Le président français, Emmanuel Macron, est venu mardi dans une école des Yvelines afin de tenter d’apaiser les inquiétudes sur la périlleuse rentrée qui s’annonce en pleine épidémie de coronavirus. AFP/Pool/Ian Langsdon
Le déconfinement s’est accéléré hier dans plusieurs pays pour tenter de relancer des économies paralysées par le coronavirus, qui a déjà fait plus de 252 000 morts et poursuit sa progression notamment en Russie, au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Signal fort, la Bavière, l’un des États régionaux les plus peuplés et l’un des plus prospères d’Allemagne, a annoncé mardi la réouverture de ses restaurants à partir du 25 mai, en dépit des consignes de prudence de Berlin.
L’Autriche voisine s’est de son côté dit confortée dans sa volonté d’en faire de même dès le 15 mai après une première étape de déconfinement « très bien gérée », sans rebond de la pandémie.
Mais la pandémie née fin 2019 en Chine et qui a contraint plus de la moitié de l’humanité à se confiner est loin d’être jugulée et elle ne le sera qu’avec la découverte d’un vaccin ou d’un remède, insiste l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une centaine de projets de vaccins ont été lancés, dont une dizaine en phase d’essais cliniques, selon la London School of Hygiene and Tropical Medicine.
Plus de 32 000 morts au Royaume-Uni
Aux États-Unis, où le nombre de morts est tombé à son plus bas niveau quotidien depuis un mois (1015), les autorités tablent sur une nouvelle flambée qui se traduira par 3 000 décès par jour, selon un document dévoilé par la presse. Près de 70 000 personnes ont déjà succombé dans ce pays, le plus touché au monde, mais où de nombreux États ont entrepris de se déconfiner. La Californie, cinquième économie mondiale, va commencer à assouplir certaines mesures à la fin de la semaine. « C’est excitant de voir notre pays qui commence à rouvrir ! »
a tweeté le président américain Donald Trump, avant la visite hier d’une usine de masques en Arizona.
Le Royaume-Uni, où le Premier ministre Boris Johnson devait présenter dimanche un plan de déconfinement progressif, est devenu hier le premier pays en Europe à franchir la barre des 32 000 morts, et le deuxième le plus touché dans le monde.
Et la Russie, qui se prépare à une levée progressive du confinement à partir du 12 mai, assiste de son côté à une accélération de la pandémie, avec pour le troisième jour d’affilée dix mille nouveaux malades recensés. Selon les chiffres officiels, 10 102 nouveaux cas ont été enregistrés lors des 24 dernières heures, à peine moins que les deux jours précédents. La Russie compte désormais 155 370 cas. Le bilan officiel des décès attribués au Covid-19 est de 1 451 morts, soit un taux de mortalité très faible par rapport à ce qui a été enregistré en Italie, en Espagne ou aux États-Unis. Les autorités russes affirment que cela est dû à la fermeture rapide des frontières, au grand nombre de tests effectués et à un suivi des infections, mais des voix critiques mettent en doute ces chiffres, soupçonnant notamment que de nombreux décès ne soient pas comptabilisés car attribués à d’autres pathologies.
La France a enregistré 330 nouveaux décès ces dernières 24 heures, à quelques jours d’un déconfinement toujours entouré d’incertitudes, notamment en ce qui concerne les vacances d’été. Au total, 25 531 personnes sont décédées de la maladie depuis le début de l’épidémie.
Partout, la pression est forte pour relancer l’activité face à une récession mondiale et à une flambée du chômage sans précédent depuis 1945. En Europe, les 27 tentent de trouver un terrain d’entente pour créer un fonds de relance exceptionnel. Celui-ci sera « gigantesque », avec une fourchette de « 1 000 à 2 000 milliards d’euros », a estimé le commissaire européen Thierry Breton.
« Prier très fort »
Dans les pays les plus pauvres, les habitants sont le plus souvent livrés à eux-mêmes. Comme Augustin, vivant dans la partie anglophone d’un Cameroun en proie à un conflit séparatiste. En cas de maladie, il ne lui restera qu’à « prier très fort », résume ce travailleur social d’une trentaine d’années.
En République démocratique du Congo, le gouvernement s’est alarmé d’un risque de « propagation à grande échelle » de l’épidémie après le recensement d’une centaine de cas dans une prison militaire de Kinshasa.
Sur un autre plan, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a levé 7,4 milliards d’euros pour doper la recherche vaccinale, lors d’un téléthon planétaire snobé lundi par les États-Unis. Sans vaccin, un rebond épidémique est quasiment inévitable une fois le confinement levé, selon l’OMS.
Même dans un pays comme l’Allemagne, salué pour sa gestion de la pandémie, il faut s’attendre « à coup sûr » à une deuxième, voire à une troisième vague de contamination, a prévenu l’Institut Robert Koch, en charge du dossier.
Macron masqué
En France, où une rentrée scolaire très controversée est prévue à partir du 11 mai, le président Emmanuel Macron est apparu pour la première fois portant un masque, en tissu noir, lors de la visite d’une école de banlieue parisienne accueillant des enfants de soignants.
De nombreux pays ont déjà commencé à alléger les restrictions, dont l’Italie lundi, ou encore le Portugal, la Serbie, la Belgique, la Turquie, Israël, le Nigeria et le Liban.
Au Maghreb, Tunis et Alger ont également engagé un assouplissement mais s’inquiètent des écarts de leurs populations en matière d’hygiène et de distanciation physique.
Enfin, l’Inde s’apprête pour sa part à lancer jeudi une gigantesque opération de rapatriement de ses innombrables ressortissants bloqués à l’étranger, notamment dans le Golfe.
Source : AFP

