Dans l’affaire de l’incendie du Rest House à Tyr, le 18 octobre dernier aux tous premiers jours de la révolte populaire, quatre détenus ont été relâchés mercredi, alors que sept autres demeuraient sous les verrous hier.
Ce complexe touristique de cette ville côtière du Sud avait été incendié et vandalisé durant une manifestation cette nuit-là. De nombreux jeunes avaient été arrêtés le même jour, mais beaucoup ont été libérés très rapidement, alors que 18 étaient restés détenus pendant plus d’un mois, sachant que deux sont mineurs et le reste de très jeunes adultes.
L’avocat Hassan Bazzi, qui fait partie du groupe d’avocats qui représentent ces jeunes (ou une grande partie d’entre eux) de manière volontaire, a confirmé hier à L’Orient-Le Jour que quatre jeunes avaient été libérés mercredi grâce à leurs efforts. Les deux mineurs font partie du lot. Les détenus de Tyr sont déférés devant le premier juge d’instruction du Sud, le juge Marcel Haddad.
« Il y a toujours sept détenus, dont quatre que nous représentons, derrière les barreaux, poursuit-il. S’ils n’ont pas été libérés avec les autres, c’est que le juge estime que leur responsabilité dans les actes de vandalisme pourrait encore être établie, alors que ceux qui ont été libérés ont été innocentés. Or nous pensons que tous doivent être considérés comme innocents, étant donné que les vidéos des caméras de surveillance montrent des milliers de manifestants dans le complexe touristique en feu, et qu’il est impossible de distinguer ceux qui sont coupables et ceux qui ne faisaient que participer au mouvement. Pourquoi ces jugements discrétionnaires ? »
Pour ce qui est des sept jeunes gens qui demeurent en détention, Hassan Bazzi s’attend à ce qu’ils soient libérés lundi. « Le juge Haddad avait refusé, précédemment, de libérer les quatre individus mercredi, c’est notre recours auprès de la Chambre d’accusation du Sud qui nous a permis de les relâcher, rappelle-t-il. S’il en est de même lundi, nous aurons recours à ce même procédé. »
L’arrestation de manifestants est de plus en plus contestée alors même que des agresseurs, qui ont été identifiés comme ayant attaqué des protestataires en plusieurs endroits, ne sont jamais inquiétés. Régulièrement, les parents de ces jeunes détenus de Tyr observent des sit-in devant le Palais de justice de Saïda pour demander la libération de leurs proches.


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