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Des Syriens accusent l'armée turque de les pousser en Grèce

Photographie d'une migrante près de Kastaniès, à la frontière entre la Turquie et la Grèce, le 3 mars 2020. AFP / Sakis MITROLIDIS

Un groupe de Syriens venu d'Istanbul a accusé mardi l'armée turque de les avoir poussés en Grèce, en les abandonnant au bord du fleuve Evros qui marque la frontière entre les deux pays.

"Ils nous ont lâchés au bord du fleuve et nous ont juste dit : "Partez!" Ils nous ont laissé seuls. C'était l'armée turque", a témoigné à l'AFP Taisir, 23 ans, un Syrien de Damas réfugié depuis cinq ans à Istanbul, rencontré près du village grec de Lavara, collé à la frontière. "Hier ils (les Turcs) nous ont chassés de nos maisons, ils ont pris notre argent, ils ont pris nos téléphones" avant de nous emmener à la frontière, poursuit Taisir. Le jeune Syrien, qui ne souhaite pas révéler son nom de famille, fait partie d'un groupe d'une dizaine de personnes, toutes syriennes, interpellées mardi à l'aube par la police grecque qui a confisqué au moins quatre de leurs téléphones portables. Parmi ces réfugiés figurent deux bébés de cinq mois et un an et deux petites filles en bas âge.

Le témoignage de Taisir, recueilli par l'AFP sur la principale route qui longe la frontière entre la Grèce et la Turquie, est impossible à vérifier mais il vient corroborer les récits de migrants massés devant la clôture frontalière côté turc depuis la décision vendredi d'Ankara de ne plus empêcher les migrants de rentrer dans l'Union européenne. Depuis cette annonce, plusieurs milliers de personnes se sont ruées vers la Grèce en dépit des mesures musclées prises par Athènes, dont les forces tirent des grenades lacrymogènes et utilisent des canons à eau.

Samedi soir, l'ONU avait décompté 13.000 personnes à la frontière gréco-turque, réveillant le souvenir de la crise migratoire majeure qui a secoué l'Europe en 2015. Des équipes de l'AFP ont constaté l'afflux de 2.000 migrants de plus dimanche. La Turquie a agité lundi la menace de l'arrivée de "millions" de migrants en Europe. "Actuellement il y a environ un millier de personnes qui tentent chaque jour de franchir la frontière", a indiqué à l'AFP un responsable de la police grecque de Tychero, situé le long de la frontière. "Ce sont essentiellement des Afghans, des Somaliens, des Pakistanais et des Marocains", a assuré ce policier qui a refusé de décliner son identité.


Un groupe de Syriens venu d'Istanbul a accusé mardi l'armée turque de les avoir poussés en Grèce, en les abandonnant au bord du fleuve Evros qui marque la frontière entre les deux pays.

"Ils nous ont lâchés au bord du fleuve et nous ont juste dit : "Partez!" Ils nous ont laissé seuls. C'était l'armée turque", a témoigné à l'AFP Taisir, 23 ans, un Syrien de Damas réfugié...