Des manifestants écoutant les annonces faites, hier soir, par le « comité de coordination de la révolution », place des Martyrs. Alkis Konstantinidis/Reuters
Au sixième jour de la contestation et au lendemain de l’annonce par le Premier ministre Saad Hariri de toute une série de réformes, les manifestants restaient très mobilisés hier à travers le Liban. Dans le centre-ville de Beyrouth, l’heure semblait être aux tentatives d’organisation du mouvement de protestation. Les militaires à la retraite, différents groupes de la société civile et des mouvements représentant plusieurs régions libanaises ont ainsi annoncé la constitution d’un « comité de coordination de la révolution » qui a appelé à poursuivre le mouvement jusqu’à la chute du gouvernement. L’annonce a été faite hier soir sur le grand podium de la place des Martyrs par le général à la retraite Sami Rammah, entouré de représentants des différents groupes, sous les acclamations de la foule qui scandait « Le peuple veut la chute du régime ».
Ce comité rassemble pour le moment des groupes hétéroclites, représentant les militaires à la retraite, les enseignants contractuels, des groupes de Nabatiyé, Tyr, Tripoli, Hermel ou Akkar, ainsi que le parti Sabaa, le mouvement Mouwatinoun wa Mouwatinat ou encore l’association pour le mariage civil au Liban.
« Le comité va entamer des contacts avec les militants et les groupes et laisse ses portes ouvertes à tous sans exception pour constituer un front uni », a annoncé Sami Rammah. Ce premier organe issu de la contestation réclame « la démission immédiate du gouvernement » en premier lieu. Il demande « la formation d’un gouvernement de salut national constitué de personnes n’étant pas issues de la classe dirigeante, chargé de récupérer l’argent volé par tous ceux qui ont été au pouvoir depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui, de leur demander des comptes et de leur interdire de quitter le pays », a annoncé le général Rammah, saluant le communiqué du Club des juges qui a évoqué cette question.
Le comité réclame également « la tenue de législatives anticipées sur la base d’une nouvelle loi électorale dans un délai de six mois ». Il a appelé à la poursuite des manifestations dans la capitale et le reste du pays jusqu’à ce que ses demandes soient exaucées, et demandé à l’armée de protéger les manifestants dans toutes les régions du pays.
Place Riad el-Solh, un autre groupe de protestataires appelait tous ceux qui le désirent à donner leurs doléances, à proposer des noms de leaders pour le mouvement de contestation et leurs idées pour la suite. Les manifestants étaient également appelés à laisser leur numéro de téléphone.
Un peu partout à travers le centre-ville, des groupes de débat étaient également formés.


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