Des manifestants ont tenu hier un sit-in devant le Palais de justice de Beyrouth pour demander que soit « hâtée » la validation des nominations judiciaires, que le président de la République Michel Aoun a jusque-là refusé de contresigner. « Une validation rapide des nominations judiciaires mettrait le Liban sur la bonne voie dans tous les dossiers touchant à l’évaporation de l’argent public », ont affirmé les protestataires, selon des propos rapportés par l’Agence nationale d’information. « Le système judiciaire est un instrument fondamental dans la lutte contre la corruption et pour demander des comptes aux corrompus dans le pays », ont-ils ajouté.
Un groupe de manifestants a ensuite rencontré le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le juge Souheil Abboud, pour lui signifier l’importance de voir les nominations avalisées le plus vite possible. Après un parcours laborieux, la liste des nominations judiciaires est parvenue sur le bureau du président de la République Michel Aoun, qui a refusé le 8 juin d’y apposer sa signature, se prévalant de son pouvoir constitutionnel de ne pas le promulguer. Selon certains observateurs, le camp aouniste considère que le train des permutations a injustement traité les juges qui lui sont proches, accusant le CSM d’avoir réparti les postes judiciaires en fonction d’équilibres politiques et confessionnels dont ont bénéficié les autres composantes politiques à son seul détriment.

