Le patriarche maronite, Béchara Raï, lors de la messe du dimanchen le 17 mai 2020 à Bkerké. Photo ANI
Le patriarche maronite, Béchara Raï, a vertement critiqué dimanche la justice du pays, en dénonçant "certains juges" sans les nommer.
"(...) Certains juges émettent leurs jugements sur base de motivations politiques ou revanchardes, sans aucun souci pour la dignité des personnes (...). Accusations et arrestations sans même entendre l'accusé ? Ou encore fabrication de dossiers et des mandats d'arrêts ? Notre système démocratique (...) s'est-il transformé en un système policier et dictatorial (...) ?", s'est interrogé le prélat maronite, lors de son homélie dominicale, à l'occasion de la fête de Notre-Dame-Des-Semences à Bkerké.
"A qui peut se plaindre le citoyen ? À son leader politique pour que celui-ci le protège ? Et s'il n'a pas de référent politique, doit-il subir l'injustice en silence ? Que signifie cette justice revancharde ?", a lancé Mgr Raï. Il s'est enfin interrogé sur le sort des nominations judiciaires qui se font attendre en raison des divergences politiques au sein du gouvernement et des partis au pouvoir. "Que sont devenus ces nominations judiciaires que nous attendons (...) ?".
Sur un autre plan, le chef de l'Eglise maronite a annoncé que l'Eglise mettait ses terres "à la disposition de la société", au moment où le Liban fait face à sa pire crise économique et financière qui s'accompagne d'une inflation galopante et une forte dévaluation de la livre libanaise. "La terre est désormais un élément crucial et nous avions rappelé cela à l'occasion du symposium patriarcal maronite dont le texte s'intitulait +L'Eglise maronite et la terre+ et qui avait pour but d'inciter la population à exploiter leurs terres sur le plan agricole (...)", a dit le prélat maronite. "Le chômage a augmenté au Liban, la pauvreté et l'inflation atteignent des sommets inacceptables et la valeur de la livre s'effondre de manière effrayante. L'agriculture est désormais une nécessité primordiale et l'Eglise met ses terres à la disposition de la société afin de les exploiter sur le plan agricole et assurer l'alimentation, surtout que le Liban importe 70% de ses besoins alimentaires", a fait savoir Mgr Raï. "(...) À travers cela, nous ramenons les Libanais à leurs terres et nous limitons la vente de ces terres et nous limitons l'émigration", a souligné le chef de l'Eglise maronite.


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