Liban

Retrait US du nord de la Syrie : une première lecture du Hezbollah

Décryptage
09/10/2019

Les Américains s’en vont, mais les autres acteurs dans la région à l’est de l’Euphrate restent. L’annonce du président américain de retirer ses troupes de la région limitrophe avec la Turquie a constitué un choc pour les différents protagonistes et en particulier pour les Kurdes, qui ont depuis le début misé sur les Américains pour les aider dans leur triple lutte contre les Turcs, Daech et l’armée syrienne.

Aujourd’hui, les Kurdes se considèrent donc comme les premiers perdants du retrait américain, mais il reste encore beaucoup d’inconnues dans cette région où les enjeux sont à la fois locaux, régionaux et internationaux.

Dans une première lecture, les milieux proches du Hezbollah considèrent que l’annonce du président américain est le début d’un processus de retrait américain de l’ensemble de la région, dicté par des considérations électorales internes et par l’évolution de la situation régionale. Après le retrait de l’est de l’Euphrate, suivront, selon ces milieux, Tanaf et d’autres positions américaines en territoire syrien. Ce qui marque un recul certain de l’influence américaine dans la région. Pour ces mêmes milieux, les Kurdes n’auront plus désormais que deux choix : soit se laisser dominer par les Turcs et leurs alliés syriens, soit s’allier à l’armée syrienne. Cette dernière possibilité reste, selon les milieux proches du Hezbollah, le meilleur choix pour eux.

Selon ces mêmes milieux, le scénario le plus probable est le suivant : l’armée turque et ses alliés de l’opposition syrienne s’apprêtent à lancer une large offensive le long de la frontière syro-turque, dans l’objectif déclaré de créer « une zone de sécurité » d’une profondeur de 32 km. Les Turcs chercheraient ensuite à installer les 2 millions de réfugiés syriens qu’ils ont accueillis chez eux depuis le début de la guerre en Syrie dans cette région, pour continuer ainsi indirectement à avoir de l’influence sur l’intérieur syrien. Certains parlent même d’une tentative turque de procéder à un changement démographique en Syrie, en installant dans la fameuse « zone de sécurité » des Syriens sunnites non kurdes proches de la Turquie. Ce qui serait le prélude à une partition de facto ou à une transformation du système de pouvoir en Syrie, de l’État central en une sorte de fédération confessionnelle et ethnique, comme en Irak ou... au Liban.

Les milieux proches du Hezbollah considèrent néanmoins que malgré sa démonstration de force en vue de lancer son offensive militaire, et malgré son projet bien préparé, la Turquie pourrait ne pas parvenir à atteindre ses objectifs. Elle pourrait ainsi devoir faire face à une résistance sérieuse de la part des forces kurdes même lâchées par les Américains, et ensuite la Turquie pourrait avoir à composer avec d’autres acteurs importants en Syrie, notamment la Russie et l’Iran. La République islamique a déjà annoncé qu’elle était opposée à une offensive militaire turque dans le nord de la Syrie. Le président russe n’a encore rien déclaré officiellement, mais il n’est pas dit qu’une opération militaire turque serait pour lui – qui a de plus en plus la haute main dans ce pays – la bienvenue.

Ce qui est sûr, à ce stade, c’est que l’annonce du président américain, qui est, il est vrai, nuancée depuis deux jours, a confirmé ce que le Hezbollah et en général l’axe dit de la résistance ne cessent de répéter depuis des années, à savoir qu’on ne peut pas compter sur les Américains, qui lâchent leurs alliés sans aucune considération pour eux, ne tenant compte que de leurs propres intérêts, lesquels peuvent changer selon les circonstances.

Pour les milieux proches du parti chiite, ce message ne s’adresse pas seulement aux forces kurdes, qui sont les premières et les plus flagrantes victimes de la dernière décision du président américain, en dépit de ses assurances que les États-Unis ne lâcheront pas les Kurdes. Il s’adresse aussi à une partie de l’intérieur libanais qui continue à croire que les États-Unis sont les grands décideurs dans la région et qu’il est donc préférable d’être de leur côté. Enfin, le message s’adresse aussi aux pays du Golfe, Arabie saoudite en tête, qui se sont impliqués dans plusieurs conflits régionaux, en Syrie et au Yémen par exemple, sans parler de l’Irak, en misant sur leur alliance avec les Américains.

Aujourd’hui, face à la décision américaine annonciatrice donc, selon eux, d’un affaiblissement de l’influence américaine dans toute la région, les milieux proches du Hezbollah estiment que les acteurs régionaux vont prendre de plus en plus d’importance, notamment la Turquie et l’Iran. Les dirigeants saoudiens n’ont plus, dans ce cas, que des choix limités, c’est-à-dire s’allier avec l’un ou l’autre. Dans les deux cas, il s’agit d’un pas énorme qui exige de grands sacrifices, la Turquie étant en effet une rivale pour le leadership du monde sunnite et l’Iran étant en majorité chiite. Il reste encore d’autres options, comme celle de tisser des liens plus étroits avec Israël, mais sans la garantie et la couverture américaines, elle est plus que risquée, ou encore celle de s’adresser directement à la Russie...

