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Liban - Disparition

Les hommages à l’ancien ministre Michel Eddé continuent d’affluer

Pour Saad Hariri, « le Liban a perdu, avec Michel Eddé, une personnalité qui s’est distinguée par sa sagesse et sa culture politique mises au service du Liban et de la cause palestinienne ». Photo d’archives

Les hommages de personnalités politiques de tous bords continuaient d’affluer hier, au lendemain du décès de l’ancien ministre Michel Eddé, président d’honneur de L’Orient-Le Jour.En tête des réactions, celle du chef du gouvernement sortant, Saad Hariri, qui a écrit sur son compte Twitter qu’« avec le décès de Michel Eddé, le Liban a perdu une personnalité qui s’est distinguée par sa sagesse et sa culture politique mises au service du Liban et de la cause palestinienne, et qui a donné une plus-value à la bonne gouvernance pendant des décennies ».

Pour le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, Michel Eddé est « l’un des plus grands intellectuels, hommes politiques et hommes d’État aux mains propres ». « Il nous quitte à un moment délicat de l’histoire du Liban, dont la deuxième République se fissure et s’effondre », a indiqué le leader druze sur Twitter, avant de souligner : « Nous avons tellement besoin aujourd’hui de personnes comme lui pour dessiner une feuille de route qui puisse mettre un terme à l’incohérence, la stérilité, la cupidité et l’obsession complotiste de la classe dirigeante. »

Selon Marwan Hamadé, député joumblattiste, « le départ de Michel Eddé constitue, sur les plans personnel, professionnel et national, une perte monumentale ». « Ce n’est pas seulement la page d’un passé souriant, généreux et éthique qui se tourne, c’est aussi la perspective d’un Liban à son image, libre, indépendant, prospère et engagé qui s’efface. C’est enfin l’espoir qui s’estompe d’une Palestine retrouvée, d’une arabité plus humaniste, d’une francophonie toujours porteuse de valeurs, d’une probité comme on n’en a plus vu depuis des décennies et d’une générosité sans limites ni discrimination », a ajouté M. Hamadé, dans sa déclaration.

Liberté d’expression et « L’Orient-Le Jour »

L’ancien Premier ministre Fouad Siniora a affirmé, pour sa part,qu’« avec Michel Eddé, le Liban a perdu une figure active et influente aux plans national et arabe ». Il a estimé, dans un communiqué, que l’illustre disparu « était l’exemple de la personnalité nationale attachée au Liban souverain, libre et indépendant, qui a défendu le vivre-ensemble ». M. Siniora a en outre mis l’accent sur « sa connaissance de la pensée et des dangers du sionisme et de son avidité à l’égard du Liban et de la nation arabe ». L’ancien Premier ministre a par ailleurs salué « un ardent défenseur des libertés et du système démocratique ainsi que de la liberté d’opinion et d’expression dans plus d’un domaine, notamment à travers L’Orient-Le Jour ».

« J’ai perdu un ami cher et le Liban a perdu une grande figure nationale qui a consacré sa vie à servir le pays et à faire le bien, a écrit pour sa part l’ancien Premier ministre Tammam Salam, dans son message de condoléances. En ces temps difficiles que traverse le pays, Michel Eddé nous manquera pour sa sagesse, sa modération et sa vision nationale perspicace. »

Fady Alamé, député du groupe parlementaire du mouvement Amal, a également réagi. « La nation perd une grande figure nationale, humaniste et culturelle ; une personnalité rare et avant-gardiste, un homme politique qui a traversé les frontières des communautés, animé par son humanisme, sa vision claire et sa croyance en le Liban comme symbole de coexistence », a écrit le député sur Twitter, ajoutant que M. Eddé était un « résistant par sa pensée et ses écrits qui ont dévoilé les intentions d’Israël ».

Pour le député Jamil Sayyed, « il n’est pas simple de résumer cette figure nationale en quelques lignes. Ce n’est pas un Libanais ordinaire. Il avait le Liban dans sa chair. Le Liban était sa vie et son amour. Sa boussole ne l’a pas trompé quand il a dit qu’Israël était un ennemi existentiel pour le Liban ». « Michel Eddé nous a quittés, laissant derrière lui un État en morceaux que se disputent des gens qui ne connaissent pas le sens de l’État », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Dimanche, le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, avait réagi au décès de M. Eddé sur son compte Twitter. « Au revoir Michel Eddé... Michel Eddé, un esprit humaniste, des mains propres et une aide à ceux qui sont dans le besoin », a écrit le leader des FL.

