L’un des camions de Abdel Fattah a bloqué l’entrée de la branche du Crédit libanais à Barr Élias durant deux jours. Photo Sarah Abdallah
Un entrepreneur, furieux du fait que son compte est bloqué dans une banque de la Békaa, a fermé l’accès à une branche du Crédit libanais à Barr Élias durant deux jours à l’aide d’un de ses camions. Suite à des pressions de personnages influents et des promesses de déblocage rapide, Ali Abdel Fattah a décidé de donner une chance à la banque jusqu’à lundi, déplaçant son camion de devant cette branche. Mais au cas où les mêmes mesures continueraient de s’appliquer à son cas, il menace de bloquer à nouveau la branche de Barr Élias et d’autres branches à Chtaura et Ferzol également.
Les banques libanaises ont pris depuis octobre des mesures de contrôle des capitaux en raison de la crise de liquidités qui secoue le pays. Des plafonds sont imposés aux retraits des clients, qui n’ont accès à leurs comptes qu’au compte-gouttes.
Ali Abdel Fattah est originaire de Majdel Anjar. Il est propriétaire d’une compagnie de transport terrestre de marchandises, principalement vers les pays du Golfe, pour le compte d’autres commerçants. Il a un compte courant à la banque du Crédit libanais. Depuis le début de la révolution qui a éclaté le 17 octobre, il demande à retirer une grosse somme d’argent pour faire fonctionner son entreprise. Il a confié à notre correspondante Sarah Abdallah qu’il a un grand compte dans cette banque et qu’il a urgemment besoin de débloquer d’importantes sommes parce que chaque va-et-vient de camion coûte entre 3 500 et 4 000 dollars. Pour le transport de produits frais comme les légumes, notamment, il faut en effet payer des droits de passage dans chaque pays traversé.
Devant l’urgence de la situation, Ali Abdel Fattah n’a pas donc trouvé d’autre moyen de pression que celui de bloquer l’accès à la branche de Barr Élias durant deux jours et empêcher le travail de s’y poursuivre. « Si les autorités avaient une idée plus précise des fonds en dollars que drainent les compagnies de transport, elles les auraient soutenues au lieu de bloquer leur argent », déplore-t-il. « Il y a des manques actuellement sur le marché libanais, ce qui fait fluctuer le prix des marchandises, si l’on ne laisse pas le transport se faire naturellement », poursuit-il, citant en exemple un chargement de sucre qui devrait incessamment arriver au pays.


Bravo pour l'idée du blocage avec le camion !
19 h 45, le 13 décembre 2019