Liban

Samy Gemayel à L'OLJ : Le vrai mal se situe au Parlement

"Certains affirment que les électeurs voteront en faveur des mêmes personnes. (...) Mais cela n'est pas du tout vrai. Sinon, pourquoi y aurait-il une révolution en ce moment ?", se défend le chef des Kataëb, en marge du rassemblement de samedi à Beyrouth.

Le chef du parti Kataëb, le député Samy Gemayel. Photo L'Orient-Le Jour

Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel, qui se veut fer de lance de l'opposition au pouvoir politique, a affirmé samedi dans un entretien à L'Orient-Le Jour, en marge du grand rassemblement contestataire qui s'est tenu à Beyrouth, que "le vrai mal se situe au niveau du Parlement", au moment où sa formation réclame des élections législatives anticipées, une demande qui est loin de faire l'unanimité au sein de la révolte populaire et de l'opposition politique.

Un grand rassemblement contre la classe politique dirigeante avait lieu samedi après-midi sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de la capitale, à l'appel de divers collectifs contestataires, ainsi que, de manière plus discrète, du parti Kataëb et des Forces libanaises du chef chrétien Samir Geagea.

Participation "naturelle"

"Nous avons toujours participé, officieusement et officiellement, aux rassemblements contestataires. La seule différence aujourd'hui, c'est qu'à présent il y a une volonté claire de la part de l’État de semer la zizanie (...). Notre participation est naturelle, il n'y a rien de nouveau", affirme Samy Gemayel à L'OLJ.

Depuis que des groupes de protestataires ont appelé au rassemblement de samedi, le bruit court que l’un de ses principaux slogans sera un appel au désarmement du Hezbollah et à l’application de la résolution 1559 (désarmement des milices) du Conseil de sécurité de l’ONU. Or, l’application de la 1559 n’a jamais été au cœur des revendications de la révolte, ce sujet divisant autant la population que la classe au pouvoir. Seul le Forum des jeunes, soutenu par Baha’ Hariri (frère de l'ancien Premier ministre Saad Hariri) et présidé par l’avocat Nabil el-Halabi, semble tenir à cette revendication. D'autres contestataires reprochent à des formations politiques d'avoir appelé à ce rassemblement afin de surfer sur la vague de révolte, pointant ainsi du doigt le parti Kataëb ou encore les Forces libanaises. Ainsi, le rassemblement d'aujourd'hui n'a pas fait l'unanimité à Tripoli, dans le Nord, ni à Saïda ou Nabatiyé, dans le Sud. Les détracteurs de la manifestation de Beyrouth rejettent notamment les appels à des élections législatives anticipées attribués selon certains aux Kataëb.

Un "nouveau Parlement"

"Le slogan des élections anticipées est affiché sur la place al-Nour à Tripoli et ce depuis les premiers jours de la révolution", martèle Samy Gemayel. "Le vrai mal se situe au Parlement. Tant qu'on aura le même Parlement, nous ne réussirons pas à résoudre les problèmes du pays. Nous avons besoin d'un nouveau Parlement, car c'est lui qui accorde sa confiance au gouvernement, qui élit un nouveau président, et qui vote une nouvelle loi électorale. Tant que ce Parlement sera présent, nous n'aurons pas de vrai changement politique", insiste le jeune député. "Nous ne voulons pas éliminer les autres slogans, mais nous donnons la priorité aux élections anticipées", précise le chef des Kataëb.

Pour Samy Gemayel, "ce Parlement ne votera jamais une loi qui puisse le sanctionner. Même avec la loi actuelle, nous aurons un grand changement au sein de la Chambre, de l'ordre de 30 à 40%. Certains affirment que les électeurs voteront en faveur des mêmes personnes. (...) Mais cela n'est pas du tout vrai. Sinon, pourquoi y aurait-il une révolution en ce moment ? Nous devons faire avec les moyens du bord".

Selon le leader maronite, "le seul moyen d'obtenir un changement, c'est en retournant aux urnes. Ce Parlement ne tombera que sous la pression des gens. Nous parions sur l'opinion publique. Nous continuerons d'appuyer les mouvements qui partagent notre vision et qui réclament le changement".


Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel, qui se veut fer de lance de l'opposition au pouvoir politique, a affirmé samedi dans un entretien à L'Orient-Le Jour, en marge du grand rassemblement contestataire qui s'est tenu à Beyrouth, que "le vrai mal se situe au niveau du Parlement", au moment où sa formation réclame des élections législatives anticipées, une demande qui est loin de faire...

commentaires (6)

mais pardieu, ce que mr Gemayel clame depuis longtemps est le minimum a accomplir. Mais les 128 ++++ eux memes avouent avoir sinon tous commis des crimes punissables par la loi, du moins avoir echoue dans leur boulot. alors rester en empruntant le slogan ridicule des aounistes-Ils ne nous laissent pas travailler - ? n'ont ils pas un reste de dignite ? n'ont ils pas honte des regards de leurs epouses/enfants/petits enfants, familles voisins ? A L'EVIDENCE NON !

gaby sioufi

12 h 15, le 07 juin 2020

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Commentaires (6)

  • mais pardieu, ce que mr Gemayel clame depuis longtemps est le minimum a accomplir. Mais les 128 ++++ eux memes avouent avoir sinon tous commis des crimes punissables par la loi, du moins avoir echoue dans leur boulot. alors rester en empruntant le slogan ridicule des aounistes-Ils ne nous laissent pas travailler - ? n'ont ils pas un reste de dignite ? n'ont ils pas honte des regards de leurs epouses/enfants/petits enfants, familles voisins ? A L'EVIDENCE NON !

    gaby sioufi

    12 h 15, le 07 juin 2020

  • Dessolant qu’à chaque fois Qu’il y’a des manifs ...les jeunes en mob partent parader dans Ain el remmaneh !!

    Bery tus

    07 h 05, le 07 juin 2020

  • Contre les libanais de la révolution clamant le nom du Liban les opposants scandaient leur secte et surtout la conformation de leur alliance à l'Iran! Est ce vraiment l'avenir que l'on espère pour le Liban? Un laqué de l'Iran et qui nie sa propre personne et sa propre nature??!!

    Wlek Sanferlou

    20 h 08, le 06 juin 2020

  • Je vois que le Liban s'rnfonce merci Hezbollah

    Eleni Caridopoulou

    18 h 47, le 06 juin 2020

  • Ce que l'on voit cet après-midi sur les écrans de télévision...c'est tout ...sauf une révolution ! Ca court dans tous les sens...jete des pierres...brandit le drapeau libanais, le portable à la main...Bon...et après cette mascarade désordonnée et frisant le ridicule...quels résultats concrets pour le Liban...??? Ces manifestants...savent-ils seulement ce que le mot révolution signifie ??? Irène Saïd

    Irene Said

    16 h 40, le 06 juin 2020

  • SEMSOM... OU LA CAVERNE ALIBABIQUE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 11, le 06 juin 2020