Plusieurs films ont vu leur sortie reportée depuis une semaine, après l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes en raison du coronavirus et l’annonce de mesures de confinement dans de nombreux pays.
Parmi ces films, le très attendu Petit pays d’Éric Barbier, adaptation du roman plusieurs fois primé du Franco-Rwandais Gaël Faye. Il a été déprogrammé, sans nouvelle date de sortie pour l’instant, de même que le blockbuster Mulan des studios Disney, prévu en salles le 25 mars en France et « reporté à une date ultérieure », selon Disney. Police d’Anne Fontaine, qui devait sortir le 1er avril, a été reprogrammé au 6 mai.
D’autres sorties avaient déjà été annulées ces derniers jours, dont celles du dernier James Bond, Mourir peut attendre, de Pinocchio de Matteo Garrone ou du film français La Daronne de Jean-Paul Salomé avec Isabelle Huppert.
Comme le livre Petit pays, inspiré de l’enfance de l’auteur, le film d’Éric Barbier (La Promesse de l’aube) raconte l’enfance au Burundi de Gabriel, un Franco-Rwandais, avant que sa vie ne soit bouleversée par la séparation de ses parents, la guerre civile et le génocide au Rwanda voisin. Gaël Faye dit avoir été ébranlé par le film. « Ce qui m’a choqué déjà, c’est le fait que ce soit resserré, en 1h45. On ne met pas sur pause, on est là dans la salle. C’est aussi l’empilement des situations, ce moment où on a l’impression d’être en apnée sur la fin du film », additionné à la « tension musicale », a-t-il expliqué à des journalistes dont l’AFP, soulignant avoir pu mettre à distance ce qu’il a vécu dans le roman grâce à des « images poétiques ».
« Quand Éric (Barbier) s’empare de cette histoire, il l’écrit d’une autre façon. Et je suis obligé de baisser la garde, parce qu’il faut que je rentre dans son histoire », dit encore le chanteur, compositeur et écrivain.
Là où le livre mettait l’accent sur l’évocation nostalgique et poétique d’une enfance perdue à travers l’histoire d’une bande de garçons vivant au grand air, vue à hauteur d’enfant, le film l’aborde aussi mais se resserre davantage sur la cellule familiale.
Il montre aussi la montée de la violence et ses répercussions sur une famille de façon plus frontale que le livre, mais sans images démonstratives, en racontant le quotidien de Gabriel, de ses parents et de sa petite sœur, dans leur maison d’où ils entendent les récits et les bruits de la guerre.
« J’ai poussé le fait qu’il y a cette maison. Tout se passe là », explique Éric Barbier, soulignant qu’« au fur et à mesure, les choses se referment, on est dans ce huis clos qui est plus anxiogène ».
Source : AFP

