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Politique - Justice

Hadi Hobeiche proteste contre la saisie conservatoire de ses biens

Le député Hadi Hobeiche. Photo ANI

La justice libanaise a ordonné jeudi la saisie conservatoire des biens du député Hadi Hobeiche (Akkar) pour une valeur de plus de 500 millions de livres, afin de couvrir les frais de dédommagement réclamés par la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, qui avait porté plainte contre M. Hobeiche en décembre 2019. Selon la décision de justice, cette saisie concerne plusieurs actions du député au sein de biens fonciers situés à Kobeyat, Jal el-Dib, Halat, Jbeil, Adma, Dafné et Ghazir.

Elle concerne également trois véhicules ainsi que les actions de M. Hobeiche au sein de la société d’eau minérale de Naas-Bickfaya. Hadi Hobeiche et Ghada Aoun s’étaient mutuellement attaqués en justice après un incident les ayant opposés, le 11 décembre, dans le bureau de la juge au Palais de justice de Baabda, à la suite de l’arrestation par cette dernière de la directrice générale du département du trafic routier, Hoda Salloum, dans une affaire de corruption. En janvier, le juge d’instruction de Beyrouth, Assaad Bayram, avait rejeté le vice de forme présenté par l’avocat de Hadi Hobeiche, membre du courant du Futur, auquel l’État libanais a intenté un procès pour « atteinte au prestige de la justice ».Dans une première réaction à la décision de la justice d’effectuer une saisie conservatoire de ses biens, Hadi Hobeiche a déclaré à L’Orient-Le Jour : « On dirait que l’État veut combler son déficit budgétaire en puisant dans mes biens ! »

Au-delà de cette boutade qui en dit long sur le sentiment d’injustice qu’il éprouve, M. Hobeiche explique que la commission du contentieux présidée par la juge Hiléné Skandar, qui a repris à son compte la plainte déposée contre lui par la procureure Ghada Aoun, n’aurait pas dû intervenir dans cette affaire. Car cette commission est censée représenter les intérêts de l’État, non celui de particuliers au sein de l’État. Celui-ci englobe donc les citoyens et lui-même qui est aussi un député. Pour ces raisons, selon lui, la décision du bureau d’exécution des décisions de justice, présidé par le juge Fayçal Makki, n’a pas de valeur sur le plan juridique.

Le 11 décembre dernier, protestant contre l’arrestation de Hoda Salloum, le député avait fait irruption dans le bureau de la procureure et avait proféré des menaces contre elle. Des vidéos de cet accrochage verbal avaient circulé sur les réseaux sociaux et la juge avait immédiatement déposé une plainte contre le député qui, à son tour, a déposé une plainte contre elle. Dans la plainte de Ghada Aoun, celle-ci estime que le comportement de Hadi Hobeiche a nui à l’image de l’État et, par conséquent, il doit verser des indemnités à la juge et à l’État libanais en tant que tel. Le service de contentieux s’est saisi de l’affaire, en tant que représentant des intérêts de l’État, ce point étant contesté par le député Hobeiche. Le service de contentieux avait commencé par réclamer des indemnités d’un montant de 100 millions de dollars. Ce qui est étonnant, vu qu’en général, toutes les décisions financières de la justice libanaise sont estimées dans la monnaie nationale. De plus, le montant de la condamnation était trop élevé.

Ayant eu vent de cette décision, Hadi Hobeiche avait envoyé une note de protestation à la présidente de la commission du contentieux, qui a refusé de l’enregistrer. Il en a envoyé une seconde dans laquelle il estime qu’en dévoilant les plaques de ses voitures, la décision met sa vie et celle de sa famille en danger. Elle n’a pas non plus été enregistrée. Pour Hobeiche, un droit sacré relatif à la défense a été ainsi bafoué et il ne s’explique pas le comportement de la présidente de la commission du contentieux. Mais c’est sans surprise qu’il a appris hier la nouvelle décision de saisie conservatoire de ses biens « en guise de garantie du remboursement de la dette qu’il a envers l’État libanais ».

M. Hobeiche affirme qu’il va la contester. Le feuilleton judiciaire n’est pas près de se terminer.


La justice libanaise a ordonné jeudi la saisie conservatoire des biens du député Hadi Hobeiche (Akkar) pour une valeur de plus de 500 millions de livres, afin de couvrir les frais de dédommagement réclamés par la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, qui avait porté plainte contre M. Hobeiche en décembre 2019. Selon la décision de justice, cette saisie concerne plusieurs actions du député au sein de biens fonciers situés à Kobeyat, Jal el-Dib, Halat, Jbeil, Adma, Dafné et Ghazir. Elle concerne également trois véhicules ainsi que les actions de M. Hobeiche au sein de la société d’eau minérale de Naas-Bickfaya. Hadi Hobeiche et Ghada Aoun s’étaient mutuellement attaqués en justice après un incident les ayant opposés, le 11 décembre, dans le bureau de la juge au Palais de...
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