26 cases, 26 lettres dans ce long enfermement, « la pire punition qu’on puisse m’infliger », confie Josiane Bou Assi. Depuis chez elle, à Paris, cette Libanaise a tracé des lignes, des blancs et des noirs, imprimé l’alphabet de ces étranges sensations qui ont traversé son quotidien confiné. Des chemins qui mènent vers soi et par lesquels chacun, où qu’il soit, passe certainement. « L’obligation d’être enfermée, surtout au printemps que j’attendais impatiemment, m’a paniquée. Les premiers jours, j’ai tourné en rond en me répétant que je ne pourrai pas m’en sortir. Puis, un soir, je me suis dessinée coincée dans un carré, angoissée. L’idée de faire cet exercice avec toutes les lettres de l’alphabet relevait, je pense, d’un instinct de survie, il fallait que je m’accroche à quelque chose. Il s’agissait d’un défi aussi : réussir à m’exprimer dans un simple carré. Travailler sur un abécédaire qui est en général destiné aux enfants m’a amusée. J’ai dessiné selon mon humeur, une lettre par jour. Je continue à le faire, en attendant que ce confinement passe… »
*Josiane Bou Assi est titulaire d’une licence en design graphique et d’un master photographie et multimédia (Université Saint-Denis – Paris 8). Elle collabore en tant que graphiste avec TF1 et France 2.

