Des centaines de personnes ont manifesté hier à Nabatiyé, scandant « Le peuple veut la chute du régime », malgré les pressions exercées au cours des derniers jours sur les protestataires, selon notre correspondante Badia Fahs.
Les protestations avaient baissé d’intensité au cours de la semaine écoulée, notamment en raison des pressions exercées sur les manifestants dans cette zone où le Hezbollah et le mouvement Amal sont prépondérants.
« C’est une nouvelle intifada à Nabatiyé », a affirmé un manifestant qui a requis l’anonymat. « C’est une des plus grandes manifestations dans la ville », a déclaré un autre protestataire.
Certains contestataires ont confié avoir reçu au cours des derniers jours des appels téléphoniques ou des messages sur WhatsApp les mettant en garde contre toute participation aux rassemblements. D’autres ont été traités sur les réseaux sociaux de traîtres ou d’agents à la solde d’Israël ou de certaines ambassades, recevant de l’argent de l’étranger pour conduire un mouvement contre le pouvoir ou le Hezbollah.
Mardi dernier, 25 personnes avaient été blessées lorsque des fonctionnaires du conseil municipal de Nabatiyé, affilié au Hezbollah, avaient attaqué les manifestants.Le nombre de protestataires a augmenté en soirée, notamment en raison de la présence du chanteur engagé Khaled Habre qui a donné un concert improvisé au carrefour de Kfarremmane. Dimanche dernier, Marcel Khalifé avait également drainé des foules lorsqu’il était venu se solidariser avec les manifestants. À Saïda, quelque 3 000 manifestants ont à nouveau bloqué la place Élia, rebaptisée place de la Révolution du 17 octobre, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. La route a été fermée comme aux premiers jours de la contestation, et les manifestants ont hissé un énorme drapeau tout le long de la place. À Baalbeck également, autre place forte du Hezbollah, plus de 500 personnes ont manifesté sur la place Khalil Moutran, selon des habitants, dans une atmosphère festive, au son de chansons patriotiques.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine