Véhicules vintage

Daimler, la voiture des têtes couronnées

Histoire de la « grandeur et décadence »* d’un élégant carrosse.

La Daimler Double-Six 50 Corsica Drophead Coupé de 1931 : le luxe et la majesté. Photo DR

Quatre modèles construits en 1931, un seul encore existant de nos jours qui a été élu « Best of Show » au très prestigieux concours d’élégance de Pebble Beach en Californie, aux États-Unis, parmi 175 autres voitures concurrentes… La majestueuse Daimler Double-Six 50 Corsica Drophead Coupé de 1931 est propulsée par un moteur V12 de 7 136 cc développant 49,4 chevaux fiscaux, d’où le chiffre 50 dans son nom. Toutefois, en chevaux vapeur, la puissance réelle est située entre 130 et 150 ch. Sa ligne gracieuse lui fait bien mériter son qualificatif de Drophead, « tomber la tête », quoique celui-ci soit plutôt en rapport avec la capote de toile rétractable. Quant au Double-Six, il se réfère au moteur V12, quatre blocs de trois cylindres accolés pour n’en faire plus qu’un.

Marque de grand luxe fondée à Londres en 1896 par Harry John Lawson, qui a basé ses usines de production à Coventry, Daimler a immédiatement séduit la noblesse britannique, surtout la famille royale qui en a fait son moyen de locomotion privilégié – du monarque Edward VII (1841-1910) à la souveraine actuelle Elizabeth II –, avant de définitivement la remplacer par Rolls-Royce à la fin des années 1960. En 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, plusieurs têtes couronnées roulaient en Daimler : de l’Allemagne à la Russie, en passant par la Suède, l’Espagne, la Grèce et le Japon. Et à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la reine des Pays-Bas, le roi de Thaïlande, l’Aga Khan et le prince Ali Khan, l’empereur d’Éthiopie, le prince Rainier de Monaco et le roi d’Afghanistan ont commandé des voitures pour renflouer leur flotte Daimler.

La Daimler Double-Six 50 Corsica Drophead Coupé de 1931 : le luxe et la majesté. Photo DR

En 1926, Daimler cherchait à concurrencer Rolls-Royce et reprendre sa place de premier constructeur de luxe de Grande-Bretagne. Rolls-Royce avait sorti en 1925 son modèle phare, la Phantom, plus tard décliné en diverses versions. Ainsi, la Double-Six 50 vit le jour… Produite pendant dix ans, jusqu’en 1936, il en fut fabriqué, selon les sources, entre 26 et 75 exemplaires. Mais seulement dix unités furent vendues et il n’y en avait pas deux semblables. Car toutes étaient personnalisées selon les désirs de chaque client, ce qui fait de chaque voiture un exemplaire unique ! Quant au moteur V12, il était également disponible depuis 1930 dans une déclinaison moins puissante et performante, la Double-Six 30 (pour 30 chevaux fiscaux) de 3 477 cc.

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Mais au cours de son histoire plus que centenaire, le constructeur britannique a connu diverses passes difficiles et n’a été indépendant que pendant quatorze ans (1896-1910). Il a ainsi été tour à tour racheté par plusieurs grands groupes automobiles, dont notamment, dans les annales récentes, Jaguar Cars (1960-1966 et 1984-1989), British Motor Holdings (BMH, 1966-1968), British Leyland (1968-1984) et Ford (1989-2007). Aujourd’hui, la marque est la propriété du groupe indien Tata Motors Limited qui l’a reprise à Ford. Et depuis 2006 – encore sous la tutelle de Ford –,elle se limite à la fabrication d’un seul modèle : Daimler Super Eight.

*« Grandeur et décadence » – titre original « Decline and Fall » – est un roman satirique écrit par Evelyn Waugh (1928). Le livre dépeint la société britannique des années 1920, époque où fut créée la Daimler Double-Six 50.


Quatre modèles construits en 1931, un seul encore existant de nos jours qui a été élu « Best of Show » au très prestigieux concours d’élégance de Pebble Beach en Californie, aux États-Unis, parmi 175 autres voitures concurrentes… La majestueuse Daimler Double-Six 50 Corsica Drophead Coupé de 1931 est propulsée par un moteur V12 de 7 136 cc développant 49,4...

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