L’ambassade de France : Un homme d’engagement

L’ambassade de France a pour sa part adressé un message de condoléances à « sa famille, ses proches et toute l’équipe de L’Orient-Le Jour », le décrivant comme « un homme d’engagement, un grand humaniste, un homme de dialogue et de concorde entre les communautés et les confessions », qui « a su établir des ponts avec tous ses compatriotes, cherchant à servir l’idéal qui était le sien, celui d’un Liban indépendant, fort de sa diversité, de son identité culturelle multiple et de son plurilinguisme ». « Ardent défenseur du vivre-ensemble, son combat résonne d’une manière particulière alors que le Liban connaît aujourd’hui un mouvement citoyen inédit », ajoute l’ambassade, qui met l’accent sur « les liens affectifs avec la France » qu’a tissés sa famille depuis « plusieurs générations ». « Un héritage familial qu’il a su porter à travers un parcours très riche : avocat, homme d’affaires, patron de presse ou encore président de diverses associations. Nommé cinq fois ministre entre 1962 et 1998, Michel Eddé a œuvré au travers de ses différents portefeuilles au resserrement des liens entre nos deux pays et au renforcement de la francophonie, qui perd aujourd’hui un de ses piliers. Michel Eddé a agi sans faillir pour maintenir le français comme première langue étrangère dans l’enseignement et a assuré la pérennité de la presse francophone quotidienne en rachetant L’Orient-Le Jour en 1990, un des principaux quotidiens francophones de la région (…). »

La Ligue maronite, présidée par l’ancien député Nehmetallah Abi Nasr, et dont Michel Eddé fut président, a publié un communiqué dans lequel elle a loué « un patriote, un homme cultivé, s’occupant des pauvres, croyant et pratiquant, et surtout fils de l’Église maronite dont il était fier au plan des enseignements, du legs et du patrimoine pour lesquels il s’était engagé. Le christianisme dans lequel il s’est enraciné s’incarnait dans le respect de l’autre avec lequel il essayait d’établir un partenariat de vie ».

Neemat Frem, ancien président (2016-2018) de la Fondation maronite dans le monde, fondée par Michel Eddé, a salué en ce dernier « une grande figure maronite, nationale et arabe d’autrefois, dont l’humanité est caractérisée par sa spiritualité orientale et le message du Liban ». « C’était un homme unique et rare, exceptionnel par sa bonté et ses élans inhabituels, d’une culture approfondie, d’une humilité parfois gênante. Michel Eddé a transmis le flambeau qu’il a allumé. Il a été noble comme les plus grands et s’en est allé », a ajouté M. Frem.

Les médias

Les médias ont également rendu hommage à Michel Eddé. Le président de l’ordre de la presse, Aouni Kaaki, l’a décrit comme « l’homme des missions difficiles, qui a occupé une grande place dans le mouvement politique au Liban et dans la nation arabe ». « Outre ses activités dans le secteur public et la politique, l’ancien ministre et homme d’affaires avait été pressenti au poste de la présidence de la République, a-t-il rappelé, dans un communiqué. Cet homme de connaissance n’a jamais transigé quand il s’est agi de l’intérêt de la patrie ».

Le président de l’ordre des rédacteurs, Joseph Kosseifi, a indiqué dans un communiqué qu’« avec le départ de Michel Eddé, la page la plus brillante et la plus pure de l’histoire moderne du Liban s’est tournée ».

Le président du Conseil national de l’audiovisuel, Abdel-Hadi Mahfouz, a rappelé, pour sa part, qu’il était « doté d’une culture variée et globale », notant qu’« il était visionnaire et mariait la pensée et la pratique dans le refus du confessionnalisme haineux ».

Dans un communiqué, le syndicat des réalisateurs artistiques a également salué, en Michel Eddé, « un modèle d’humanité, un homme généreux au possible ». « Du jour où notre collègue Yehya Hamdan, salarié dans votre institution, a été élu président, notre syndicat a pu toucher du doigt votre générosité qui passe toute mesure », peut-on encore lire dans le communiqué, qui rend hommage à un homme n’ayant « jamais fait la moindre distinction entre musulman et chrétien, et a tendu la main à tous. »

Les hommages de personnalités politiques de tous bords continuaient d’affluer hier, au lendemain du décès de l’ancien ministre Michel Eddé, président d’honneur de L’Orient-Le Jour.En tête des réactions, celle du chef du gouvernement sortant, Saad Hariri, qui a écrit sur son compte Twitter qu’« avec le décès de Michel Eddé, le Liban a perdu une personnalité qui s’est distinguée par sa sagesse et sa culture politique mises au service du Liban et de la cause palestinienne, et qui a donné une plus-value à la bonne gouvernance pendant des décennies ». Pour le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, Michel Eddé est « l’un des plus grands intellectuels, hommes politiques et hommes d’État aux mains propres ». « Il nous quitte à un moment délicat de...
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