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Moyen Orient et Monde - Tunisie

Le parti islamiste Ennahdha va soutenir Kais Saied à la présidentielle

Le leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, et le candidat à la présidentielle tunisienne, Abdelfattah Mourou, donnant une conférence de presse à Tunis le 17 septembre. Fethi Belaid/AFP

Le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, dont le candidat ne s’est pas qualifié au premier tour de la présidentielle en Tunisie, a annoncé officiellement son appui à l’universitaire Kais Saied, arrivé en tête. « Ennahdha a choisi de soutenir le choix du peuple », a déclaré son porte-parole, Imed Khemiri. « C’est l’orientation générale du parti. Toutes ses institutions sont pour le soutien de Kais Saied », a ajouté M. Khemiri, précisant que son parti soutient « la défense de la souveraineté de l’État, le renforcement de la démocratie et la lutte contre la corruption ». La Choura doit se réunir en début de semaine prochaine pour formaliser ce soutien, a indiqué le parti.Kais Saied, un néophyte en politique et universitaire perçu comme conservateur sur les questions sociétales, a créé la surprise en arrivant en tête du premier tour de la présidentielle dimanche avec 18,4 % des voix. Il sera opposé au second tour au publicitaire Nabil Karoui, soupçonné de blanchiment et incarcéré. Ce dernier avait engrangé 15,6 % des voix. Le 18 septembre, la justice a rejeté de nouveau une demande de libération de ce candidat. Le candidat d’Ennahdha, Abdelfattah Mourou, le premier à briguer la magistrature suprême sous l’étiquette de ce parti, avait récolté 12,9 %, soit 400 000 voix environ, poursuivant l’érosion constatée depuis 2011. Pour le politologue Slaheddine Jourchi, la formation islamiste modérée « ne pouvait pas soutenir Nabil Karoui car elle est déjà accusée par sa base d’avoir traité avec le système au détriment de ses principes ». Ennahdha a gouverné en coalition avec le parti Nidaa Tounes, dont est issu Nabil Karoui, qui avait gagné les élections en 2014 sur un programme anti-islamiste. Ce choix a apaisé des clivages déstabilisant le paysage politique de la jeune démocratie au prix d’importantes concessions. La décision de soutenir M. Saied, qui a fait campagne en critiquant le système politique en place, est une tentative d’Ennahdha pour reconquérir ses bases, estime M. Jourchi. Il table sur un transfert d’une bonne partie des voix d’Ennahdha. « Beaucoup de jeunes pro-Ennahdha avaient voté pour Kais Saied au premier tour », rappelle Michaël Ayari, analyste chez International Crisis Group. Mais si Ennahdha représente un important réservoir de voix, « être soutenu par un parti considéré comme inclus dans le système ne sera pas uniquement un atout pour lui », souligne-t-il, d’autant que cela risque de créer des tensions au sein de son électorat, hétéroclite, qui comprend aussi des anti-islamistes. Ce nouveau rebond dans la campagne d’une présidentielle pleine de surprises intervient au lendemain du décès du président Zine el-Abidine Ben Ali, chassé par la rue le 14 janvier 2011 et décédé jeudi en exil, à Djeddah, en Arabie saoudite. Il pourrait être enterré aujourd’hui ou demain à La Mecque, a indiqué aux médias tunisiens un avocat se présentant comme proche de la famille, Me Mounir Ben Salah.


Le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, dont le candidat ne s’est pas qualifié au premier tour de la présidentielle en Tunisie, a annoncé officiellement son appui à l’universitaire Kais Saied, arrivé en tête. « Ennahdha a choisi de soutenir le choix du peuple », a déclaré son porte-parole, Imed Khemiri. « C’est l’orientation générale du parti. Toutes ses...
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Chucri Abboud

13 h 34, le 22 septembre 2019

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    Chucri Abboud

    13 h 34, le 22 septembre 2019

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