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Le Mimodactylus libanensis décroche la reconnaissance de la communauté scientifique internationale

Paléontologie

C’est le squelette fossilisé d’un ptérosaure le plus complet jamais découvert au Moyen-Orient et en Afrique, c’est aussi une espèce de ptérodactyle jusque-là inconnue. Le vertébré volant, vieux de 95 millions d’années, a été exhumé dans le caza de Jbeil, au Liban.

May MAKAREM | OLJ
17/12/2019

L’étude menée par des paléontologues de l’Université Alberta au Canada sur le squelette fossilisé d’un ptérosaure découvert il y a une dizaines d’années dans une carrière à Hjoula dans le casa de Jbeil, au Liban, vient d’être publiée dans la prestigieuse revue Nature et reprise par différents magazines en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Chine. Cette étude est une reconnaissance scientifique et internationale de ce nouveau spécimen de ptérosaure et de son nom : Mimodactylus libanensis, en référence au pays où ce fossile a été découvert et en l’honneur du musée mim qui a réussi à l’acquérir en 2017 alors qu’il était convoité par le musée de Houston aux États-Unis. Le Mimodactylus libanensis est le ptérosaure le plus complet découvert jusqu’à présent non seulement au Liban, mais aussi au Moyen-Orient et sur le continent africain.

Le Mimodactylus libanensis, vieux de 95 millions d’années, est dans un état de conservation exceptionnelle. Il permet de donner une image précise de cet animal qui a volé dans le ciel du jurassique et du crétacé, au-dessus de la tête des dinosaures, pendant 150 millions d’années avant de disparaître, comme son congénère le dinosaure il y a 65 millions d’années.

Appartenant au groupe des reptiles volants qui sont apparus il y a 250 millions d’années à l’ère mésozoïque (appelé anciennement ère secondaire ou ère des reptiles), les ptérosaures vivaient autour de la mer de Tethys, un ancien océan dont il ne reste plus aujourd’hui que la mer Méditerranée. « Ces extraordinaires animaux ne sont pas les ancêtres des oiseaux et n’étaient pas non plus des dinosaures, mais leurs cousins et contemporains. Les oiseaux dérivent d’un groupe de dinosaures carnassiers, ils ne sont pas apparentés aux reptiles volants. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas laissé de descendance après leur extinction suite au grand bouleversement climatique il y a 66 millions d’années », explique Salim Eddé, fondateur du musée mim.


(Lire aussi : Salim Eddé et ses « mim et une merveilles »)


Le Mimodactylus libanensis

Outre les insectes, « les ptérosaures sont les premiers vertébrés à développer la capacité de voler. Ils ont été les premiers êtres volants à squelette. Avant les oiseaux modernes, les vertébrés qui ont conquis les cieux sont les ptésoridés. Leur variété et la diversité de leur taille étaient très grandes. Les découvertes de fossiles un peu partout dans le monde ont conduit les scientifiques à affirmer qu’il existait autant d’espèces de ptérosaures que d’oiseaux aujourd’hui », ajoute M. Eddé.

Certains spécimens, surnommés les géants des airs, déployaient des ailes aussi imposantes que celles d’un avion, et d’autres encore pouvaient atteindre la taille d’une girafe.

Le spécimen baptisé Mimodactylus libanensis mesure 1m 40. À l’instar des autres ptérosaures, il ne porte pas de plumes ; il a un large crâne, une queue courte et une tête fendue d’une énorme mâchoire renfermant des dents, outil idéal pour la chasse aux poissons ou aux insectes qui pullulaient sur terre. Contrairement aux oiseaux qui se déplacent sur deux pattes, cette créature, quand elle ne volait pas, marchait à quatre pattes, et ce grâce à « ses ailes repliées verticalement », explique Salim Eddé. Ses pattes arrière comportent chacune quatre doigts, dont un très long et effilé soutenait l’aile de l’animal. « La famille des ptérosaures n’a jamais eu d’équivalence parmi les êtres volants ; elle est restée sans descendance. ».

