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Liban - Communautés

Raï vole au secours de l’armée et de la livre

« Confiance absolue » dans l’armée, plaide le patriarche maronite, qui juge « inadmissible » de cibler la Banque du Liban à travers son gouverneur.


Béchara Raï prononçant son homélie : le chef de l’Église maronite a invité les jeunes à s’enrôler dans l’armée. Photo Michel Akl

En pleine turbulence monétaire et sociale, le patriarche Béchara Raï a volé hier au secours de l’armée et de la livre, les deux piliers de la stabilité intérieure au Liban. Le chef de l’Église maronite a demandé que toute couverture politique soit retirée aux personnalités corrompues influentes, qui sévissent au sein de la communauté politique, et invité les jeunes à s’enrôler dans l’armée.

Dans une homélie développée sur le thème de l’écoute de la parole de Dieu, le patriarche a déploré l’absence de toute écoute de cette parole au sein de la communauté politique. « Sinon, a-t-il ajouté, cette classe se serait libérée de ses intérêts privés, de ses gains illégaux au détriment de l’argent et du bien public ; elle se serait abstenue de la pratique des invectives réciproques (…) et aurait porté son combat au cœur de la corruption et des corrupteurs, retirant toute couverture politique aux personnalités corrompues. »

« Il reste tout à fait regrettable, a ajouté Mgr Raï, qu’en ces circonstances économiques et financières délicates, et face au devoir d’entreprendre des réformes structurelles et sectorielles souhaitées par la communauté internationale, de constater qu’une campagne effrayante est lancée contre l’armée nationale, dans un vain effort de ternir sa discipline et ses valeurs, au niveau du commandement comme au niveau de la troupe. »

« Nous invitons tous les Libanais sincères à renouveler leur confiance absolue dans cette institution, dans son commandement, dans sa doctrine nationale (…) Défendre l’armée aujourd’hui, c’est défendre les bases mêmes de la patrie, de sa sécurité, de la stabilité de l’État et de la société. C’est à cette noble fin que nous insistons aussi auprès de nos jeunes pour qu’ils s’enrôlent au sein de cette institution honorable. »

La recherche d’un bouc émissaire

« Par ailleurs, a enchaîné le chef de l’Église maronite, alors que le peuple libanais a besoin d’être tranquillisé et tenu à l’écart de la peur, du doute et de l’échange d’accusations au sujet de la situation économique, financière et monétaire, il est nécessaire de rappeler que les causes de cette crise sont complexes et relèvent de facteurs internationaux, régionaux et locaux, de facteurs anciens et d’autres plus récents, et donc d’un cumul de motifs.

Le plus inquiétant, pourtant, est que l’on cherche à se dégager de toute responsabilité et à la rejeter sur un seul homme et une seule institution ; car le véritable responsable, c’est l’État tout entier, qui n’a adopté aucune réforme, aucune initiative concrète d’engagement à faire cesser le gaspillage et la corruption, ou même de sauver la face par une austérité de façade. Il est inadmissible de cibler la Banque du Liban à travers son gouverneur, qui jouit d’une estime internationale, et qui est parvenu à maintenir la stabilité monétaire dans ces circonstances difficiles. Au lieu de chercher à en faire un bouc émissaire, ce qui ne ferait qu’ébranler la stabilité sociale, économique, financière et monétaire, les autorités doivent assumer leurs responsabilités. »

Le patriarche Raï a enfin dénoncé « la coloration confessionnelle de la justice et sa politisation à des fins personnelles » et dénoncé des pratiques « contraires aux procédures en vue de faire assumer à l’accusé à tout prix un crime qu’il n’a pas commis ».

En pleine turbulence monétaire et sociale, le patriarche Béchara Raï a volé hier au secours de l’armée et de la livre, les deux piliers de la stabilité intérieure au Liban. Le chef de l’Église maronite a demandé que toute couverture politique soit retirée aux personnalités corrompues influentes, qui sévissent au sein de la communauté politique, et invité les jeunes à s’enrôler dans l’armée.Dans une homélie développée sur le thème de l’écoute de la parole de Dieu, le patriarche a déploré l’absence de toute écoute de cette parole au sein de la communauté politique. « Sinon, a-t-il ajouté, cette classe se serait libérée de ses intérêts privés, de ses gains illégaux au détriment de l’argent et du bien public ; elle se serait abstenue de la pratique des invectives réciproques (…) et...
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