Des agents de la brigade antiémeute avançant dans une rue du cente-ville de Beyrouth lors d'affrontements avec les manifestants, le 18 janvier 2020. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
Le groupe de la société civile Beirut Madinati a réclamé dimanche la démission de tous les hauts-responsables des différents organismes sécuritaires "qui sont directement responsables des incidents" de samedi, lorsque le centre-ville de Beyrouth s'est transformé en champ de bataille opposant contestataires du pouvoir en place et forces de l'ordre.
Dans un communiqué publié dans la soirée de samedi sur sa page Facebook, Beirut Madinati a réclamé que "tous les révolutionnaires arrêtés soient libérés", appelant à l'ouverture d'enquêtes portant sur les attaques contre les manifestants. "Nous réclamons la démission des hauts responsables des organes sécuritaires qui sont directement responsables des incidents" du centre-ville de Beyrouth, "alors qu'ils continuent de défendre les voleurs et les corrompus", ajoute le texte.
Le groupe a encore estimé que "les autorités criminelles ne comprennent pas que les tentatives de museler les révolutionnaires et toutes les pratiques violentes ne font qu'attiser la révolution et la colère des gens". "Ils ne comprennent pas que l'injustice, la douleur et la faim fédèrent les Libanais et les Libanaises et leur explosent maintenant à la figure, affirme le groupe. Ils ne comprennent pas qu'il n'y aura plus de retour en arrière et qu'un gouvernement de quote-parts politiques ne passera pas".
"Nous ne paierons pas le prix de votre échec à poursuivre vos tractations douteuses et vos partages du gâteau et nous ne nous laisserons pas décourager par vos pratiques miliciennes", a ajouté l'organisation de la société civile. "Nous continuerons à avoir recours à tous les moyens d'escalade légitimes jusqu'à ce que les autorités respectent nos demandes", souligne encore Beirut Madinati.
Samedi, alors que les manifestations avaient commencé dans le calme avec plusieurs marches prévues dans la capitale libanaise, la situation a totalement dérapé en fin d'après-midi dans le centre-ville où des heurts violents ont fait des centaines de blessés. Toute la soirée, les rues du centre se sont transformées en champ de bataille où manifestants et forces de l'ordre échangeaient jets de pierres, feux d'artifice et tirs de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Un calme précaire était revenu dans la soirée, vers 21h30, après une journée considérée par de nombreux observateurs comme la plus violente depuis le début du mouvement de contestation contre la classe dirigeante, il y a plus de trois mois.

