Un gouvernement d’union en Israël entre Benjamin Netanyahu et Benny Gantz est-il légal ? Le Premier ministre peut-il former le prochain gouvernement malgré son inculpation pour corruption ? La Cour suprême a commencé hier à se pencher sur ces questions politiquement explosives. Dans l’espoir de mettre un terme à la plus longue crise politique de l’histoire d’Israël et après trois élections n’ayant permis à aucun d’eux de rafler une majorité avec leurs alliés, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son ex-rival électoral Benny Gantz ont enterré la hache de guerre il y a deux semaines et signé un accord pour un gouvernement d’union. Et pour aussi permettre d’urgence à Israël de sortir de la crise du nouveau coronavirus qui a officiellement contaminé 16 000 personnes, fait un peu plus de 200 morts et ébranlé l’économie de la « Start-Up Nation » qui a vu son taux de chômage passer de 3,4 à 27 % en l’espace d’un mois. Mais l’accord Netanyahu-Gantz est loin de faire l’unanimité. À Tel-Aviv, des opposants ont pris la rue dans des manifestations nocturnes marquées par un respect scrupuleux des mesures de distanciation sociale en brandissant aussi des drapeaux noirs pour signifier la « mort » de la démocratie israélienne. La justice israélienne a, elle, été saisie de huit plaintes. Dimanche, onze juges de la cour au visage barré de masques ont commencé à se réunir dans une séance retransmise en direct sur des chaînes locales pour discuter de la question, à savoir si un élu, Benjamin Netanyahu en l’occurrence, peut diriger le prochain gouvernement malgré son inculpation. Suivra lundi la seconde grande question : l’accord de gouvernement d’union est-il légal? Une délibération express des juges est attendue car l’accord Netanyahu/Gantz a jusqu’à jeudi pour être validé par la Knesset, le Parlement.
Moyen-Orient - Israël
La Cour suprême se penche sur l’accord Netanyahu/Gantz
OLJ / le 04 mai 2020 à 00h00


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