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Moyen-Orient - Syrie

Les USA lancent une « campagne de pression » contre Assad

La loi César est entrée hier en vigueur.

Les USA lancent une « campagne de pression » contre Assad

La loi César n’a pas touché la Banque centrale syrienne, à un moment où elle a été contrainte hier de dévaluer sa monnaie après des semaines de forte dépréciation sur le marché noir. Louai Beshara/AFP

Les États-Unis ont annoncé hier des dizaines de sanctions pour faire cesser « la guerre inutile et brutale » en Syrie dans le cadre de la nouvelle loi César, dans l’espoir de priver de ressources le président Bachar el-Assad et ses soutiens.

« À partir d’aujourd’hui, les sanctions prévues par la loi César entrent pleinement en vigueur. Quiconque fera affaire avec le régime Assad, et où qu’il se trouve dans le monde, s’expose à des restrictions de voyage et à des sanctions financières », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un communiqué.

Il a évoqué « une campagne de pression économique et politique pour priver le régime Assad des revenus et du soutien dont il bénéficie ».

« Nous prévoyons beaucoup plus de sanctions et ne nous arrêterons pas tant que Assad et son régime n’auront pas mis fin à leur guerre inutile et brutale contre le peuple syrien et que le gouvernement syrien n’aura pas accepté une solution politique » sous l’égide de l’ONU, a-t-il prévenu.

La Maison-Blanche a souligné que les 39 personnes et sociétés visées hier étaient « des loyalistes prorégime, des financiers syriens qui soutiennent un effort de reconstruction entaché de corruption et des individus activement impliqués dans les atteintes au cessez-le-feu dans le nord de la Syrie ».

Première étape symbolique

De nombreux membres de la famille et de l’entourage du président syrien sont concernés. Certains étaient déjà sur d’autres listes noires américaines, comme Bachar el-Assad lui-même depuis le début de la répression, en 2011, pour mater un mouvement de révolte populaire, qui aboutit rapidement à une guerre dévastatrice qui a fait plus de 380 000 morts et des millions de réfugiés.

D’autres, comme son épouse Asma el-Assad, présentée par Mike Pompeo comme « l’une des plus célèbres profiteuses de la guerre en Syrie », sont sanctionnés pour la première fois par Washington.

Le Trésor a aussi mis sur la liste noire des individus et entreprises accusés de dévoyer l’effort de reconstruction en utilisant les terrains « expropriés » à la faveur des déplacements massifs de population pour « construire des propriétés luxueuses », notamment dans « des zones de Damas qui étaient encore récemment des quartiers de travailleurs proches de l’opposition ».

L’Union européenne avait elle-même renforcé ses sanctions contre la guerre en Syrie en début d’année.

La loi César a été promulguée en décembre par le président des États-Unis Donald Trump. César est le pseudonyme d’un ex-photographe de la police militaire syrienne qui a fait défection en 2013 en emportant 55 000 images illustrant la brutalité et les abus dans les prisons syriennes. Son audition, incognito, devant le Congrès américain en 2014 avait été à l’origine de ce texte qui porte son nom et qui aura mis cinq ans à voir le jour.

Lors d’une nouvelle apparition en mars dernier au Sénat des États-Unis, camouflé sous un ample pull bleu à capuche, le transfuge a appelé Washington à passer à l’acte pour sanctionner Damas. Les parlementaires républicains comme démocrates ont aussi appelé à une mise en œuvre « vigoureuse » des sanctions.

La loi prévoit d’interdire d’entrée aux États-Unis et de barrer l’accès au système financier américain à toute personne, institution ou entreprise qui ferait obstacle à la paix en Syrie, ou qui faciliterait logistiquement l’effort de guerre de Damas.

Cela pourrait donc viser directement ou indirectement la Russie et l’Iran, principaux parrains et soutiens militaires du pouvoir syrien dans un conflit qui s’est largement régionalisé. Mais, à part une milice iranienne, ils ont été épargnés par cette première étape de la loi César, qui apparaît donc largement symbolique à ce stade.

L’élu démocrate Eliot Engel, un des auteurs de la loi, a salué « une étape importante » tout en déplorant qu’il ait « fallu si longtemps » pour passer à l’acte.

Banque centrale syrienne

Pas de trace pour l’instant non plus des « mesures spéciales » brandies contre la Banque centrale syrienne, à un moment où elle a été contrainte hier de dévaluer sa monnaie après des semaines de forte dépréciation sur le marché noir.

La Banque centrale syrienne a ainsi officiellement révisé hier à la baisse la valeur de la monnaie locale face au dollar, sur fond de nouvelles sanctions américaines. Le taux de change officiel, appliqué depuis mars, a augmenté de 704 livres pour un dollar à « 1 256 livres syriennes pour un dollar pour le financement des importations », a indiqué la Banque centrale dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. En ce qui concerne les « transferts en provenance de l’étranger », le taux officiel a augmenté à 1 250 livres pour un dollar, est-il ajouté. Un dollar valait 47 livres avant la guerre déclenchée en 2011.

Selon la Banque centrale, l’amendement vise à « atteindre un prix d’équilibre » dans le but de « combler l’écart entre le prix du marché et le prix (appliqué aux) transferts de fonds (...) ». Elle explique cette décision par un contexte « provisoire » de « resserrement unilatéral des mesures économiques coercitives à l’encontre du peuple syrien par le biais de ce qu’on appelle la loi César en plus de la crise économique persistante au Liban ».

La livre syrienne connaît son pire décrochage depuis le début du conflit, ayant propulsé les prix à des sommets historiques et entraîné la semaine dernière des manifestations inédites dans les régions contrôlées par Damas. Début juin, le billet vert a brièvement franchi le seuil des 3 000 livres syriennes, avant de reculer quelque peu. Mercredi, le taux sur le marché noir variait entre 2 600 et 2 800 livres pour un dollar.

Source : AFP

Les États-Unis ont annoncé hier des dizaines de sanctions pour faire cesser « la guerre inutile et brutale » en Syrie dans le cadre de la nouvelle loi César, dans l’espoir de priver de ressources le président Bachar el-Assad et ses soutiens.« À partir d’aujourd’hui, les sanctions prévues par la loi César entrent pleinement en vigueur. Quiconque fera affaire avec le régime Assad, et où qu’il se trouve dans le monde, s’expose à des restrictions de voyage et à des sanctions financières », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un communiqué.Il a évoqué « une campagne de pression économique et politique pour priver le régime Assad des revenus et du soutien dont il bénéficie ».« Nous prévoyons beaucoup plus de sanctions et ne nous arrêterons...
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