De gauche à droite : les anciens Premiers ministres Fouad Siniora, Saad Hariri, Nagib Mikati et Tammam Salam, au domicile de M. Mikati, à Beyrouth, le 17 juin 2020. Photo Ani
Les anciens Premiers ministres Saad Hariri, Nagib Mikati, Tammam Salam et Fouad Siniora ont estimé mercredi que le sexennat du président Michel Aoun et le gouvernement de Hassane Diab "exacerbent les déséquilibres" qui poussent le Liban vers l'effondrement socioéconomique et financier, critiquant dans un communiqué la gestion de nombreux dossiers par l'Exécutif.
"Nous sommes à quelques semaines des célébrations de la naissance du Grand Liban, mais les déséquilibres dans le pays, qui se sont exacerbés par le sexennat et le gouvernement, restent à la base de l'effondrement financier, économique et social et mènent le pays vers le bord du gouffre", ont affirmé les anciens présidents du Conseil dans un communiqué.
Dans ce texte, publié à l'issue d'une réunion au domicile de M. Mikati, les anciens Premiers ministres ont notamment pointé du doigt le fait que le cabinet Diab "n'a fait aucun pas sérieux pour mettre en oeuvre les réformes réclamées" par la rue et la communauté internationale. Ils ont critiqué la gestion du secteur de l'électricité et la décision du gouvernement de revenir sur la construction polémique d'une centrale à Selaata (Nord), ainsi que la porosité des frontières entre le Liban et la Syrie et la poursuite des opérations de contrebande. "Ce mandat s'attaque à la liberté d'expression, aux accords de Taëf et à la Constitution et porte atteinte à l'indépendance de la justice", ajoute le texte.
Les quatre anciens responsables ont, dans ce contexte, exhorté le gouvernement et la présidence à "agir immédiatement pour sauver le pays et rétablir la confiance dans le Liban, son Etat, son économie et son futur".

