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Sport - Athlétisme

La Ligue (de diamant) de la discorde

Pour Sebastian Coe, président de World Athletics (ex-IAAF), la réforme est censée rendre la Ligue de diamant plus « dynamique » et plus lisible, afin d’adapter l’athlétisme aux besoins du grand public. Valery Hache/AFP

C’est une réforme qui sème la zizanie : en décidant de raccourcir les meetings de la Ligue de diamant et d’en exclure plusieurs disciplines, la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics ; ex-IAAF) a provoqué l’indignation des athlètes, qui tentent de s’organiser pour être mieux entendus à l’avenir par l’instance.

L’objectif de World Athletics est clair : satisfaire les diffuseurs en leur proposant un programme concentré sur 90 minutes avec une seule finale, à Zurich, au lieu de deux précédemment. Les quatre épreuves mises sur la touche (200 m, triple saut, 3 000 m steeple, lancer du disque) ne disparaissent pas totalement du paysage, le 200 m et le 3 000 m steeple seront au menu de 10 étapes sur 15 du circuit majeur de la saison (5 pour les dames, 5 pour les hommes), tandis que le triple saut et le lancer du disque disposeront d’une place dans deux réunions (1 pour les dames, 1 pour les hommes), mais en dehors du créneau de retransmission télévisée.

Il n’empêche, les principaux intéressés sont furieux, y voyant un manque de respect et de considération de la part de World Athletics avec des conséquences importantes sur leurs revenus. Un groupement d’athlètes américains a ainsi qualifié la réforme de « faux pas majeur », ajoutant que World Athletics et les organisateurs de la Ligue de diamant « se sont montrés complètement déconnectés du sport qu’ils sont censés développer et protéger ». Le recordman du monde du décathlon Kevin Mayer a, lui, regretté que l’athlétisme soit « esclave de la télé ». La légende de l’athlétisme américain Carl Lewis a été encore plus radical sur Twitter : « Avec la structure actuelle, il est impossible d’avoir le sport dont nous rêvons. Le seul espoir pour tous les athlètes est de quitter le système des fédérations et de négocier avec le CIO pour les Jeux olympiques. Vous pourriez ensuite créer votre propre Ligue mondiale en négociant avec les meetings du monde entier. »

Voix au chapitre

Sans aller aussi loin que « King Carl », la riposte commence à s’organiser avec la création d’une Association internationale des athlètes par le double champion olympique américain du triple saut Christian Taylor, qui a rencontré vendredi dernier à Monaco le président de World Athletics, Sebastian Coe. « Le plus important, c’est que les athlètes aient voix au chapitre pour défendre leurs droits et exprimer leurs points de vue sur les décisions prises. Nous pensons que la direction qui a été prise n’est pas la bonne », a expliqué Taylor, qui affirme compter déjà plusieurs centaines de membres, dont Kevin Mayer. Taylor s’est réjoui de voir le conseil de World Athletics accueillir, avec droit de vote, deux membres de la commission des athlètes, le recordman du monde français du saut à la perche Renaud Lavillenie et la lanceuse de poids néo-zélandaise Valerie Adams, « mais ce n’est pas la finalité », selon lui. « Il faut voir comment on peut travailler ensemble. Car toute cette histoire est liée à un manque de communication », a-t-il poursuivi.

Pour Sebastian Coe, soucieux depuis son élection en 2015, surtout après la retraite de la superstar jamaïcaine du sprint Usain Bolt en 2017, d’adapter l’athlétisme aux besoins du grand public, cette réforme est censée rendre plus « dynamique » et plus lisible la Ligue de diamant. Pour calmer la fronde, World Athletics a annoncé le lancement en 2020 du Continental Tour, sorte de 2e division anciennement appelée World Challenge, qui aura notamment pour fonction de regrouper les disciplines éjectées de la Ligue de diamant, mais avec toutefois un prize-money bien inférieur (6 000 dollars la victoire contre 10 000 en Ligue de diamant).

Source : AFP

C’est une réforme qui sème la zizanie : en décidant de raccourcir les meetings de la Ligue de diamant et d’en exclure plusieurs disciplines, la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics ; ex-IAAF) a provoqué l’indignation des athlètes, qui tentent de s’organiser pour être mieux entendus à l’avenir par l’instance.L’objectif de World Athletics est clair : satisfaire les diffuseurs en leur proposant un programme concentré sur 90 minutes avec une seule finale, à Zurich, au lieu de deux précédemment. Les quatre épreuves mises sur la touche (200 m, triple saut, 3 000 m steeple, lancer du disque) ne disparaissent pas totalement du paysage, le 200 m et le 3 000 m steeple seront au menu de 10 étapes sur 15 du circuit majeur de la saison (5 pour les dames, 5 pour les hommes), tandis...
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