Le chef de l’État Michel Aoun, qui a présidé hier une réunion du Conseil supérieur de défense au palais de Baabda, a dit craindre « de dangereuses répercussions » aux violentes émeutes qui se sont produites ces derniers jours à Beyrouth et à Tripoli.
« Les actes de vandalisme qui ont eu lieu dernièrement et qui ont revêtu, dans certains cas, un caractère confessionnel et communautaire sont devenus inacceptables, tout comme les attaques systématiques contre les forces de sécurité et les forces armées. Cela présage de dangereuses répercussions », a prévenu le chef de l’État, lors de la réunion à laquelle assistaient le Premier ministre, Hassane Diab, ainsi que les ministres concernés et les chefs des services de sécurité et hauts gradés de l’armée. Michel Aoun a en outre insisté sur « la nécessité de prévoir des opérations préventives pour arrêter les instigateurs et les planificateurs de ces actes de vandalisme, afin de limiter de tels actes et de les empêcher de se reproduire ».
À la fin de la réunion, le Conseil supérieur de défense a décidé de « renforcer la coopération entre les services sécuritaires pour éviter les actes de vandalisme et se montrer intraitables avec les fauteurs de troubles », a affirmé le général Mahmoud el-Asmar, secrétaire général du Conseil en question. Il a toutefois rappelé que les décisions du Conseil supérieur de défense restent secrètes en vertu de la loi.
Concernant la contrebande de mazout et la pénurie de ce carburant sur le marché local, notamment dans les régions frontalières avec la Syrie, le général Asmar s’est contenté d’indiquer que le Conseil supérieur de défense s’est penché sur les quantités consommées au niveau du marché libanais et les moyens de remédier au déséquilibre entre l’offre et la demande. Les ministères des Finances, de l’Énergie et de l’Eau et de l’Économie ont donc été chargés de soumettre des propositions en ce sens au Conseil des ministres, selon le général Asmar. En soirée, la LBCI a révélé que les discussions ont également porté sur le trafic de mazout qui continue d’être envoyé en Syrie, ce qui soulève des interrogations sur l’efficacité des mesures prises par l’armée pour fermer les voies de passage illégales et pose la question de savoir ce qui empêche les autorités de se montrer plus fermes au niveau du contrôle des frontières. Une question qui trouve sa réponse dans l’absence de volonté politique.

