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"La Russie pourrait faciliter la restauration de l'hégémonie syrienne" sur le Liban, prévient l'ex-ambassadeur Feltman

OLJ
20/11/2019

L'ancien ambassadeur américain au Liban Jeffrey Feltman, qui a également occupé de hauts postes au sein de la diplomatie US et de l'ONU et qui est actuellement expert invité au centre Brookings, a affirmé mardi que la Russie pourrait "faciliter la restauration de l'hégémonie du régime syrien sur le Liban", au moment où le pays du Cèdre connaît un mouvement de contestation populaire inédite contre le pouvoir politique accusé de corruption.

Lors d'une séance d'audience, en sa qualité personnelle, devant la sous-commission parlementaire américaine des Affaires étrangères pour le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et le Terrorisme international, Jeffrey Feltman a commencé par dire que "les manifestations actuelles au Liban ne sont pas à propos des Etats-Unis, et nous devons éviter tout ce qui peut détourner l'attention vers les Etats-Unis. Mais le résultat de ces manifestations pourrait affecter les intérêts américains positivement ou négativement".

"(...) Bachar el-Assad, dictateur prétendument homme fort qui dépend de manière embarrassante sur la Russie, le Hezbollah et l'Iran pour réaffirmer son contrôle sur la plupart de la Syrie, aimerait sans aucun doute se présenter en tant que puissance régionale en renversant son humiliation de l'année 2005 (...) (date du retrait des troupes syriennes qui occupaient le Liban depuis 30 ans, ndlr)", a estimé Jeffrey Feltman.

"La Russie, qui n'avait jamais été satisfaite de la focalisation du président Georges W. Bush sur la liberté du Liban, pourrait être ravie de faciliter la restauration de l'hégémonie syrienne sur son petit voisin (le Liban, ndlr), surtout en tant que couverture pour ses propres objectifs au Liban", a encore affirmé l'ancien diplomate.

Lundi, la porte-parole du département d’État américain s’était de son côté livrée à une attaque en règle contre la Russie, l’accusant de vouloir "mettre en doute les revendications" du mouvement de contestation au Liban avec des "paroles creuses", et assurant que les États-Unis se tenaient au contraire "aux côtés du peuple libanais". Bien que la Russie n’ait pas récemment commenté le mouvement de contestation qui secoue le Liban depuis le 17 octobre, la porte-parole, Morgan Ortagus, avait mis en ligne sur Twitter une vidéo de près de trois minutes critiquant la position de Moscou à son égard.

Les déclarations américaines interviennent alors que le Hezbollah estime que des "ambassades" ont tenté de récupérer le mouvement de contestation et de renverser le pouvoir. Au début de la révolte, le chef du parti Hassan Nasrallah avait accusé les contestataires d’être menés par certaines parties politiques et financés par les ambassades de pays étrangers.

Dans ce contexte, un haut responsable du département d'Etat, David Hale, également ex-ambassadeur au Liban, a confirmé lors d'une audition à huis clos, le 6 novembre, par la commission parlementaire qui a engagé une procédure de destitution contre le président américain Donald Trump, que la Maison Blanche a gelé depuis l'été dernier une aide militaire au Liban, sans fournir de raison au reste de l'administration américaine.

Le gel de l'aide a été décidé avant l’actuelle crise politique née de la démission, le 29 octobre, sous la pression de la rue, du Premier ministre Saad Hariri, un allié des Occidentaux, sous la pression des manifestations anti-corruption.

Une dépêche de l'agence Reuters publiée le 31 octobre dernier, soit deux jours après la démission du Premier ministre Saad Hariri sous la pression de la rue, cite deux officiels américains déclarant que l'administration Trump a suspendu une aide militaire de 105 millions de dollars. Quelques jours plus tard, un responsable du département d’Etat indiquait à la chaîne al-Hurra que les Etats-Unis n’ont retardé aucune dépense et aucun achat d’équipement militaire américain pour l’armée libanaise.

Depuis 2006, le gouvernement américain a fourni au Liban plus de 1,7 milliard de dollars d’assistance en matière de sécurité.

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