Le président turc Recep Tayyip Erdogan hier à Bruxelles. Kenzo Tribouillard/AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réclamé hier lors d’une visite à Bruxelles un soutien accru de la part de ses alliés de l’OTAN et de l’Union européenne (UE), malgré les critiques qu’il a suscitées en déclenchant une nouvelle crise des migrants.
M. Erdogan souhaite que ses partenaires occidentaux fassent davantage pour aider son pays dans le conflit en Syrie et pour faire face aux millions de réfugiés engendrés par les combats. La visite du dirigeant turc dans la capitale de l’UE intervient après sa décision de faire pression sur les pays européens en ouvrant ses frontières, permettant ainsi le passage des migrants et des réfugiés sur son territoire. Des milliers de migrants, qui tentent de rejoindre l’Europe, sont depuis regroupés à la frontière gréco-turque. « L’OTAN est dans un processus critique dans lequel elle doit clairement montrer sa solidarité avec l’alliance », a déclaré M. Erdogan, lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l’institution, Jens Stoltenberg. Cette solidarité doit se manifester « sans discrimination et sans poser de conditions politiques », a-t-il ajouté, jugeant « très important que le soutien » réclamé soit octroyé « sans plus tarder ».
M. Erdogan a tenu hier des propos sévères à l’égard du gouvernement grec du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, qui a déjà reçu 700 millions d’euros de Bruxelles pour sécuriser ses frontières et faire face aux nouveaux arrivants. « Il est irrationnel et inconsidéré qu’un allié et un pays voisin désignent la Turquie comme responsable de l’immigration illégale », a déclaré M. Erdogan. M. Stoltenberg a de son côté rendu hommage au rôle de la Turquie, notant qu’« aucun autre allié n’a autant souffert des attaques terroristes et aucun autre allié n’accueille autant de réfugiés ».
Il a assuré que le soutien de l’OTAN se poursuivrait tout en exprimant sa « grande préoccupation » sur les événements à la frontière gréco-turque. Des dizaines de milliers de migrants tentent de passer la frontière entre la Turquie et la Grèce depuis que le président turc a annoncé le 28 février qu’il cessait de respecter un accord de mars 2016 avec l’UE. Cet accord prévoyait que les migrants restent en Turquie, en échange d’une aide financière européenne à Ankara. Mais l’État turc juge l’aide insuffisante pour la prise en charge de quatre millions de migrants et de réfugiés, principalement syriens, qu’il accueille depuis des années. Sur 6 milliards d’euros d’aides prévues, 4,7 milliards ont été engagés dont 3,2 milliards ont déjà été décaissés, selon la Commission européenne. Depuis Berlin, le gouvernement allemand a annoncé qu’une coalition de pays « volontaires » de l’UE envisage de prendre en charge jusqu’à 1 500 enfants migrants bloqués sur les îles grecques. Outre l’Allemagne, la France, le Portugal, le Luxembourg et la Finlande ont signalé leur volonté de participer à cette prise en charge.
Source : AFP

