Twitter a masqué hier un message de Donald Trump dans lequel ce dernier affirme au sujet des émeutes à Minneapolis que « quand les pillages commencent, les tirs commencent ». Olivier Morin/AFP
Donald Trump a lancé hier de nouvelles vives critiques contre Twitter en accusant le réseau social, qui avait masqué un message du président américain quelques heures plus tôt, de cibler les républicains et les conservateurs et de ne rien faire contre les démocrates et la Chine. Donald Trump a en outre réclamé au Congrès de révoquer un article de loi, dit Section 230, protégeant les sites internet de poursuites judiciaires pour la diffusion de certains contenus. « Twitter ne fait rien à propos de tous les mensonges et toute la propagande déversés par la Chine ou le Parti démocrate de la gauche radicale. Ils ciblent les républicains, les conservateurs et le président des États-Unis. La Section 230 devrait être retirée par le Congrès. En attendant, ce sera réglementé ! » a écrit le président américain, précisément sur Twitter.
Le réseau social avait masqué quelques heures auparavant un message de Donald Trump, dans lequel ce dernier affirme au sujet des émeutes à Minneapolis que « quand les pillages commencent, les tirs commencent ». Twitter laisse simplement la possibilité de le retweeter avec des commentaires, mais pas de le retweeter ni de le « liker » ou d’y répondre. Le tweet reste intégralement visible lorsqu’on clique sur le message. « Ce tweet viole les règles de Twitter sur l’apologie de la violence. Mais Twitter estime qu’il est dans l’intérêt du public que ce tweet reste accessible », selon le réseau social.
Jeudi, M. Trump, ulcéré par l’attitude de Twitter à son égard qui avait pour la première fois signalé deux de ses tweets avec la mention « Vérifiez les faits », a signé un décret visant à limiter la protection judiciaire des réseaux sociaux afin, selon lui, de « défendre la liberté d’expression face à un des pires dangers qui soient ». Le décret devrait être le point de départ d’une longue bataille en justice. Les deux messages signalés mardi affirmaient que le vote par correspondance était forcément « frauduleux » car sujet aux manipulations, une question ultrasensible en pleine année électorale. En signant le décret, M. Trump a de nouveau dénoncé le « monopole » des groupes technologiques qu’il accuse de longue date d’avoir un biais idéologique et politique. « Ils ont le pouvoir non contrôlé de censurer, éditer, dissimuler ou modifier toute forme de communication entre des individus et de larges audiences publiques », a-t-il assuré.
Attaque contre la Section 230
Très actif sur Twitter, M. Trump a décidé de s’attaquer, au nom de la liberté d’expression – et à titre de représailles, selon ses détracteurs – à la célèbre Section 230 du « Communications Decency Act ». Pierre angulaire de l’internet américain, elle offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube (Google) une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d’intervenir sur les plateformes à leur guise. Le décret cherche à modifier le champ d’application de cette loi de 1996 et affirme que l’immunité ne peut s’étendre à ceux qui pratiquent la « censure de certains points de vue ».
Mais pour le sénateur démocrate Ron Wyden, M. Trump veut surtout « intimider » les réseaux sociaux et s’attaque à la Section 230 « parce qu’elle protège le droit des entreprises à ne pas avoir à héberger ses mensonges ». Twitter n’a pas souhaité commenter, mais Matt Schruers, président de la Computer & Communications Industry Association, un lobby de la tech, a estimé que ce genre de « représailles » était plus digne « des autocraties étrangères que des États-Unis ».
Sources : agences

