Rechercher
Rechercher

Entretien

L’intégrale de Beethoven à Beyrouth, c’est un sacré défi !

Pianiste de haut niveau, Simon Zaoui ouvre le cycle de l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven à la saison de musique de chambre cru 2019.

Simon Zaoui. Photo DR

Est-ce votre premier voyage au Liban? Avec quelles impressions abordez-vous ses rives ?

C’est en effet mon premier voyage au Liban, un pays qui me fascine depuis longtemps, et que je suis ravi de découvrir enfin. J’ai la chance de pouvoir rester quelques jours après le concert et de revenir en avril. Je vais pouvoir en profiter pour visiter quelques merveilleux endroits dont on m’a tant parlé. Aller à la rencontre du public libanais pour ce projet Beethoven est une chance extraordinaire et un sacré défi !

Quelle est la partition de piano qui vous fait rêver ? Et pourquoi ?

Les variations Goldberg de Bach, une œuvre pour clavier aux dimensions hors normes (pour l’époque de Bach). La sapience de l’écriture et la beauté du contrepoint le dispute à la difficulté de jouer une œuvre écrite à l’origine pour clavecin, instrument muni de deux claviers. C’est un véritable casse-tête technique pour réussir à la jouer sur un seul. Les deux versions de Glenn Gould sont parmi les disques classiques les plus vendus au monde. C’est une œuvre très connue du grand public, ce qui la rend d’autant plus « spéciale ».

En donnant les intégrales de Beethoven, quelle est la part positive et quelle en est la part négative, s’il y en a ?

C’est une intégrale en équipe puisque nous sommes trois pianistes à la partager (avec Romain Descharmes et Théo Fouchenneret)... En attendant peut-être une intégrale solo en 2027 pour les 200 ans de la mort de Beethoven. Je vais pour ma part jouer douze sonates, ce qui constitue déjà un sacré défi. C’est extrêmement stimulant de plonger dans cette œuvre monumentale, d’en dégager les lignes de force ; la perception du langage s’affine à chaque séance de travail, que ce soit un travail d’analyse de la structure des œuvres ou de leur puissance architecturale et narrative. Rien n’est laissé au hasard chez Beethoven, et la profondeur des sentiments dont il nous irrigue n’a de cesse d’être sous-tendue par mille intelligences d’écriture, comme s’il tendait secrètement la main à ses interprètes futurs. Passer à côté de ce dialogue permanent avec l’œuvre et la façon dont elle est conçue, c’est à mon avis se priver d’une part essentielle du « partage » beethovenien.

Quel mot avez-vous pour l’auditoire qui va venir vous applaudir à Baabda ?

Le premier concert sera consacré aux œuvres écrites par Beethoven à la fin du XVIIIe siècle. Le jeune Beethoven est alors très marqué par Mozart, par Haydn (qui fut son professeur), et pourtant son langage est déjà extrêmement novateur. Il y a énormément d’humour, de vivacité d’esprit, de joie, d’amour ! Il y a un Beethoven aimable, celui de la sonate en sol majeur n° 10, et il y a le Beethoven dramatique de la sonate n° 1 en fa mineur. Il y a le Beethoven virtuose, concertant, de la sonate n° 3 en do majeur, et l’architecte de la sonate n° 4 en mi bémol majeur, dont toute la structure est conçue sur une articulation de deux mesures (mesure forte-mesure faible). C’est en mettant en regards ces différents traits de caractère beethovéniens, ses différentes identités, que l’on touche du doigt le génie de ce compositeur. C’est pour ces raisons, et mille autres encore, que Beethoven est encore, 250 ans après sa naissance, parmi les plus grands compositeurs de musique classique. Je présenterai brièvement quelques-unes des sonates, en montrant au piano des exemples musicaux, comme une sorte de décodage, pour permettre au public une plus grande osmose et un plus grand plaisir d’écoute.


Carte de visite

À trente-neuf ans, Simon Zaoui a non seulement la considération de la presse et du public, mais aussi celle des grands maîtres du clavier, tel Aldo Ciccolini qui dit de lui être « une révélation ». Invité depuis plus d’une dizaine d’années à se produire en soliste ou en musique de chambre en Amérique latine, en Europe tout aussi bien qu’au Maghreb, le musicien est éclectique dans ses choix, curieux et grand lecteur de musique et de littérature. Un exemple éclatant de ce parcours : la création mondiale de la sonate dite de Vinteuil du compositeur Claude Pascal, sur les traces de Marcel Proust…

*Premier concert de l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven par Simon Zaoui, le 15 octobre, à 20h, en la chapelle Notre-Dame des Semences (Université antonine-Baabda).



Est-ce votre premier voyage au Liban? Avec quelles impressions abordez-vous ses rives ?

C’est en effet mon premier voyage au Liban, un pays qui me fascine depuis longtemps, et que je suis ravi de découvrir enfin. J’ai la chance de pouvoir rester quelques jours après le concert et de revenir en avril. Je vais pouvoir en profiter pour visiter quelques merveilleux endroits...

commentaires (1)

Super.

Eddy

09 h 56, le 15 octobre 2019

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Super.

    Eddy

    09 h 56, le 15 octobre 2019