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Moyen-Orient - Syrie

Calme à Idleb au premier jour d’une trêve turco-russe

Des dizaines de personnes ont manifesté à Kafr Takharim contre l’accord qui ne prévoit pas, selon elles, un retour des déplacés chez eux.

Un homme sur son vélo à Idleb. La province éponyme a connu hier une rare accalmie après l’annonce d’une trêve russo-turque. Omar Haj Kadour/AFP

La région d’Idleb, théâtre depuis plusieurs mois d’une bataille acharnée et d’une grave crise humanitaire, a connu une rare accalmie hier, au lendemain d’un accord de trêve dans le nord-ouest de la Syrie où Damas tente de reprendre des zones échappant à son contrôle. Bachar el-Assad s’est dit « satisfait » de l’accord conclu entre la Russie et la Turquie, a indiqué hier la présidence syrienne. Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine, « le président Assad (...) a exprimé sa satisfaction concernant ce à quoi le dirigeant russe est parvenu lors de sa rencontre avec le (président) turc » Recep Tayyip Erdogan jeudi à Moscou. Entré en vigueur à minuit (22h00 GMT jeudi), le cessez-le-feu annoncé par la Russie – soutien de Damas – et la Turquie – qui appuie des groupes rebelles – s’est maintenu durant la journée, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, a souligné « l’absence totale d’avions de guerre russes et du régime dans l’espace aérien d’Idleb ». À Damas, l’agence de presse officielle SANA a indiqué que « le calme régnait » sur l’ensemble de la région. Dans la nuit, « des affrontements intermittents et des échanges de tirs ont eu lieu, avant de s’interrompre », a précisé M. Abdel Rahmane. Six soldats syriens et au moins neuf jihadistes du Parti islamique du Turkestan (TIP) – dont les membres appartiennent majoritairement à la minorité musulmane ouïghoure de Chine – ont été tués dans ces accrochages, selon l’OSDH. Jeudi, le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan sont parvenus à un accord de cessez-le-feu au terme d’une réunion marathon à Moscou. Cette trêve doit mettre fin à des violences ayant tué près de 500 civils, selon l’OSDH, et fait près d’un million de déplacés depuis le début, en décembre, d’une nouvelle offensive de Damas dans la région, d’après l’ONU.

« Aucune confiance »

Selon l’accord de jeudi, la Russie et la Turquie organiseront à partir du 15 mars des patrouilles communes sur une large portion de l’autoroute M4, un axe crucial pour Damas, reliant Alep à Lattaquié en passant par la région d’Idleb. Ces patrouilles conjointes circuleront entre le village de Tronba (à Idleb) et un village de la province de Lattaquié, un bastion du régime. Mais les habitants d’Idleb sont pour le moins sceptiques. Des dizaines de personnes ont manifesté dans la localité de Kafr Takharim contre l’accord, qui ne prévoit pas, selon elles, un retour des déplacés chez eux. Ahmad Qaddour, qui vit dans un camp de déplacés avec son épouse et ses deux enfants, dit s’attendre au pire. « Nous n’avons aucune confiance dans le régime et la Russie », affirme ce père de famille de 29 ans. Un accord conclu entre Ankara et Moscou en septembre 2018 prévoyant l’instauration d’une zone « démilitarisée » pour éviter une nouvelle offensive de Damas est resté lettre morte. Cet accord prévoyait également la réouverture, avant fin 2018, de deux autoroutes stratégiques : la M4 et la M5, qui relie Damas à la grande ville d’Alep. Entre-temps, le régime a continué de progresser sur le terrain jusqu’à s’emparer de la moitié de la province d’Idleb et est parvenu à sécuriser par la force la totalité de la M5.

« Bonne volonté »

L’offensive lancée en décembre par Damas, avec l’appui de l’aviation russe, a par ailleurs entraîné une poussée de fièvre inédite avec la Turquie voisine. L’armée turque est déployée dans le Nord syrien depuis 2016, où elle a installé 12 postes d’observation et soutient des groupes rebelles à Idleb. « La position des 12 postes d’observation restera inchangée », a assuré hier le président turc. Les affrontements directs entre Ankara et Damas, qui ont tué plus de 50 soldats turcs depuis février ainsi que des dizaines de soldats syriens, ont suscité des craintes d’un dérapage entre Moscou et Ankara et d’une crise migratoire en Europe. Jeudi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a espéré que l’accord aboutira « à une cessation des hostilités immédiate et durable » tandis que le Conseil de sécurité avait prévu une réunion hier. Les États-Unis se sont opposés à l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU soutenant l’accord, ont indiqué des diplomates à l’issue d’une réunion à huis clos. « C’est prématuré », ont déclaré les États-Unis lorsque l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia, qui avait demandé la tenue de la réunion, a demandé à ses 14 partenaires au Conseil de sécurité d’adopter une déclaration commune, ont rapporté ces diplomates.De son côté, le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, s’est réjoui de l’accord, saluant un « signe de bonne volonté », appelant toutefois à la prudence et à un accès pour l’aide humanitaire. Le président français, Emmanuel Macron, a lui estimé que l’accord comportait un certain nombre « d’angles morts ». Quant au Programme alimentaire mondial (PAM), il a regretté le fait qu’il n’ait pas prévu « une zone de sécurité pour les déplacés ».

Source : AFP

La région d’Idleb, théâtre depuis plusieurs mois d’une bataille acharnée et d’une grave crise humanitaire, a connu une rare accalmie hier, au lendemain d’un accord de trêve dans le nord-ouest de la Syrie où Damas tente de reprendre des zones échappant à son contrôle. Bachar el-Assad s’est dit « satisfait » de l’accord conclu entre la Russie et la Turquie, a indiqué hier la présidence syrienne. Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine, « le président Assad (...) a exprimé sa satisfaction concernant ce à quoi le dirigeant russe est parvenu lors de sa rencontre avec le (président) turc » Recep Tayyip Erdogan jeudi à Moscou. Entré en vigueur à minuit (22h00 GMT jeudi), le cessez-le-feu annoncé par la Russie – soutien de Damas – et la Turquie –...
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