Samy Gemayel, durant la réunion de la commission parlementaire de l’Éducation, lundi. Photo Marwan Assaf
Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, a critiqué hier le plan de redressement présenté par le gouvernement de Hassane Diab, estimant qu’il ne comporte que des chiffres « surréalistes ». Il a également appelé une nouvelle fois à des élections législatives anticipées, le seul moyen selon lui de se « débarrasser des cartels au pouvoir ».
Lors d’une conférence de presse au siège du parti à Beyrouth, Samy Gemayel a souligné que le cabinet était « sous le contrôle du Hezbollah, ce qui fait perdre au gouvernement toute son indépendance politique ». S’en prenant au « cartel politique qui a plongé le pays dans cette situation », il a appelé à l’organisation d’élections parlementaires anticipées, qui représenteront selon lui la « seule sortie possible, puisqu’elles permettront un changement de la classe politique ». « Ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir et qui contrôlent 90 % du Parlement représentant le cartel politique qui est responsable de la crise dans laquelle nous nous enlisons. Celui-ci est divisé en deux parties : ceux qui sont au pouvoir et ceux qui en sont sortis. À cause de ses parrains, le gouvernement ne peut plus se targuer d’être indépendant. Ce sont eux qui négocient les nominations et les décisions, ce qui signifie que le cabinet n’a pas de pouvoir de décision réel et qu’il n’est pas capable de faire le nécessaire pour sortir le Liban de la crise, grâce notamment à un soutien arabe et international, indispensables dans notre situation. »
« Dans son plan, le gouvernement dit qu’il compte sur les amis du Liban, mais je ne sais pas franchement combien d’amis le Hezbollah compte dans le monde », a commenté Samy Gemayel, en jugeant illusoire de s’attendre à un appui international « tant que cette formation contrôle l’exécutif ».
Aux parties qui ne sont plus au gouvernement, en allusion notamment au courant du Futur de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, il a reproché de ne pas avoir réagi lorsqu’elles étaient au pouvoir alors que différents dossiers de corruption étaient alors soulevés, comme la question de la location des navires-centrales.
Le député Kataëb a dans ce contexte réitéré son appel à des élections législatives anticipées qui seront, selon lui, « le seul moyen de sortir de ce cercle vicieux et de se débarrasser des cartels politiques au pouvoir ».
Il a déploré que le cabinet « parle de réforme judiciaire, de lutte contre la corruption et d’indépendance de la justice par rapport aux influences politiques, alors qu’il ne parvient même pas à finaliser les nominations administratives ».
Le chef des Kataëb s’en est également pris au cabinet sur plusieurs dossiers, notamment la question de l’agrandissement de la décharge de Jdeidé, au nord de Beyrouth, qui était arrivée à saturation il y a dix jours, et de la contrebande vers la Syrie. « La frontière reste ouverte et incontrôlable parce que certains ont affirmé qu’il était interdit de toucher à ce dossier et le discours, hier, du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah était très clair à ce propos », a-t-il souligné à ce sujet.
« Chiffres surréalistes »
Samy Gemayel a encore reproché au gouvernement de ne pas être capable d’avoir « une vision économique et sociale exhaustive de la situation actuelle » dans le pays. Il a dans ce cadre estimé que le plan de redressement présenté par le cabinet Diab aurait dû être rédigé « en coopération avec toutes les composantes de la société libanaise », notamment avec les syndicats, les commerçants et les industriels, qui sont concernés par l’application des différentes réformes prévues.
« Tous les chiffres inclus dans le plan du gouvernement sont surréalistes et inatteignables », a déploré M. Gemayel, qui a souligné que ces chiffres « ne prennent pas en compte la pandémie de coronavirus et ses répercussions sur l’économie ». « Le texte comporte des éléments positifs, a-t-il concédé, mais ils sont sur la table depuis 10 ans et n’ont jamais été mis en œuvre. Peut-on croire que les personnes qui ont échoué à les mettre en application par le passé vont réussir dans le futur ? »
Le plan de redressement du gouvernement fait état d’un besoin de 80 milliards de dollars pour sortir de la crise, dont 10 à 15 milliards de dollars de financements extérieurs sur les cinq prochaines années. Les réformes prévues, selon ces informations, comprennent des coupes dans les dépenses publiques et une restructuration de la dette de l’État qui s’élève à environ 170 % du PIB, l’un des taux les plus élevés au monde.


Oui pour de "nouvelles" élections, anticipées ou non! Mais malgré toute mon admiration et mon respect pour vous personnellement, ne croyez vous pas que tous les présidents de partis de tous bords, feront campagne pour que leurs mêmes candidats soient réélus? Donc les électeurs "suivistes" s'y plieront et le Liban aura les mêmes membres de Parlement que ceux et celles qui y siègent actuellement!!! Autrement, il faudra tenter rapidement une iniciative qui puisse convaincre, surtout les jeunes électeurs, de la nécessité d'agir dans le but de rendre le Liban un Etat de Droit!! Donc sans adhérer aux aspirations de ces chefs traditionnels obsolètes dont on dit que certains parmi eux sont corrompus! ! Malheureusement c'est une besogne difficile, même impossible à atteindre! Sans désespérer, pourvu que vous ne soyez pas en train de prêcher dans le désert, cher M. Samy Gemayel! Bonne chance!!
16 h 36, le 15 mai 2020