Hier, le XV de la Rose a fait le plein de points, d’essais et de confiance face aux États-Unis (45-7), et envoyé un message fort à ses futurs adversaires. Les Pumas argentins et le XV de France sont prévenus. Filippo Monteforte/AFP
Au suivant ! L’Angleterre a fait le plein de points, d’essais et de confiance en empochant un second succès bonifié, face aux États-Unis (45-7) hier, et préparé au mieux les deux matches décisifs pour la qualification aux quarts de finale du Mondial de rugby, face à l’Argentine puis la France.
Quatre jours après avoir avalé les Tonga (35-3) sans briller, les Anglais ont récidivé, ne faisant qu’une bouchée d’une équipe américaine pleine d’envie, mais trop limitée : les hommes d’Eddie Jones, portés par leurs avants, avaient ainsi déjà marqué 3 de leurs 7 essais à la pause. Le 4e essai, celui du bonus, est arrivé dès le début de la seconde période, par l’ailier Joe Cokanasiga (48e minute). La première place de la « poule de la mort » (le groupe C), se jouera bien dans un duel à trois avec les Pumas, le 5 octobre, et les Bleus, une semaine plus tard. Auteur du premier essai de son équipe, l’ouvreur George Ford fut le grand ordonnateur du jeu du XV de la Rose auquel les Eagles, dominés dans tous les secteurs, se sont efforcés de résister. Ils repartent de Kobe avec 7 essais encaissés ainsi que le premier carton rouge de la Coupe du monde, récolté par John Quill pour un coup d’épaule méchant et inutile sur Owen Farrell (70e). Ils ont toutefois inscrit un essai plein de cœur par Bryce Campbell en toute fin de match (80e+1).
Cette rencontre face aux Américains aura aussi été riche d’enseignements pour les futurs adversaires des Anglais : si la mêlée s’est une nouvelle fois montrée hégémonique, les arrières ont commis quelques maladresses, notamment en première période. La vitesse promise par Eddie Jones était bien présente, mais le XV de la Rose a laissé filer de nombreuses occasions. Cependant, le travail d’usure a fini par payer et l’Angleterre a trouvé des espaces dans la défense des États-Unis, désorganisée, pour inscrire 4 essais en seconde période (Cokasaniga 48e et 76e, McConnochie 59e, Ludlam 67e). Et, en plus des intuitions de Ford, la lumière est venue du centre Jordan Joseph, essentiel par son abattage et ses trois passes décisives pour ses ailiers. Le capitaine des Eagles a d’ailleurs relevé les qualités du XV de la Rose : « C’est une bonne équipe, a-t-il soufflé. Ils nous ont mis une pression énorme. En fait, on a rarement eu le ballon dans leur moitié de terrain. On peut donc considérer qu’on a été chanceux de marquer un essai. Les Anglais ont été impitoyables dans les secteurs où ils entendaient nous prendre. » Les Pumas et le XV de France sont prévenus !
Un peu plus tôt en journée, même victorieuse (48-7), l’Italie a été poussive contre le Canada comme en ouverture face à la Namibie (47-22). Et, après les amuse-bouche, voici les plats de résistance : l’Italie peut aborder avec inquiétude ses deux derniers rendez-vous de la Coupe du monde, face à l’Afrique du Sud puis la Nouvelle-Zélande. Avec les Springboks (4 octobre) et les All Blacks (12 octobre), les Azzurri trouveront sur leur route des adversaires beaucoup plus coriaces – c’est un euphémisme – que les Welwitschias et les Canucks dans la poule B.
Tenir face aux Boks et aux Blacks tiendrait du miracle pour les Italiens, déjà assurés de la troisième place de leur groupe (qui offre une qualification pour la prochaine édition de la Coupe du monde), qui semblent beaucoup trop courts pour viser les quarts de finale. Mais avant de se pencher vers ces deux montagnes, leur sélectionneur, l’Irlandais Conor O’Shea, souhaite que ses troupes, sous pression, décompressent : « Les joueurs ont quartier libre ce soir (hier). Qu’ils s’amusent. Ensuite il sera temps de se tourner vers nos prochains défis, évidemment beaucoup plus difficiles. »
Source : AFP

