et nous le resterons. Quand je dis que nous ne nous arrêterons pas, ça ne veut pas dire qu’on va tout gagner, mais que nous voulons encore nous améliorer », a répliqué l’entraîneur de Liverpool, Jürgen Klopp, lors d’une visioconférence au lendemain du titre acquis grâce à la défaite de Manchester City à Chelsea (2-1).

Si son appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) contre sa suspension de toute compétition européenne échoue à la mi-juillet, Manchester City pourrait se concentrer à 100 % sur les compétitions nationales. Chelsea, qui a déjà recruté Hakim Ziyech de l’Ajax Amsterdam et Timo Werner du RB Leipzig, aura autant d’ambitions que d’atouts pour la seconde saison de Frank Lampard sur le banc. Et Manchester United, ennemi juré des Reds, dont le jeu semble prendre forme sous les ordres d’Ole Gunnar Solskjaer, sera à surveiller s’il négocie bien son mercato cet été.

Mais Liverpool peut malgré tout regarder l’avenir avec une certaine confiance. Sauvés en 2010, au terme d’une bataille judiciaire, des mains des hommes d’affaires américains George Gillett et Tom Hicks, qui avaient mené le club au bord de la faillite, les Reds doivent leur succès à la politique patiente et avisée du propriétaire du club, Fenway Sports Group (FSG). Ce dernier s’était fait connaître en remettant les mythiques Boston Red Sox sur le trône du base-ball américain en 2004 – puis en 2007, 2013 et 2018 –, un trophée que la ville attendait depuis 1918. Si cela a pris 10 ans avec Liverpool, ils ont adapté, sur les bords de la Mersey, des recettes très proches de celles appliquées en Nouvelle-Angleterre, tout en s’adaptant au bassin économique bien moins prospère – chez les supporteurs comme pour les partenaires locaux – que celui de Boston, ou de Manchester et Londres.

Un choix fort

Tout en faisant le choix fort de rester à Anfield Road, ils ont bousculé certaines valeurs locales avec une marchandisation du club et de son histoire – symbolisée par le magasin ouvert au coin du Kop et de la tribune principale – pour générer des ressources financières au service des infrastructures et du terrain. Le chiffre d’affaires du club a triplé en 10 ans pour atteindre 589 millions d’euros l’an dernier et la valeur du club, racheté 300 millions de livres sterling (330 millions d’euros), est estimée à 2 milliards de livres sterling (2,2 milliards d’euros).

La capacité du stade a été augmentée de 8 000 places, passant à 54 000 en 2016, et une seconde phase de travaux, retardée par le Covid-19, devrait faire d’Anfield le troisième stade de club par sa capacité après Old Trafford et le Tottenham Hotspur Stadium, avec 61 000 sièges.

FSG ne souhaitant pas injecter des millions comme peuvent le faire des mécènes du Golfe ou russes, Liverpool a mené une politique de recrutement parcimonieuse qui fait que le club n’affichait que 107,6 millions de livres sterling (118 millions d’euros) de dépenses nettes en transferts sur les cinq dernières années, à comparer aux 664 millions d’euros de Manchester City, 536 millions d’euros de Manchester United et près de 300 millions d’euros pour Arsenal. Fidèle à ces principes, FSG aurait fait comprendre à Jürgen Klopp qu’il n’y aurait pas de « grosse » recrue cet été, l’une des raisons pour lesquelles Timo Werner, cible d’une cour assidue des Reds, ira finalement à Chelsea. Mais avec Mohammad Salah, Roberto Firmino, Sadio Mané, Virgil van Dijk et Fabinho, encore sous contrat jusqu’en 2023, et ses latéraux Trent Alexander-Arnold et Andrew Robertson, ainsi que son gardien de but Alisson et son « gourou » Klopp jusqu’en 2024, Liverpool a de quoi voir venir…

Frédéric HAPPE/AFP

Euphorique après son premier titre de champion d’Angleterre de football depuis 30 ans, Liverpool sait toutefois que rester au sommet sera aussi dur que d’y parvenir. Mais si la concurrence fourbit ses armes, les Reds sont équipés pour durer.Les Reds espèrent bien ne pas revivre plus de 11 000 jours d’attente – dont quelques dizaines liées à la pandémie de Covid-19 – avant de refaire la fête. Mais conserver son titre est une gageure dans une Premier League excessivement compétitive. Depuis le triplé de Manchester United (2007 à 2009), seul Manchester City y est arrivé (en 2018 et 2019) et la concurrence ne va pas rester les bras croisés. « Il faudra prendre un peu de recul, être humble et (...) apprendre ce qu’on doit faire pour éviter que cette situation se reproduise », a annoncé Pep...
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