Salim Eddé relève que « la famille des ptérosaures n’a jamais eu d’équivalence parmi les êtres volants ».

Une reconstitution à grande échelle du reptile et un hologramme (une technique photographique qui représente une image tridimensionnelle apparaissant comme « suspendue dans l’air » ), ainsi qu’un film autostéréoscopique, technique qui donne une impression de tridimensionnalité due à une illusion d’optique, complètent l’exposition du squelette fossilisé. De même, un jeu intitulé « Voler avec mimo » (surnom donné au Mimodactylus libanensis) est proposé : une caméra capture les mouvements du visiteur et les reflète en conséquence sur le reptile volant à l’écran.



Chefs-d’œuvre de la nature

Inauguré en 2013, le musée mim abrite l’une des plus importantes collections privées de minéraux au monde, des chefs-d’œuvre sculptés au fil de plusieurs millions d’années dans les obscures entrailles de la nature, par les changements climatiques, des combinaisons chimiques toujours complexes, des associations d’atomes jamais banales.

La collection, qui compte actuellement environ 2 000 spécimens représentant 450 espèces différentes originaires de plus de 70 pays du monde, s’est enrichie récemment de trois nouveaux trophées : un bloc de 54 kilos représentant un étonnant bouquet d’aigues-marines, ponctué de grenats, extrait d’une fente montagneuse aux confins du Pakistan ; une magnifique fluorite rouge de forme pyramidale provenant de Suisse ; et un monolithe de pyrite chinoise. « Chaque fois qu’il y a une découverte ou une collection qui se défait, on me propose les plus beaux échantillons », explique Salim Eddé, comme pour expliquer ses acquisitions. Parmi les trésors, on peut voir des métaux précieux à l’état naturel – comme l’argent et l’or – ainsi que d’autres substances réputées précieuses : rubis, topazes et émeraudes, etc. Tous les spécimens, à l’exception de l’argent et de l’or, ont été spécialement sélectionnés pour leur transparence, leur couleur et leurs formes géométriques.

À ce temple des pierres, s’est ajoutée en 2016 une nouvelle section dédiée à la paléontologie libanaise. Les plus beaux fossiles d’espèces marines, qui font partie de la collection privée de la famille Abi Saad, sont exposés. Datant de 100 millions à 90 millions d’années, ils sont particulièrement reconnus dans le monde pour la qualité de leur conservation et leur variété.

À cela viennent s’ajouter les acquisitions du mim : les grands rayons et les fossiles de tortue, le serpent bipède, le lézard, le grand requin, le cœlacanthe et la pieuvre, sans oublier, bien sûr, le Mimodactylus libanensis.

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Sissi zayyat

A quand un grand musée sur notre territoire où le Liban, pays encestral pourrait exposer les trésors et les fossiles découverts sur son sol?
Malgré les multiples et riches inventions des aïeuls en passant par les phéniciens a nos jours, le Liban reste très en retard pour raconter les vestiges historiques et l'évolution de cette partie du monde.
Ses vestiges historiques ne sont connus que par les quelques milliers de personnes qui ont pu visiter le Liban quand cela était encore possible.
À chaque fois qu'un événement avait lieu dans les quatre coins du monde où le Liban était représenté j'en sortais déçue de la pauvreté des objets exposés et surtout des commentaires avares et très vagues sur ce pays et son peuple.
Malheureusement notre seule réputation répandue dans tout l'univers est celle de nos guerres fratricides et des magouilles. Et celà a réussi à gommer la vertu de notre pays et de son peuple.
Malheureusement c'est encore et toujours d'actualité

Eddy

Bonne découverte, en esperant decouvrir une solution qui nous sauve.

Jack Gardner

Interessant!

Mais pas aussi vieux qu’Aoun et Berri!

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