Les intervenants au symposium de la Fondation Adyan. Photo D. Mokdad
Un symposium sur « le Grand Liban dans la conscience des communautés religieuses nationales » s’est tenu au cours du week-end à l’hôtel Rotana-Gefinor, à Beyrouth, sous les auspices du Cénacle de la responsabilité sociale et religieuse de la Fondation Adyan.
Modéré par le père Fadi Daou, président de la Fondation Adyan, le forum a donné la parole à un certain nombre de personnalités qui ont mis en évidence certaines des difficultés du passage de l’allégeance communautaire à l’allégeance citoyenne, de 1920 à nos jours.
L’un des intervenants, le P. Bassem Rahi, a relevé qu’au Liban, la patrie a précédé l’existence de l’État. « Le patriarche Hoayek n’est pas allé en France pour demander une patrie, mais pour obtenir un État pour un Liban qui, à ses yeux, existait déjà. »
Pour sa part, Radwan el-Sayed a déclaré : « Avons-nous échoué à préserver le vivre-ensemble, ou l’échec est-il celui de l’État ? Ou bien faut-il parler d’un double échec. Voilà que nous vivons privés d’un objectif national que nos sociétés poursuivraient ensemble… Certes, le caractère définitif du Liban reste un point d’ancrage, car sa disparition léserait les droits de toutes les communautés, mais le caractère pérenne de l’État chancelle. »
Pour le mufti Ahmad Taleb, « le Liban a beaucoup souffert des séquelles de la cause palestinienne ». Au Liban, a-t-il encore constaté, « le projet communautaire a pris la préséance sur le projet étatique ».
De son côté, dans une intervention lue par Michel Abi Najm, Habib Ephrem a affirmé que « le rêve n’est pas que l’Orient devienne libanais, au sens de la formule libanaise de quotas, mais au sens du pacte libanais, de cette volonté de vivre en commun dans l’égalité civique et la communauté culturelle ». La réunion a débouché sur la formation de groupes de suivi.


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