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Musique

Farid Comaty, l’électron qui vibre

Pour le consultant spécialisé dans les stratégies pour la transition énergétique, la musique est un moyen de se déconnecter pour se (re)connecter au reste du monde, faire passer un message de paix et oublier les différences qui séparent. Pour lui, la musique, c’est ce qui rend humain.


Farid Comaty : « Dans la vie, il faut beaucoup de liberté pour prendre ses propres décisions et poursuivre ses rêves. » Photo DR

Né à Beyrouth en 1988, Farid Comaty est le petit-fils du grand Raïf Abillama, musicien qui fut longtemps à la tête de l’orchestre de chambre du Conservatoire national supérieur de musique au Liban pour en devenir en 1957 et jusqu’en 1975 le chef d’orchestre attitré. Certes, le bagage génétique est une chose, mais l’expérience et l’éducation dans la petite enfance jouent aussi un rôle-clé. Pour avoir grandi auprès d’une mère qui affectionne la musique et plus particulièrement le chant, pour avoir évolué dans un entourage propice à l’exercice de ce genre artistique, il développe très jeune, à l’âge de 12 ans, une oreille musicale, apprend d’abord à manier la guitare pour se tourner ensuite d’une façon plus sérieuse vers la percussion. « J’assourdissais d’abord mes parents, ensuite mes voisins », se souvient cet ancien élève du collège Louise Wegmann, qui a monté avec une bande de copains un groupe musical et qui donnait des concerts à chaque fin d’année.

Farid Comaty quitte le Liban en 2006 pour Montréal. Il a 18 ans. Il réalise des études d’ingénierie mécanique à l’Université McGill. La licence sera suivie d’un master à l’École polytechnique de Zurich (ETH) en sciences de l’énergie et technologies, avec un intérêt particulier pour l’intégration des énergies renouvelables. Il obtient une position d’abord à l’ETH, aux laboratoires des réseaux électriques, apprend la langue allemande et s’intègre parfaitement. Il est ensuite engagé comme chercheur pour la Suisse. En 2014, il choisit Berlin comme destination de vie et décroche un poste de consultant dans les stratégies d’énergie pour les gouvernements et fournisseurs d’énergie. Aujourd’hui, il occupe son temps libre à réfléchir sur une stratégie alternative pour son pays, le Liban.

Et la musique ?

Installé à Berlin depuis 2014, Farid Comaty décide d’abord de s’acheter une batterie électrique : « Le plaisir n’était pas du tout pareil, dit-il, mais je ne pouvais quand même pas assourdir mes voisins allemands. » Et puis, un jour, ce fut la rencontre avec un instrument qui va l’interpeller et le séduire. Car ce qu’il faut savoir, c’est qu’entre le handpan et son propriétaire, c’est d’abord une histoire d’osmose et de connexion, presque une histoire d’amour.

Un peu soucoupe volante, un peu surface lunaire, le handpan, qui fait référence au jeu avec la main et à l’inspiration initiale venant des premiers tambours d’acier de Trinité-et-Tobago, est un instrument créé pour la première fois en Suisse dans les années 2000, un mélange d’un instrument indien, le ghatam, et les steel drums. « Au départ, précise Farid Comaty, une seule personne était capable de réaliser cet instrument très artistique qui requiert une connaissance musicale et de physique très approfondie. L’instrument est toujours unique, et il était d’ailleurs très compliqué de s’en procurer. » C’est une feuille de métal qui va donner naissance à une coque à force de martelage. Un instrument qui a des notes en ondes. Les artistes de la rue vont vite s’en emparer dès son apparition, et Farid Comaty va renouer avec son amante de toujours, la musique.

« D’abord, dit-il, la profondeur de la sonorité de cet instrument laisse rarement les personnes indifférentes. Entre méditation et relaxation, c’est une musique qui invite au voyage, à l’évasion. Une musique qui mélange mélodies, méditation et percussion. Les vibrations donnent naissance à un son éthéré noble, cristallin, presque hypnotisant, qui se consume doucement et reste plusieurs secondes dans l’air quand bien même la note est sortie. Ce sont les joueurs qui créent le système de notes car c’est un instrument très intuitif. C’est un jeu qui peut démarrer très bas par un simple effleurement et progressivement monter fort dans une dynamique entraînante. L’instrument nécessite beaucoup de précision dans son touché pour révéler son potentiel. »

Poursuivre ses rêves

Après s’être procuré le bon instrument, celui qui répond le mieux à ses exigences artistiques, Farid Comaty prend des cours en ligne et apprend tout seul. « Il est très important, dit-il, de reconnaître l’instrument qui est fait pour vous. » Farid Comaty va se produire dans les bars berlinois une fois le mois, jusqu’au jour où il est repéré par l’organisateur du festival annuel de handpan à Berlin qui l’invitera à jouer. C’est après cette expérience, grâce à laquelle il rencontre les meilleurs musiciens de handpan du monde, que Farid Comaty, avec l’appui d’un ami libanais producteur, sortira son premier album, Free Spirit, disponible sur Spotify. Un jeu coloré par la personnalité de celui qui le produit car le musicien insuffle à son instrument toutes les émotions qui le traversent. Le handpan a cet avantage de laisser le musicien repousser les limites toujours plus loin. Tout est dans la tête, c’est une mélodie qui s’installe comme une chanson qu’il faut jouer tantôt d’une façon dynamique, tantôt avec douceur.

« Ce titre, Free Spirit, je l’ai choisi, dit-il, parce que je considère que dans la vie, il faut beaucoup de liberté pour prendre ses propres décisions et poursuivre ses rêves. »

Farid Comaty, 32 ans, est un électron libre, un électron qui vibre, mais définitivement à suivre…


Né à Beyrouth en 1988, Farid Comaty est le petit-fils du grand Raïf Abillama, musicien qui fut longtemps à la tête de l’orchestre de chambre du Conservatoire national supérieur de musique au Liban pour en devenir en 1957 et jusqu’en 1975 le chef d’orchestre attitré. Certes, le bagage génétique est une chose, mais l’expérience et l’éducation dans la petite enfance jouent...

commentaires (1)

Très polyvalent, bravo Farid !

Kaldany Antoine

07 h 03, le 08 juin 2020

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Commentaires (1)

  • Très polyvalent, bravo Farid !

    Kaldany Antoine

    07 h 03, le 08 juin 2020