Des ouvriers respectant les mesures de distanciation sociale en Allemagne. Leon Kuegeler/Reuters
De la « joie », mais aussi de « l’appréhension » : la France et une partie de l’Espagne vivaient hier leur dernier jour de confinement, mais la peur d’un rebond de la pandémie de coronavirus qui a fait près de 280 000 morts prédomine, des foyers ressurgissant à travers le monde, notamment à Séoul et Wuhan.
Deux mois qu’ils attendaient cela !
Dans ces deux pays parmi les plus endeuillés de la planète, une majorité des habitants vont pouvoir renouer avec un semblant de vie sociale et un minimum de liberté de mouvement, comme les Chinois, les Italiens ou les Allemands avant eux. « On navigue entre plus de libertés, ce qui nous rend heureux, mais aussi beaucoup d’incertitudes qui peuvent générer du stress », confient Clément Darras et Olivia Guarino, un couple de trentenaires parisiens. Près de cinq mois après son apparition en Chine fin 2019, la pandémie qui a conduit au confinement de plus de la moitié de l’humanité et mis l’économie mondiale à genoux apparaît sous contrôle dans un nombre croissant de pays.
Mais le spectre d’une deuxième, voire d’une troisième vague, brandi notamment par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est omniprésent. La ville chinoise de Wuhan, où le virus avait commencé à frapper, est venue le rappeler : les autorités y ont annoncé dimanche un nouveau cas, après plus d’un mois de répit à la suite d’un confinement draconien.
Le rouge et le vert
En Corée du Sud, où la progression du virus avait également été stoppée, la ville de Séoul a dû de son côté ordonner la fermeture des bars et discothèques, après de nouveaux cas de propagation. Ce nouveau foyer « fait prendre conscience que ce genre de situation peut se présenter n’importe quand », a souligné hier le président sud-coréen Moon Jae-in. « Ce ne sera pas fini avant que ce soit vraiment fini », a-t-il martelé.
Également citée en exemple, l’Allemagne a pour sa part vu le seuil critique de 50 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants franchi dans trois cantons. Dans ce pays, où la Bundesliga doit en principe reprendre dans les prochains jours, bars et restaurants ont rouvert dès samedi au Mecklembourg-Poméranie, au bord de la Baltique. Mais rien n’y est vraiment comme avant. « Nos salariés doivent porter un masque et nos clients doivent respecter la distanciation », souligne Thomas Hildebrand, restaurateur à Schwerin. En France même, où une réouverture controversée des écoles a été prévue par le gouvernement, deux foyers épidémiques ont été détectés dans le centre du pays, dont l’un après une réunion de... préparation de la rentrée.
Afin de limiter les risques de propagation, seule une partie de l’Espagne sera déconfinée. Plusieurs grandes villes, comme Madrid ou Barcelone, restent soumises à de sévères restrictions. En France, le déconfinement sera modulé entre régions « vertes » et « rouges ». Comme Paris, où les autorités appellent à la plus grande vigilance. Partout, le masque sera obligatoire dans les transports et les gestes barrières de rigueur.
Second pic
Plusieurs autres pays vont également accélérer leur levée des restrictions aujourd’hui. En Turquie, les personnes âgées de plus de 65 ans ont bénéficié hier durant quatre heures de leur première autorisation de sortie depuis le 21 mars. « C’est comme si nous étions en vacances à partir de 11 heures aujourd’hui. Nous sommes très heureux », dit Umit Avci, 81 ans, à Istanbul. À l’opposé, la Russie, avec plus de 10 000 cas par jour, a dû renforcer son dispositif. La marque des 200 000 cas y a été atteinte.
En Grande-Bretagne, le Premier ministre britannique Boris Johnson, lui-même rescapé du Covid-19, devait présenter hier soir son plan en vue d’un déconfinement dans le deuxième pays au monde le plus endeuillé (plus de 31 500 morts). Mais seuls de légers assouplissements sont attendus. « Nous ne pouvons pas risquer un second pic » de contaminations, a prévenu M. Johnson sur Twitter avant ses annonces.
