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Sport - Football

Bayern Munich : les secrets d’une domination écrasante

Bayern Munich : les secrets d’une domination écrasante

Le Bayern Munich a décroché mardi dans la nuit le 30e titre de champion d’Allemagne de son histoire, le 8e consécutif et, surtout, le premier titre majeur décerné dans le football européen depuis la reprise postcoronavirus. Pour ce faire, le « Rekordmeister » a battu le Werder Brême (1-0) grâce à un but de Robert Lewandowski. Martin Meissner/Pool/AFP

Quinze titres de champion d’Allemagne au XXIe siècle, dont huit consécutifs, le dernier en date acquis mardi dans la nuit : le Bayern Munich écrase la concurrence en Bundesliga grâce à un cocktail détonant fondé sur l’argent, le recrutement et un esprit de famille désormais légendaire.

Biz-Hoeness modèle

Le Bayern a réalisé le quatrième plus gros chiffre d’affaires d’Europe (660 millions d’euros, hors filiales) en 2019-2020 derrière Barcelone, le Real Madrid et Manchester United. Le résultat de quatre décennies de travail de l’ancien président Uli Hoeness, dont la philosophie était claire : une croissance financée à 100 % par les revenus propres (stade, droits TV, produits dérivés, sponsoring), aucune dette et le refus obstiné de laisser entrer au capital des investisseurs majoritaires. « Nous n’avons pas de mécènes, seulement des partenaires », claironnait-il fièrement fin 2019 avant de passer la main. Le Bayern appartient majoritairement à ses supporteurs, ses sponsors principaux ne détenant que 25 % des parts. Le « trésor de guerre » placé en banque, dans la droite ligne de la philosophie des entrepreneurs allemands d’après-guerre (1939-1945), a permis au club de se sortir sans trop de dommages de la crise du coronavirus.

Joueurs emblématiques

Le Bayern s’efforce de recruter à long terme et choisit ses joueurs sur la capacité à s’intégrer dans la « famille » bavaroise. Müller, Lewandowski, Boateng, Neuer sont des piliers, qui s’identifient totalement au club depuis des années, comme l’étaient Robben et Ribéry avant eux. La nouvelle génération des Coman, Pavard, Gnabry ou Süle n’a pas non plus vocation à être revendue pour faire des plus-values. L’idée est de créer un noyau dur de cadres prêts à incarner l’esprit maison et à faire toute leur carrière en Bavière. Dans cette optique, l’identité nationale est également importante pour les dirigeants : six des titulaires actuels sont allemands. Une rareté parmi les clubs du top 10 européen.

Mia san mia

« Mia san mia », la devise du club en bavarois, signifie : « Nous sommes nous. » Toute l’Allemagne connaît ces trois mots, qui synthétisent parfaitement l’âme du Bayern : une incroyable confiance en soi qui puise sa force dans les racines bavaroises pour les fans ou une insupportable arrogance pour les anti-Bayern. « Ce club est particulier, assure l’entraîneur Hansi Flick, et notre Mia san mia est un atout lorsque nous négocions avec des joueurs qui sont aussi tentés d’aller autre part. » Peu de clubs au monde cultivent à ce point le culte de la victoire. Comme au Real Madrid, seule la « gagne » est acceptable à Munich, et tout autre résultat est interprété comme le possible début d’une crise. Mais ces dernières années, est également apparue l’exigence d’un jeu attractif. « Lorsque j’étais joueur au Bayern, se rappelle Flick, seule la victoire comptait, même 1-0, la manière n’avait pas d’importance. Aujourd’hui, la seule victoire ne suffit plus. »

Gouvernement des anciens

Comme dans la plupart des clubs, les entraîneurs ont une longévité limitée à Munich : Hansi Flick est le huitième sur le banc depuis dix ans. Mais au sommet, la stabilité sur le très long terme est en revanche cultivée comme l’un des principaux ingrédients du succès. Le Bayern fonctionne comme une entreprise familiale, en ne recrutant comme dirigeants presque que d›anciens joueurs du club. Hoeness, triple vainqueur de la C1 dans les années 1970, est resté 40 ans aux manettes. Rummenigge, autre idole du club des années 1970-1980 aujourd’hui président du directoire, est dans les instances dirigeantes depuis 1991. Son successeur désigné est Oliver Kahn, le légendaire gardien de but. Sans parler du directeur sportif Hasan Salihamidzic, également ancien joueur. Seule entorse à la règle, l’homme qui a succédé à Hoeness à la présidence, Herbert Heiner, n’est pas une vieille gloire du club mais l’ancien patron d’Adidas. Mais il fait aussi un peu partie de la famille : après avoir échoué à devenir footballeur professionnel, il a passé sa vie dans le monde du sport et chez Adidas, l’un des sponsors principaux du club. À ce titre, il a longtemps siégé dans les instances dirigeantes du Bayern avant d’être élu président.hristophe

BEAUDUFE/AFP

Les fans européens veulent être « consultés » sur l’avenir du foot

Les supporteurs doivent être « consultés » sur les conditions de retour dans les stades, mais aussi pour réformer le modèle actuel du football qui est « malade, inéquitable et instable », ont réclamé hier 27 organisations nationales de fans en Europe. Avec la reprise des championnats à huis clos, « le football s’est révélé insipide », disent-ils, jugeant dès lors « essentiel » que la contribution des supporteurs soit « reconnue » et qu’ils puissent être « impliqués dans les discussions qui détermineront l’avenir immédiat et à long terme du football ». Cela passe d’abord par « une implication pleine et entière des organisations de supporteurs dans la mise en place des protocoles sanitaires et autres mesures opérationnelles » face à la persistance du Covid-19, ont-elles écrit dans un communiqué. Ce texte est signé par les principaux groupes allemands, anglais, français, écossais ou encore turcs. « Le football doit changer radicalement » et, pour ce faire, « les supporteurs doivent être consultés dans les discussions sur l’avenir du football dans son ensemble, y compris la refonte nécessaire des structures de gouvernance et de réglementation financière », ajoutent-ils. Pour eux, « des réformes profondes et durables sont nécessaires pour protéger le football et garantir la viabilité du sport dans son ensemble », et les supporteurs doivent pouvoir « jouer un rôle » dans cette réflexion.

Quinze titres de champion d’Allemagne au XXIe siècle, dont huit consécutifs, le dernier en date acquis mardi dans la nuit : le Bayern Munich écrase la concurrence en Bundesliga grâce à un cocktail détonant fondé sur l’argent, le recrutement et un esprit de famille désormais légendaire.Biz-Hoeness modèleLe Bayern a réalisé le quatrième plus gros chiffre d’affaires d’Europe (660 millions d’euros, hors filiales) en 2019-2020 derrière Barcelone, le Real Madrid et Manchester United. Le résultat de quatre décennies de travail de l’ancien président Uli Hoeness, dont la philosophie était claire : une croissance financée à 100 % par les revenus propres (stade, droits TV, produits dérivés, sponsoring), aucune dette et le refus obstiné de laisser entrer au capital des investisseurs majoritaires....
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