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Liban

Santé des prisonniers : l'ordre des médecins dénonce une "situation inhumaine"

Dans l’enceinte de la prison libanaise de Roumié, en 2006. Archives AFP/Ramzi Haïdar

L'Ordre des médecins a une nouvelle fois sonné l'alarme, mercredi, sur la situation sanitaire dans les prisons libanaises, entre surpopulation carcérale et dangers liés à la pandémie de coronavirus.

"Il faut améliorer une situation médicale qui est inhumaine, notamment au Palais de justice de Baabda ou dans la prison qui se trouve sous le pont de Adliyé", a affirmé Charaf Abou Charaf, le président de l'Ordre des médecins, lors d'une conférence de presse depuis le ministère de l'Intérieur. Il a aussi appelé à "œuvrer pour faire baisser le nombre de détenus pour éviter la surpopulation".

Pour ce faire, il invite à suivre les recommandations de l'ordre des avocats, comme pratiquer les jugements et interrogatoires à distance. Il faut "accélérer le rythme des libérations" et recourir à d'autres méthodes "que de simples arrestations", a-t-il insisté, pour "éviter la surpopulation carcérale". Et dans le cadre plus spécifique de la lutte contre le coronavirus, M. Abou Charaf rappelle la "nécessité de respecter toutes les mesures de prévention", en "mettant à disposition des masques de protection, des gants et des produits désinfectants", mais aussi préparer un centre d'isolement sanitaire si un cas de contamination se déclarait parmi les prisonniers.

Dans les tiroirs depuis un certain temps, des projets d'amnistie générale, d'autant plus urgents qu'une contamination au coronavirus en milieu carcéral pourrait avoir des conséquences dramatiques, peinent à voir le jour. Cinq propositions de loi différentes avaient été renvoyées fin avril en sous-commission, après avoir été renvoyées en commission lors de la séance parlementaire plénière des 21 et 22 avril. Les partisans d'une amnistie générale estiment qu’elle permettrait de décongestionner les prisons surpeuplées du pays, tandis que ses détracteurs y voient une mesure populiste visant à redorer le blason des partis qui l’appuient. Elle concernerait quelque 1 200 "détenus islamistes", issus essentiellement de Tripoli, ainsi que des milliers d’autres provenant des régions de Baalbeck et du Hermel.

Se mobilisant depuis plus d’un mois contre le danger de la propagation du Covid-19 dans les prisons, la ministre de la Justice Marie-Claude Najm recommande de ne recourir à la détention préventive qu’en cas d’"extrême urgence" et de requérir par téléphone ou télégramme les mises en liberté de ceux qui attendent d’être interrogés.


L'Ordre des médecins a une nouvelle fois sonné l'alarme, mercredi, sur la situation sanitaire dans les prisons libanaises, entre surpopulation carcérale et dangers liés à la pandémie de coronavirus.

"Il faut améliorer une situation médicale qui est inhumaine, notamment au Palais de justice de Baabda ou dans la prison qui se trouve sous le pont de Adliyé", a affirmé Charaf...