Saad Hariri (g) accueillant le Premier ministre désigné, hier à la Maison du Centre. Photo Dalati et Nohra
Chargé jeudi de former le prochain gouvernement, Hassane Diab a achevé hier après-midi une tournée protocolaire auprès des ex-Premiers ministres – à l’exception de Nagib Mikati, qui se trouve en dehors du Liban – qu’il a entamée par une visite auprès du chef du gouvernement sortant, Saad Hariri. « L’atmosphère est positive. Nous allons poursuivre nos contacts avec Saad Hariri qui a adopté hier (jeudi) une position d’homme d’État en affirmant son attachement à la stabilité du pays », a déclaré M. Diab à l’issue de cette réunion à la Maison du Centre. « M. Hariri s’est dit disposé à coopérer en ce sens », a souligné M. Diab. « En tant qu’expert indépendant, je cherche à former un gouvernement d’experts indépendants pour résoudre les problèmes du pays », a-t-il ajouté, indiquant qu’un entretien devrait avoir lieu avec le mufti de la République libanaise, Abdellatif Deriane, à l’issue de sa tournée protocolaire auprès des ex-Premiers ministres.
Hassane Diab s’est ensuite entretenu avec Salim Hoss. « Je comprends la douleur et les demandes des manifestants, mais ils doivent nous donner l’opportunité de former un gouvernement d’exception qui puisse traiter les dossiers », a-t-il déclaré plus tard, avant de poursuivre : « Nous aurons une équipe de travail unifiée. »
Le PM désigné s’est également entretenu avec Fouad Siniora. « Je suis prêt à m’entretenir avec des représentants du mouvement de contestation », a-t-il déclaré à l’issue de cet entretien avant de se rendre auprès de Tammam Salam. Interrogé sur l’éventualité que les contestataires empêchent la tenue des consultations parlementaires non contraignantes, Hassane Diab a répondu : « Je crois que le mouvement veut une résolution des crises économiques et sociales. »
Dans un entretien publié dans la journée sur le site d’information allemand Deutsche Welle, Hassane Diab a exprimé l’espoir que le gouvernement soit formé dans un délai d’« un mois à six semaines » et a affirmé s’attendre à un soutien total des États-Unis et de l’Europe à son équipe. « Tout le monde est prêt à coopérer afin que le Liban puisse jouir d’un gouvernement exceptionnel qui ne ressemble pas aux anciens gouvernements, qu’il s’agisse du nombre de technocrates ou de celui des femmes », a-t-il déclaré.
« Je pense que les Américains, lorsqu’un tel gouvernement sera formé, apporteront leur soutien car il s’agira d’un gouvernement chargé de sauver le Liban » de la crise actuelle, a ajouté M. Diab. « Les gouvernements des dix dernières années ont mis un an à se former. Je compte former un gouvernement dans les quatre prochaines semaines ou dans un délai n’excédant pas six semaines », a-t-il poursuivi, avant de qualifier de « ridicule » le raisonnement selon lequel le prochain gouvernement sera dominé par le Hezbollah. « Ce gouvernement aura le visage du Liban et ne sera pas le gouvernement d’une seule faction politique », a-t-il insisté.

