Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Environnement

La COP25, une occasion « ratée » de répondre à l’urgence climatique

La conférence qui a eu lieu à Madrid a adopté hier un accord a minima.

Le ministre chilien de l’Environnement, président de la COP25, lors de la session finale de la conférence, hier à Madrid. Oscar del Pozo/AFP

La communauté internationale réunie à Madrid pour la COP25 a « raté une occasion importante » d’être à la hauteur de la « crise climatique », a regretté hier le secrétaire général de l’ONU à peine la réunion terminée. « Je suis déçu du résultat de la COP25 », a déclaré Antonio Guterres dans un communiqué. « La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande en matière d’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre), d’adaptation et de financement de la crise climatique, a-t-il insisté. Nous ne devons pas abandonner et je n’abandonnerai pas. »

Après une année marquée par des catastrophes climatiques tous azimut, les appels vibrants de millions de jeunes descendus dans la rue derrière la jeune Suédoise Greta Thunberg et des rapports scientifiques toujours plus glaçants, les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris étaient sous une pression sans précédent pour cette COP25 présidée par le Chili mais délocalisée à Madrid en raison de la crise qui frappe le pays d’Amérique du Sud.

Mais au terme de cette conférence qui a débordé de plus de 40 heures son programme initial, tout le monde n’a pas vu dans les textes adoptés hier le reflet de cette demande d’actions radicales et immédiates. Cette COP « laisse un goût doux-amer », a commenté la ministre espagnole de l’Environnement Teresa Ribera.

Le texte final appelle effectivement à des « actions urgentes » pour réduire l’écart entre les engagements et les objectifs de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5° C. Mais le langage est « tortueux » et le résultat « médiocre », a estimé Catherine Abreu, du Climate Action Network.

Lointain souvenir

« Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n’ont pas répondu aux attentes », a déclaré Laurence Tubiana, architecte de l’Accord de Paris, notant toutefois que l’alliance des États insulaires, européens, africains et latino-américains, avait permis d’ « arracher le moins mauvais résultat possible contre la volonté des grands pollueurs ».

Un projet de texte sur les ambitions présenté samedi par la présidence chilienne avait provoqué une levée de boucliers de ces États, forçant à un nouveau round de consultations. Mais malgré les améliorations, certains pays particulièrement touchés par les dérèglements climatiques ont exprimé leur colère. Le résultat « n’est pas proche du tout de ce que nous voulions. C’est le strict minimum », a dénoncé la représentante climat des îles Marshall Tina Stege.

« Ces discussions reflètent le décalage entre les dirigeants, d’un côté, et l’urgence montrée par la science et les demandes des citoyens dans les rues, de l’autre », résume Helen Mountford, du think tank World Resources Institute, estimant que l’esprit de l’Accord de Paris n’était plus qu’un « lointain souvenir ».

Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5° C d’ici à la fin du siècle. Et même si les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris respectaient leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3° C.

Alors pour tenter de réduire cet écart, tous les États doivent soumettre d’ici à la COP26 à Glasgow l’année prochaine une version révisée de leurs plans de réduction d’émissions. Mais les deux semaines de discussions ont mis en pleine lumière une division flagrante au sein de la communauté internationale en matière d’ambition.

Nous n’abandonnerons pas

Sans surprise, quasiment aucun des grands pays émetteurs n’a fait d’annonce significative pour rehausser ses ambitions, ni donné de signe clair d’une telle intention pour 2020. Évidemment pas les États-Unis qui quitteront l’Accord de Paris en novembre prochain, mais pas non plus la Chine ou l’Inde. Ces deux grandes économies insistent, avant d’évoquer leurs propres engagements révisés, sur la responsabilité des pays développés de faire plus et de respecter leur promesse d’aides financières aux pays en développement.

Également dans le collimateur des défenseurs de l’environnement, l’Arabie saoudite, ainsi que le Brésil et l’Australie, tous deux accusés de vouloir introduire des dispositions décriées dans les règles sur les marchés carbone. Malgré un an de discussions et des tractations intenses ces derniers jours, l’adoption de ce dernier reliquat du manuel d’utilisation de l’Accord de Paris a de nouveau été reportée.

Parmi les grands émetteurs, nombre d’observateurs ont au contraire souligné le rôle positif de l’UE qui a endossé cette semaine à Bruxelles l’objectif de neutralité climatique d’ici à 2020, malgré les réserves de la Pologne. L’UE doit maintenant s’atteler à la tâche de présenter en 2020 un rehaussement de ses engagements pour 2030, ce qui pourrait donner le signal à ses partenaires internationaux de suivre l’exemple. Les Britanniques qui organiseront la COP26 ont, eux, promis de tout faire pour que Glasgow soit un succès.

Greta Thunberg a d’ores et déjà prévenu que cette année de préparation se ferait sous la pression de la rue. « La science est claire, mais la science est ignorée. Quoi qu’il arrive, nous n’abandonnerons pas. Nous ne faisons que commencer », a-t-elle lancé sur Twitter.

Source : AFP

La communauté internationale réunie à Madrid pour la COP25 a « raté une occasion importante » d’être à la hauteur de la « crise climatique », a regretté hier le secrétaire général de l’ONU à peine la réunion terminée. « Je suis déçu du résultat de la COP25 », a déclaré Antonio Guterres dans un communiqué. « La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande en matière d’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre), d’adaptation et de financement de la crise climatique, a-t-il insisté. Nous ne devons pas abandonner et je n’abandonnerai pas. »Après une année marquée par des catastrophes climatiques tous azimut, les appels vibrants de millions de jeunes descendus dans la rue derrière...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut