Le président libanais Michel Aoun recevant le 13 décembre 2019 au palais de Baabda le coordonnateur spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Liban, Jan Kubis. Photo Ani
Le président libanais Michel Aoun a reçu vendredi le coordonnateur spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Liban, Jan Kubis, deux jours après la réunion du Groupe international de soutien au Liban (GIS) lors de laquelle la communauté internationale a conditionné toute aide financière à la formation d'un gouvernement "capable et crédible". Dans ce cadre, le chef de l'Etat a également reçu l'ambassadeur de Grande-Bretagne, Chris Rampling.
M. Kubis a souligné, sur son compte Twitter, que "la crise au Liban nécessite la formation urgente d'un gouvernement compétent, crédible et inclusif, qui soit soutenu par le peuple et déterminé à mettre en œuvre de profondes réformes, de manière transparente". Il a souligné que la mise sur pied d'un tel cabinet est "la condition pour obtenir le soutien de la communauté internationale". "Il n'y aura, cette fois-ci, ni de chèque en blanc ni de renflouement" sans condition.
Le diplomate onusien s'est par ailleurs entretenu "des moyens de faire avancer les choses" avec le Premier ministre sortant, Saad Hariri. Il a enfin été reçu par "des cadres du Hezbollah, avec qui il a discuté des conclusions de la réunion du GIS et de la situation économique et politique en prévision des consultations parlementaires" prévues lundi.
Depuis le 17 octobre, le Liban est en proie à une contestation sans précédent contre l'ensemble de la classe politique, jugée incompétente et corrompue. Le mouvement, déclenché par l'annonce d'une nouvelle taxe, a entraîné la démission du Premier ministre Hariri le 29 octobre dernier. Mais les tractations pour la formation d'un nouveau cabinet traînent, au grand dam des manifestants qui réclament une équipe de technocrates et de personnalités indépendantes. La situation économique et financière du Liban, déjà très précaire avant le début de la contestation, s'est profondément dégradée depuis, avec des restrictions bancaires croissantes et une pénurie de liquidités.

