L’homme fort des Émirats arabes unis, cheikh Mohammad ben Zayed al-Nahyane, et le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, ont discuté de la « coopération bilatérale en matière militaire », a rapporté hier l’agence officielle émiratie WAM. La rencontre, tard dimanche à Abou Dhabi, entre les dirigeants des deux piliers de la coalition qui intervient militairement au Yémen contre les rebelles houthis, fait suite à une réaction positive de Riyad à une proposition de trêve des insurgés yéménites. Dans un tweet publié vendredi, le prince Khaled a en effet jugé « positive » la proposition des rebelles mais indiqué que son pays attendait son « application effective ». Selon l’agence WAM la rencontre entre le prince héritier d’Abou Dhabi et le prince saoudien a également porté sur les « défis auxquels fait face la région du Golfe et leurs retombées sur les peuples de la région ». La tension reste vive dans le Golfe après des attaques contre des installations pétrolières saoudiennes le 14 septembre, revendiquées par les houthis, mais attribuées par
Washington et Riyad à l’Iran, qui dément toute implication.


Rares sont ceux qui avaient prédit que les agressés résisteraient jusqu’au dernier, mais aucun n’avait imaginé que les petits guerriers yéménites en jupe bariolé renverseraient la situation militaire en leur faveur. Tout comme le Hezb au Liban qui nargue Israel, les Houthis à la tête du Yémen défient les Arabies . Ces « ONG de résistance armée » mettent en échec les forces d’États puissants. Ce type de confrontation par procuration n’est pas inédit, mais ce qui est nouveau c’est que les armes du pauvre se révèlent bien plus dissuasives que celles du riche. La couteuse quincaillerie exposée dans les salons internationaux de l’armement est frappée d’obsolescence. Les armes cybernétiques et téléguidées sont bien plus redoutables que les chasseurs bombardiers, les tanks, les frégates et même les portes-avions. Elle menacent désormais les infrastructures stratégiques et mettent en échec tous les systèmes de défense. La récente attaque qui a perturbé la production pétrolière saoudienne en est un récent exemple. Il faut savoir qu’avant d’être exporté, le pétrole d’Arabie doit être débarrassé de ses impuretés en passant dans de gigantesques « lessiveuses ». La principale d’entre elles, Abqaiq, a été bombardée le 14 septembre dernier ; paralysant le quart de la production de l’Arabie pour des mois voire des années, car on ne trouve pas sur étagère les pièces de rechanges pour ce type d’installations. Le coup est très dur pour la Saudi Aramco .
15 h 02, le 08 octobre 2019