Le chef de l’État et le Premier ministre sortant se sont rejeté hier la responsabilité du report des consultations parlementaires. Saad Hariri a expliqué avoir demandé le report des consultations pour la désignation d’un Premier ministre en raison des positions du Courant patriotique libre et des Forces libanaises. « Dans le cadre des contacts politiques avant les consultations prévues aujourd’hui, il est apparu que le bloc parlementaire du CPL s’apprêtait à confier au président de la République ses voix pour qu’il en dispose à sa guise quant au choix du Premier ministre », a affirmé un communiqué du bureau de presse du Premier ministre sortant, estimant que cela constituait « une atteinte à la Constitution ». En outre, a ajouté le communiqué, « Hariri a été informé à l’aube de la décision des Forces libanaises de ne pas nommer (un Premier ministre sortant) ou de ne pas participer à la nomination de qui que ce soit lors des consultations. Tout cela aurait conduit à une désignation sans la participation d’un bloc chrétien de poids, ce qui est en contradiction avec l’attachement constant du président Hariri aux impératifs de l’entente nationale », a poursuivi le texte.
Par conséquent, M. Hariri s’est entendu avec le chef du législatif Nabih Berry pour demander au président Michel Aoun le report pour quelques jours des consultations, « afin d’éviter au pays des problèmes constitutionnels et nationaux venant s’ajouter à la crise économique, sociale et financière ».Quant au courant du Futur, il a estimé que « la décision de certains blocs parlementaires de ne nommer personne lors des consultations, annoncée quelques heures avant le début de ces dernières, est suspecte ». « Il y a une convergence d’intérêts dans la position prise par le CPL il y a quelques jours de se ranger dans les rangs de l’opposition, et celle des FL la nuit dernière de ne nommer personne lors des consultations. La traduction politique de ces deux positions est qu’elles s’accordent sur le fait de ne pas nommer Saad Hariri », a conclu le Futur.
La présidence répond
Réagissant à la prise de position de M. Hariri, le bureau de presse de la présidence de la République a publié un communiqué affirmant : « Le président Aoun est attaché à la Constitution et n’a besoin des leçons de personne (...) Prendre prétexte que ce dernier dispose d’un blanc-seing de certains parlementaires pour demander le report des consultations n’est qu’une façon d’en justifier le report et d’en ignorer sciemment les causes », a ajouté le palais présidentiel.Pour sa part, le Courant patriotique libre a souligné dans un communiqué que « pour la seconde fois, le président de la République répond favorablement à la demande du chef du courant du Futur, Saad Hariri, de reporter la date des consultations parlementaires pour des raisons qui concernent ce dernier ».
« Au vu de la gravité de la situation, il appelle à cesser de perdre du temps et à accepter la proposition du bloc du Liban fort (affilié au CPL) qui porte sur un gouvernement de sauvetage efficace et composé de personnes qualifiées, intègres (...) », souligne la formation aouniste.Le CPL a donc appelé M. Hariri à « proposer un nom qui fasse consensus pour son intégrité et sa capacité à présider le gouvernement », assurant qu’il est « prêt à participer à la naissance d’un tel gouvernement (...). Dans le cas contraire, le CPL n’est pas concerné par tout gouvernement voué à l’échec et qui ne garantit pas de travailler pour un changement des politiques monétaires et économiques et de lutter contre la corruption tout en appliquant les réformes (...) ».


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