Le chef du gouvernement Saad Hariri s’est voulu optimiste hier, en affirmant que rien n’empêche le Liban de surmonter ses problèmes politiques et les conflits entre ses différentes parties pour se remettre sur pied.
M. Hariri s’exprimait ainsi durant le lancement des objectifs de développement durable à l’horizon 2030, un programme mis en place par l’ONU, et auquel le Liban a adhéré. La cérémonie a eu lieu hier au Grand Sérail en présence, aux côtés de M. Hariri, du vice-président du Conseil Ghassan Hasbani, des ministres de l’Information, du Travail, de l’Économie, de l’Industrie, de la Défense, de l’Environnement, des Travaux publics, du ministre d’État pour la Technologie de l’information, d’un grand nombre de députés, de représentants de plusieurs institutions publiques, ainsi que du coordonnateur spécial adjoint des Nations Unies et de l’action humanitaire pour le Liban, Philippe Lazzarini.
L’importance pour le Liban de faire partie de ce programme et d’œuvrer pour atteindre les objectifs de développement durable a été expliquée par M. Lazzarini qui a dressé un tableau sombre de la situation aujourd’hui dans le monde, au niveau socio-économique, écologique et humain. « Le Liban ne fait pas exception », a-t-il poursuivi, avant de donner quelques chiffres, qui n’ont rien de flatteur pour le pays : « 30 % des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté, 37 % seulement de la population ont accès à une eau potable saine, 70 % des sources d’eau naturelles sont contaminées par des bactéries, 5 % des parlementaires sont des femmes, un des taux les plus faibles du monde, et leur participation à la vie économique n’est que de 26 %. Le Liban a été classé 138e sur les 180 pays considérés comme corrompus en 2018. Et Beyrouth a vu le niveau de pollution de l’air doubler par rapport à l’environnement européen », a-t-il expliqué.
Dans son discours, Saad Hariri a reconnu que « les Libanais et le gouvernement ont besoin d’évoluer et de modifier de vieilles lois afin d’en finir avec la détérioration économique », mais a souligné que les objectifs de développement auxquels le Liban a souscrit ne seront pas atteints si les ministères ne collaborent pas ensemble. « Notre problème est que chaque ministère fait cavalier seul, ce qui ne peut plus durer si nous devons évoluer. Dès lors, chaque ministère qui ne coopère pas sera considéré comme étant responsable de la stagnation du Liban », a-t-il dit, en se disant confiant que le pays est capable de surmonter les conflits politiques qui le paralysent actuellement.

