Gianna Bryant sur les épaules de son père Kobe, le 9 avril 2014. Celle que Bryant considérait comme son héritière est décédée avec lui dans l’accident de leur hélicoptère. Kent Horner/Getty Images/AFP
À 13 ans, elle intéressait déjà les plus grandes universités américaines et franchises de la WNBA, le championnat professionnel féminin : Gianna Bryant devait reprendre sur les terrains de basket le flambeau de son père Kobe, aux côtés de qui elle est morte dans l’accident de leur hélicoptère.
Quand les supporteurs des Lakers lui demandaient s’il ne regrettait pas de n’avoir eu que des filles, Kobe souriait. Le père de Natalia (17 ans), qui joue au volley-ball, de Gianna, de Bianka (3 ans) et de Capri (7 mois), pressentait qu’il avait trouvé son héritière. « C’est quelqu’un de spécial » quand elle joue au basket, avait expliqué Bryant en 2018, lors de la célèbre émission de fin de soirée de Jimmy Kimmel. « Lorsque des fans me disent devant elle, il faut que t’aies un garçon pour qu’il poursuive la dynastie, elle me dit : Je m’en occupe, ne t’inquiète pas », avait-il ajouté, très fier. Gianna, dont le prénom, comme celui de ses trois sœurs, a une consonance italienne, souvenir des années d’enfance passées en Italie par leur père, était devenue son ombre. Elle l’accompagnait à des matches de NBA et WNBA, elle se perfectionnait à ses côtés dans le gymnase de leur villa et il entraînait l’équipe de son collège. C’est d’ailleurs en se rendant en hélicoptère à un tournoi dans lequel l’équipe, dénommée la « Mamba Team » en référence à l’un des surnoms de Kobe, devait s’aligner qu’ils ont trouvé la mort. Ils étaient notamment accompagnés d’une de ses coéquipières et de ses parents.
À croire son père, modèle de professionnalisme et d’exigence durant toute sa carrière passée sous le maillot des Lakers de 1996 à 2016, Gianna, qu’il surnommait affectueusement Gigi, était comme lui obnubilée par le basket. « Ce que j’aime chez Gigi, c’est sa curiosité pour le basket, elle s’intéresse à tout. Dans des situations complexes durant un match, elle a cette faculté rare à analyser ce qui se passe et me poser la bonne question », avait expliqué l’emblématique n° 24 des Lakers au quotidien Los Angeles Times en octobre dernier. « C’est un privilège de la voir jouer et de voir comment elle se déplace sur un parquet, certaines de ses expressions aussi. C’est fou de voir comme la génétique marche », avait-il ajouté.
Gianna aurait même redonné la passion du basket à son père, dont la fin de carrière a été émaillée de graves blessures et de désillusions sportives. Son parcours était quasiment déjà tracé : elle voulait rejoindre « à tout prix », selon Kobe, l’université de Connecticut, référence du basket américain, avant de tenter sa chance en WNBA. Son père et son parrain Rob Pelinka, ancien agent de Kobe et manageur général des Lakers, lui avaient fait rencontrer des stars et des entraîneurs du basket féminin. Plus que ses illustres patronyme et ascendance, ce sont ses aptitudes sur les parquets qui avaient tapé dans l’œil, notamment de l’entraîneur de l’équipe des LA Sparks, la franchise de basket féminin basée à Los Angeles. « Ils ont la même façon de faire et la même personnalité », expliquait Derek Fisher, ancien coéquipier de Kobe aux Lakers. Elle avait même hérité d’un surnom inspiré par celui de son « Black Mamba » de père : pour beaucoup, elle était déjà « Mambacita », la petite Mamba en espagnol.
Source : AFP

