Le Bloc national a critiqué hier avec virulence la résurgence du confessionnalisme aux mains des acteurs du système politique en place qui sont en train de le perpétuer tout en cherchant à « s’innocenter des pratiques suivies durant trente ans ».
Dans un communiqué, le BN a pris pour exemple les propos sectaires tenus, d’une part, à l’issue de la réunion des personnalités grecques-orthodoxes organisée le 4 mai sous la houlette du métropolite de Beyrouth et, d’autre part, lors de deux conférences de presse, l’une organisée lundi par le chef des Marada, Sleiman Frangié, l’autre, le 8 mai, par le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah.
Le Bloc national a stigmatisé « le refus affiché par la communauté grecque-orthodoxe au sujet de la désignation d’un nouveau mohafez pour la ville de Beyrouth sans la bénédiction de la haute instance religieuse de la communauté ».
Le parti a noté que cette réunion a regroupé des figures politiques relevant de formations qui traditionnellement s’opposent, comme les FL et le PSNS, se désolant de voir que « les participants ont revendiqué leur appartenance primaire à leur communauté ». « Dans le même état d’esprit, M. Frangié a insisté à son tour sur la primauté des droits communautaires, allant plus loin en soutenant que les droits des chrétiens sont ceux de leurs leaders. »
Le Bloc national a enfin reproché à M. Fadlallah d’avoir jeté la balle de la responsabilité de la lutte contre la corruption dans le camp de la justice, estimant que cette tâche n’incombe pas aux partis politiques, sachant toutefois, précise le communiqué, qu’il est parvenu à cette conclusion « après avoir démontré, dossiers et chiffres à l’appui, que c’est le système des partis communautaires qui est responsable du vol de l’argent public et de la politique d’ingérence dans la justice, qui a empêché toute reddition de comptes ». « M. Fadlallah a totalement occulté le fait que ce sont ces mêmes partis qui ont verrouillé le Parlement et interdit l’élection du président des années durant, alléguant du respect du Pacte national et de la Constitution. Le respect de la Loi fondamentale ne passe-t-il donc pas par la préservation des deniers publics et l’indépendance de la justice ? » s’est enfin interrogé le BN.

