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Face à la colère de Libanais, Diab assure que ses propos ont été déformés


Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, le 19 décembre 2019 au palais présidentiel de Baabda. Photo d'archives REUTERS/Mohamed Azakir

Après avoir affirmé lundi que l'Etat n'était plus en mesure de protéger les Libanais et de leur assurer une vie décente, le Premier ministre libanais Hassane Diab a tenu à clarifier ses propos dans un communiqué publié en soirée par son bureau de presse, affirmant qu’il n’avait fait que "s’adresser en toute franchise aux gens". 

"Une fois de plus, le même orchestre a recours à la falsification pour déformer la vérité et faire de la provocation. Malheureusement certains se laissent entraîner, volontairement ou par ignorance, adoptant des positions qui révèlent une mauvaise intention, ou ne font que répéter sans lire" des propos, peut-on lire dans le communiqué. "Le Premier ministre s'est adressé en toute franchise aux gens concernant les faits et les vérités sur la vision qu'ont les gens de l'Etat mais il a affirmé qu’il restait déterminé à assumer ses responsabilités et à parer aux problèmes chroniques" du pays, a ajouté le texte.   

Lors d'un discours prononcé devant les membres du corps consulaire, M. Diab avait évoqué une décision "critique" en cours d'étude au sein du gouvernement qui "constituera un tournant majeur pour l'avenir du Liban". "En toute franchise, compte tenu de la situation dans laquelle il se trouve, l'Etat n'est plus en mesure de protéger les Libanais et de leur assurer une vie décente", a regretté le Premier ministre. "En toute transparence, cet Etat a perdu la confiance des Libanais", a-t-il ajouté, promettant de mener des réformes "douloureuses" pour rebâtir la confiance et des institutions solides. 

Ses propos ont suscité la colère de Libanais qui, à Jiyé, au sud de Beyrouth, dans la Békaa et au Liban-Nord, ont coupé des routes en soirée à l'aide de pneus enflammés. La voie-express du Ring à Beyrouth a également été coupée vers 22heures.

M. Diab a été nommé le 19 décembre au terme de plusieurs semaines d'un bras fer entre la rue et le pouvoir, accusé de corruption et d'incompétence. Le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d'un mouvement de contestation populaire inédit contre l'ensemble de la classe dirigeante.

Pays confronté à sa pire crise économique et financière depuis la guerre civile (1975-1990), le Liban risque de ne pas être en mesure de rembourser 1,2 milliard d'eurobonds arrivant à échéance le 9 mars et doit prendre une décision sur la possible restructuration de sa dette. 


Après avoir affirmé lundi que l'Etat n'était plus en mesure de protéger les Libanais et de leur assurer une vie décente, le...