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Politique - Crise

Gemayel : Nous sommes dans un pays sans État

Le chef des Kataëb se déchaîne contre le Hezbollah et appelle à des élections anticipées.

« L’annonce du non-paiement des eurobonds n’est pas un acte héroïque car il n’y avait pas d’autre choix », a jugé Samy Gemayel dans sa conférence de presse. Photo ANI

Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a violemment critiqué hier le Hezbollah, lui faisant assumer la responsabilité de la crise économique et sociale dans laquelle le pays est plongé, ainsi que « l’isolement » du pays, à cause de ses équipées militaires dans la région.

Entouré des députés Paula Yacoubian et Élias Hankache, M. Gemayel a tenu dans la matinée une conférence de presse au siège de son parti à Saïfi, où il a d’emblée lancé : « Nous sommes dans un pays sans État », en critiquant la gestion officielle de l’épidémie de coronavirus. « C’est pour cette raison qu’il est de notre devoir en tant que citoyens de prendre la place de l’État et d’assumer la responsabilité de nous protéger et de protéger nos aînés, car le coronavirus n’est pas une mince affaire », a-t-il dit.

Le leader des Kataëb est ensuite revenu sur la décision du gouvernement de Hassane Diab de suspendre le remboursement d’une série d’eurobonds arrivés à échéance lundi. « L’annonce du non-paiement des eurobonds n’est pas un acte héroïque car il n’y avait pas d’autre choix », a jugé M. Gemayel, avant de s’interroger sur les réformes prévues par le gouvernement. « Quelles mesures seront prises? Auront-elles des conséquences sur les Libanais ? Une partie de ces réformes est liée à la volonté du Hezbollah », a-t-il dit.

Le chef des Kataëb a violemment critiqué le parti chiite qui, « à cause des batailles et des guerres (transfrontalières) qu’il a menées, a isolé le Liban et contribué au tarissement des investissements du flux de touristes ». « Le Hezbollah assume une grande part de responsabilité dans la crise. Ce qui empêche les gros investissements dans le pays, ce sont la présence d’une milice et d’armes au Liban et l’état d’insécurité permanent à cause des Libanais qui meurent dans les guerres des autres », a martelé M. Gemayel, en allusion à la participation du Hezbollah aux guerres en Syrie, en Irak et au Yémen.

Outre le Hezbollah, il a imputé la responsabilité de la crise à deux autres acteurs principaux : « La classe dirigeante qui a dilapidé l’argent des citoyens et mal géré les affaires du pays avec la complicité des entrepreneurs, et les banques qui ont financé la dette de l’État sans conditions et qui ont profité des taux d’intérêt élevés pour réaliser des bénéfices. » Selon lui, c’est toutefois « la formation chiite (qui reste) le principal obstacle à un redressement. C’est elle qui contrôle le pouvoir de décision du gouvernement ». « Nous avons entendu le ministre des Finances (Ghazi Wazni) parler des réformes envisagées, mais une partie fondamentale de ces réformes est liée au Hezbollah. Va-t-il tolérer un allègement du poids de l’administration pour réduire les dépenses de l’État, un contrôle strict des frontières pour en finir avec la contrebande ou encore la levée de la tutelle que le parti impose à l’aéroport et au port ? » s’est-il interrogé. « Le peuple libanais est victime de cette situation. Il est le seul à avoir le droit de demander des comptes au pouvoir politique, aux dirigeants, mais aussi aux banques qui ont utilisé son argent pour le donner au pouvoir de manière irresponsable », a lancé le chef des Kataëb qui a appelé à l’organisation d’élections anticipées. Selon lui, « la balle est aujourd’hui dans le camp de la population qui doit mettre tout son poids dans la balance pour pousser vers la tenue de législatives anticipées ».

Samy Gemayel est également revenu sur les tirs ayant visé dimanche à l’aube le siège des Kataëb à Saïfi. Des individus armés non identifiés ont touché la façade du bâtiment de six balles. « Il s’agit d’un acte insignifiant », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Cette maison restera celle de tous les Libanais libres et un refuge en ces temps difficiles. »

Le chauffeur de la voiture à bord de laquelle se trouvaient les tireurs devait être arrêté plus tard dans la journée par les services des renseignements des FSI. Son identité n’a pas été révélée. M. Gemayel devait d’ailleurs rendre hommage aux policiers, dans un tweet en soirée. « Les regards se tournent maintenant vers la magistrature pour qu’elle assume son rôle dans la protection des Libanais face aux voyous et à leurs commanditaires. Que son verdict serve d’exemple à ceux qui se croient au-dessus des lois », a-t-il écrit.

Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a violemment critiqué hier le Hezbollah, lui faisant assumer la responsabilité de la crise économique et sociale dans laquelle le pays est plongé, ainsi que « l’isolement » du pays, à cause de ses équipées militaires dans la région.Entouré des députés Paula Yacoubian et Élias Hankache, M. Gemayel a tenu dans la matinée une conférence de presse au siège de son parti à Saïfi, où il a d’emblée lancé : « Nous sommes dans un pays sans État », en critiquant la gestion officielle de l’épidémie de coronavirus. « C’est pour cette raison qu’il est de notre devoir en tant que citoyens de prendre la place de l’État et d’assumer la responsabilité de nous protéger et de protéger nos aînés, car le coronavirus n’est pas une mince...
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