Sur 100 m haies, l’athlète américaine Nia Ali a été couronnée avec un record personnel à la clé (13 sec 24/100es). Mère de deux enfants, elle s’est permis un joli tour d’honneur avec eux, drapée dans la bannière étoilée. Jewel Samad/AFP
Superpuissance de l’athlétisme, les États-Unis ont comme souvent survolé les championnats du monde, conclus dimanche tard dans la nuit à Doha, au Qatar, par des succès sur 100 m haies et les relais 4x400 m dames et hommes, égalant leur record de médailles d’or (14). C’est bien simple, sur les 17 éditions des championnats du monde, seules quatre ont échappé à la domination implacable des États-Unis (1983, 1987, 2001 et 2015). Celle disputée au Qatar a donc été fidèle à la tradition avec 29 podiums – dont 14 victoires –, comme en 2007 à Osaka et 2005 à Helsinki.
La suprématie des Américains en 2019 a notamment été facilitée par le retour au sommet des sprinteurs maison chez les hommes, après une longue parenthèse ouverte par l’apparition sur la scène internationale de la légende jamaïcaine Usain Bolt, parti à la retraite en 2017. Mais il n’y a pas que des bolides aux États-Unis et le succès des deux relais 4x400 hommes et femmes a prouvé la large palette des athlètes venus d’outre-Atlantique, avec une mention particulière pour Allyson Felix.
Bien que remplaçante après avoir été alignée en séries, la Californienne de 33 ans, de retour seulement en juillet après 13 mois d’absence pour cause de grossesse, a ajouté un nouveau sacre à son impressionnant palmarès après celui du 29 septembre sur le relais 4x400 m mixte. Avec 13 succès aux Mondiaux, elle aura dépassé Bolt dans les annales à Doha, confortant son statut d’athlète la plus médaillée de l’histoire de la compétition (18). Un total exceptionnel auquel il faut ajouter neuf podiums olympiques, dont six titres. Du grand art !
Intouchables
Même sans Allyson Felix, les États-Unis, faciles vainqueurs en 3 min 18 sec 92/100es, étaient de toute façon intouchables au vu du casting proposé avec notamment Dalilah Muhammad, détentrice du record du monde du 400 m haies qu’elle a amélioré pour la 2e fois de la saison vendredi dernier (52 sec 16/100es), sa dauphine Sydney McLaughlin, 2e meilleure performeuse de tous les temps à 20 ans, et la championne du monde 2017 du tour de piste Phyllis Francis.
Chez les hommes, le quatuor de choc Fred Kerley, Michael Cherry, Wilbert London et Rai Benjamin, en argent sur le 400 m haies, avait aussi fière allure. Et dire que le prodige Michael Norman, blessé en demi-finales du 400 m, était absent. Il n’y a donc pas eu de suspense et les États-Unis l’ont facilement emporté, en 2 min 56 sec 69/100es, pour clore les Mondiaux en beauté.
Juste avant les deux relais, les États-Unis s’étaient déjà offert un doublé sur 100 m haies avec Nia Ali, couronnée avec un record personnel à la clé (13 sec 24/100es) devant sa compatriote Kendra Harrison, recordwoman du monde. Ali, maman de deux petits enfants nés de deux pères différents (le sprinteur américain Michael Tinsley et le Canadien Andre De Grasse), s’est ensuite permis un joli tour d’honneur avec ses rejetons, drapée dans la bannière étoilée. Comme un symbole de l’emprise des représentants de l’Oncle Sam sur ces championnats du monde.
Au lancer du javelot, c’est le Grenadin Anderson Peters qui a remporté le concours avec un jet à 86,89 mètres.
À 21 ans, il rapporte la deuxième médaille d’or mondiale en athlétisme de l’histoire à la Grenade, devançant l’Estonien Magnus Kirt (86,21 mètres). L’Allemand Johannes Vetter, champion du monde à Londres en 2017, prend la troisième place avec un jet à 85,37 mètres.
Mihambo plus loin
Avec un saut à 7,30 mètres, l’Allemande Malaika Mihambo a remporté, elle, l’épreuve du saut en longueur. L’athlète, championne d’Europe en titre, restée au pied du podium lors des Jeux olympiques de Rio en 2016 (4e), a amélioré de 14 centimètres son record personnel pour décrocher l’or. L’Ukrainienne Maryna Bekh-Romanchuk a remporté l’argent avec un saut à 6,92 mètres, un tout petit centimètre de plus que la Nigériane Ese Brume (6,91 mètres) qui complète le podium.
En course de fond, l’Ougandais Joshua Cheptegei a remporté le 10 000 mètres. Médaillé d’argent aux Mondiaux de Londres en 2017, il devance – en 26 min 48 sec 36/100es – l’Éthiopien Yomif Kejelcha, un athlète entraîné par le sulfureux Aberto Salazar qui a été suspendu quatre ans mardi dernier par l’Agence antidopage américaine (Usada). Kejelcha, médaillé d’argent donc, est membre de l’Oregon Project dirigé par Salazar, un groupe de coureurs de très haut niveau basé dans le nord-ouest des États-Unis et financé par l’équipementier Nike.
La suspension de Salazar pour « organisation et incitation à une conduite dopante interdite » a jeté le soupçon sur les athlètes du groupe présents aux Mondiaux de Doha, même si aucun d’entre eux n’a jamais été contrôlé positif.
Enfin, l’athlète kényan Timothy Cheruyiot a remporté le 1 500 mètres. En 3 min 29 sec 26/100es, Cheruyiot, médaillé d’argent sur la même distance lors des derniers Mondiaux à Londres en 2017, a devancé l’Algérien Taoufik Makhloufi (3 min 31 sec 38/100es) et le Polonais Marci Lewandowski (3 min 31 sec 46/100es).
Source : AFP

