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Auto - Reportage

Bugatti s’essaye au vert...

Aucun modèle électrique ou hybride n’est encore envisagé, mais la marque tente de se refaire une virginité en compensant ses émissions de CO2.

Une Bugatti Chiron circulant sur une route alsacienne. Patrick Hertzog/AFP

Tous les constructeurs automobiles se lancent dans l’hybride ou l’électrique, mais le français Bugatti reste un cas à part, fermement ancré sur le créneau des grandes sportives gavées d’essence. L’entreprise tente cependant de se refaire une virginité écologique en compensant ses émissions de CO2.

Son image peu en rapport avec les valeurs environnementales de plus en plus en vogue pourrait être un handicap pour Bugatti, mais le constructeur basé à Molsheim, près de Strasbourg, affiche une santé éclatante. « L’année 2019 a été excellente pour Bugatti, la meilleure depuis 1998 en termes de chiffre d’affaires, de livraisons, de résultats », note Stephan Winkelmann, le PDG de la marque. En tout, 81 voitures sont sorties de l’atelier alsacien l’année dernière. Les 450 Chiron déjà en circulation ou actuellement en production (au prix de 2,5 millions d’euros l’unité, hors taxes) et les 40 Divo (5 millions d’euros) qui leur succéderont ont déjà toutes trouvé preneur.

Et, pour l’heure, aucune Bugatti électrique ou hybride n’est envisagée. « Pour les 10 années à venir, seul le moteur W16 (à 16 cylindres) est à la hauteur de l’émotion et de la passion attendues par nos clients d’hypercars. Le W16 est le meilleur moteur que vous pouvez faire », insiste M. Winkelmann. Néanmoins, le constructeur – qui appartient au groupe Volkswagen – veut s’acheter une conduite : compte tenu de sa faible production, la marque de Molsheim est en mesure compenser à 100 % les émissions de CO2, ainsi que les rejets de son usine. « Bugatti a beaucoup de visibilité, il est donc important de faire cette démarche, d’être un exemple pour le reste de l’industrie, reprend Stephan Winkelmann. C’est plus qu’une question d’image, c’est notre responsabilité. »

Il y a actuellement moins de 700 Bugatti en circulation dans le monde et les luxueuses Veyron ou Chiron ne sortent pas très souvent sur les routes. Le propriétaire d’une Bugatti possède en moyenne… 42 voitures ! Les sportives de Molsheim roulent donc en général à peine 1 200 km par an. « En 2018, cela a représenté 1 380 tonnes d’équivalent CO2 rejetés par Bugatti et ses clients », précise Christophe Piochon, le directeur général de la marque. Pour compenser cette pollution, Bugatti, qui emploie une coordonnatrice environnement à temps plein depuis 2016, a lancé différentes actions, achetant des pans de forêt amazonienne pour éviter la déforestation sur ces parcelles et replantant plus de 4 000 arbres dans des forêts décimées par des scolytes en Alsace. L’usine est également passée au biogaz et à l’électricité verte pour avoir un niveau de rejet neutre.

De leur côté, les acheteurs n’ont pas tous l’écologie chevillée au corps. Mais « beaucoup font des dons à des associations environnementales sans qu’on soit forcément au courant », assure Tim Bravo, le directeur de la communication de la marque.

Les noms des « happy few » propriétaires d’une Bugatti sont tenus secrets. Les clients qui viennent prendre possession de leur voiture à Molsheim peuvent en tout cas visiter l’atelier de montage à la propreté clinique, où travaillent 25 mécaniciens spécialisés. Ils font ensuite un tour de découverte dans une Bugatti Chiron conduite par l’un des deux pilotes d’essai maison, Andy Wallace ou Pierre-Henri Raphanel. L’ancien pilote de F1 français ou le Britannique – vainqueur des 24 Heures du Mans en 1988 – montrent ainsi un aperçu des capacités de l’auto de 1 500 ch aux futurs propriétaires. Bien entendu, pas question de pointes de vitesse sur les routes alsaciennes : les pistes de l’aéroport de Colmar sont ainsi réservées sur certains créneaux pour laisser libre cours à la puissance inimaginable de la Bugatti Chiron Grandsport dédiée aux tests.

Quant à la consommation, « tout dépend de votre utilisation », explique Andy Wallace.

« L’autre jour, je suis allé chercher un journaliste à l’aéroport de Bâle-Mulhouse. Sur l’aller-retour (environ 230 km), avec un trafic dense et en conduisant normalement, j’ai consommé 13,5 litres aux 100 km, ce qui reste assez raisonnable pour une telle auto, dit-il. Mais s’il existait une route toute droite de 60 km et que vous maintenez l’accélérateur appuyé à fond tout le long, vous videz le réservoir de 100 litres en 7 minutes ! C’est court, mais vous aurez fait 60 km à plus de 400 km/h. »

Source : AFP

Tous les constructeurs automobiles se lancent dans l’hybride ou l’électrique, mais le français Bugatti reste un cas à part, fermement ancré sur le créneau des grandes sportives gavées d’essence. L’entreprise tente cependant de se refaire une virginité écologique en compensant ses émissions de CO2.Son image peu en rapport avec les valeurs environnementales de plus en plus en vogue pourrait être un handicap pour Bugatti, mais le constructeur basé à Molsheim, près de Strasbourg, affiche une santé éclatante. « L’année 2019 a été excellente pour Bugatti, la meilleure depuis 1998 en termes de chiffre d’affaires, de livraisons, de résultats », note Stephan Winkelmann, le PDG de la marque. En tout, 81 voitures sont sorties de l’atelier alsacien l’année dernière. Les 450 Chiron déjà en...
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