Accusé, comme le dirigeant britannique, d’avoir tardé à mesurer l’ampleur de la pandémie, le président américain Donald Trump, dont le pays est le plus touché de la planète avec près de 80 000 morts, voit le virus se rapprocher de son entourage. Katie Miller, la porte-parole du vice-président Mike Pence, a été testée positive. Et trois membres de l’équipe anticoronavirus de la Maison-Blanche, dont l’épidémiologiste Anthony Fauci, vont rester en isolement après de possibles expositions. Les conseillers économiques de M. Trump ont toutefois défendu la volonté présidentielle de « rouvrir l’économie ». « Nous avons presque 80 000 morts, et nous avons aussi plus de 30 millions de personnes qui ont demandé une allocation chômage », a relevé l’un d’eux, Kevin Hassett, sur CBS.La gestion de la crise par M. Trump a été littéralement éreintée par son prédécesseur Barack Obama. « Un désastre chaotique absolu », a-t-il jugé lors d’une conversation téléphonique avec d’anciens collaborateurs, dévoilée par Yahoo News.
Bolsonaro en jet-ski
En Amérique du Sud, la marque des 10 000 morts a été franchie au Brésil, un pays susceptible de devenir le nouvel épicentre de la pandémie. Ce qui n’a pas empêché le président Jair Bolsonaro d’être vu en train de faire du jet-ski sur un lac de Brasilia, selon le média en ligne Metropoles. Quant aux Belges, ils ont pu recommencer dès hier à recevoir quatre personnes à leur domicile. « Nous avons sorti au jardin notre plus grande table, et cela afin de garder malgré tout cette sacrée distanciation entre chaque convive », confie Patrick Rodriguez, marchand de journaux à Bruxelles.
Source : AFP
Les Français beaucoup plus critiques envers le gouvernement que leurs voisins
Seuls 34 % des Français estiment que leur gouvernement a été « à la hauteur de la situation » face à la crise liée à la pandémie de coronavirus, une proportion largement inférieure à celle de leurs voisins européens, selon un sondage Odoxa. L’étude d’opinion parue dimanche a été réalisée pour Le Figaro et France Info auprès d’un millier de Français, 500 Britanniques, 500 Italiens, 500 Espagnols et 500 Allemands. En moyenne, dans ces cinq pays, 51 % des personnes interrogées estiment que leur gouvernement a été à la hauteur : 63 % pour les Britanniques, 60 % pour les Allemands, 50 % pour les Italiens. Seuls les Espagnols sont plus critiques que les Français, avec 32 %.
De même, si 64 % considèrent que « les habitants de leur pays » ont été à la hauteur (74 % pour le seul Royaume-Uni), ils ne sont que 39 % en France. En revanche, les Français saluent davantage l’attitude de leurs maires (75 %) que leurs voisins européens (58 % en moyenne). Alors que 62 % des Européens estiment que leur gouvernement « a pris la mesure de la gravité de la situation » (72 % des Allemands), ils ne sont que 48 % des Français à l’affirmer. Les propositions « Le gouvernement a dit la vérité aux habitants », « a pris les bonnes décisions au bon moment », « a fait ce qu’il fallait faire pour équiper les hôpitaux et les soignants », « a montré qu’il savait où il allait » et « a été clair » recueillent 43 à 46 % d’approbations chez les sondés européens, contre 23 à 25 % chez les seuls Français.


L'Etat français détient certainement le triste record d'incohérence dans la gestion de la crise corona. Port du masque considéré comme inutile, voire dangereux, puis devenu obligatoire. Masques interdits de vente en pharmacie (!!!) Fermeture des écoles inenvisageable puis généralisée. Le maire d'une grande ville décide, avant l'ouverture des écoles, de faire tester, aux frais de la municipalité, tout le personnel: il se voit interdire cette mesure. La pratique du test préventif n'est pas autorisée! Les tests ne doivent être effectués que sur ordonnance sur des personnes présentant déjà des symptômes de contamination! Etc.. Ubu roi!
07 h 37, le 11 mai 2020