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Salim Dahdah

Excusez les nombreuses coquilles et erreurs qui ont marqué mon commentaire, (dües au reformatage de mon ordi...)! Le commentaire s'arrête à ..."régionalisée".

Amère Ri(s)que et péril.

Comme c'est un sujet encore chaud Scarlett ne s'avance pas trop sur les répercutions futures puisqu'elle veut rester dans les faits .

Comme par exemple on lit à l'instant en "brèves" :

12h52 Syrie : Rohani met en garde la Turquie, exercices militaires iraniens et une déclaration de H.N qui dit qu'il ne faudra jamais se fier aux amerloques et à leurs larbins régionaux .

Ce qui fait comprendre que cette subite agression turque peut cacher des dessins autres que de s'en prendre aux seuls kurdes .

J'espère que er-dog-ane ne va pas s'engager dans une guerre régionale avec l'axe de la résistance qui ne lui fait AUCUNE CONFIANCE . CELA SERAIT SUICIDAIRE POUR LA TURQUIE .

Remy Martin

Y en a qui, au Liban, et pour être conséquents avec eux-mêmes, devraient tout de suite changer leurs dollars en roubles ...

Salim Dahdah

L'exposé des faits est vrai et objectif mais l'objet de l'article développe une argumentation superficielle et donne une interpretation et des conclusions quelque peu hâtives… Le débat devrait se fixer sur les objectifs régionaux et internationaux de ce retrait: pourquoi est-il entrepris aujourd'hui?, queln en est l'objectif profound? Qui en est à long terme le principal bébéficiaire (Israel...?)?Le plan turc ne s'inscrit-il pas dans deux cadres:
-Auto défense vis à vis du danger kurde…
-Retour des déplacés syriens, majoritairement sunnites à installer au Nord de la Syrie, devant rester sous l'aile turque après la nouvelle Constitution d'une Syrie régionalisée et bient

Amère Ri(s)que et péril.

Cette superbe analyse bien que vu du seul prisme de la résistance du hezb libanais a le mérite d'être claire et non détournée de son objectif, qui est de faire comprendre à ceux qui le pourront que cette analyse est FACTUELLE c'est à dire basée sur des faits actuels et avérés .

Quels sont ils ?

-Les usa se retirent , si ce n'est pas encore le cas , c'est annoncé et on en sent les mouvements .

-Les kurdes ( Scarlett est gentille de dire que ce seront les grands perdants , ils seront beaucoup plus que ça , mais restons polis ).

-Les turques , dans l'immédiat vont faire bouger les choses , quelles en seront les conséquences futures , ici Scarlett ne s'avance pas , mais parle des solutions que les kurdes agressés devront choisir pour leur survie .

-Les bensaouds engouffrés dans un cul-de-sac , dont celui de s'amarrer aux usurpateurs sera le pire , le clown leur rappelle sans cesse qu'ils devront finir par se débrouiller tout seul , tout en continuant à servir de vache à traire en payant les services rendus par les usa .

-israel , Scarlett n'en parle pas par professionnalisme, étant donné qu'elle ne peut pas parler de ce qu'elle ne maîtrise pas .

-Russie ,Iran, Syrie , devrait elle encore en parler? sans avoir rien dit à ce sujet , voilà qu'on l'accuse déjà de "favoritisme " .

Merci Scarlett , vous vous êtes surpassée.

Chucri Abboud

C'est Vladimir Poutine qui mènera encore une fois le jeu , en l'absence des américains .
Poutine est toujours gagnant et ne lâche jamais ses alliés .
Déduisons les conséquences chez nous .Sachons  sagement le faire ! Et délivrons nous de nos oeillères .

C- F- Contributions et Interprétations

""Retrait US du nord de la Syrie : une première lecture du Hezbollah""

Ça c’est une première lecture, avant que la machine de guerre turque ne s’emballe. Nous attendons vivement la deuxième ou la troisième lecture, peut-être de la zone de sécurité au Sud, sans comparaison aucune avec la fameuse « zone de sécurité » des Syriens sunnites non kurdes proches de la Turquie…

Je vous cite encore :

""...Ce qui serait le prélude à une partition de facto ou à une transformation du système de pouvoir en Syrie, de l’État central en une sorte de fédération confessionnelle et ethnique, comme en Irak ou... au Liban.""

Partition, voilà un mot qui fait peur et que personne ne veut entendre, au Liban. En Syrie, les Turcs sont à la manœuvre, comme les Syriens l’étaient au Liban, pour la ""transformation du système du pouvoir""…
A vous lire, bien sûr, Madame Haddad.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DU CHARABIA ! LECTURE MILITARO-POLITIQUE DU HEZBOLLAH... QUELLE RIGOLADE ! ENCENSEMENTS ET DIVAGATIONS... ON NE SAIT RIEN D,AUTRE A FAIRE !

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